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Comment Mangenda a piégé Mosengo à Lausanne: si la FECOFA refuse de payer avant le 11 septembre, le TAS jugera sans elle

C’est une lettre d’une page, datée du 8 septembre 2026, signée Pauline Pellaux, conseillère auprès du Tribunal arbitral du sport. Mais elle peut faire vaciller la présidence de la FECOFA. Référence: TAS 2026/A/12613 Rainier Patrice Mangenda Suku Swa c. Fédération Congolaise de Football Association. À Lausanne, l’appelant est Rainier Patrice Mangenda Suku Swa, candidat irrégulièrement écarté. L’intimée, la FECOFA, dirigée par Véron Mosengo, et représentée par Me Jean-Samuel Leuba, Etude HCML Avocats, Galerie St-François A, 1001 Lausanne.

L’objet est technique, l’enjeu est politique. Mangenda conteste l’élection du 20 mai 2026 qui a porté Mosengo-Omba à la tête du football congolais. Il a saisi en mai la Commission d’éthique de la FIFA pour «fraude caractérisée», dénonçant un procès-verbal d’assemblée générale extraordinaire du 11 janvier 2025 qu’il qualifie de falsifié et des modifications de règles en cours de procédure, et a porté le contentieux devant le TAS. Et il a réussi à coincer son adversaire dans son propre jeu procédural. Dans son courrier, le Greffe du TAS indique avoir reçu les observations de Mangenda du 7 septembre et les avoir transmises à la FECOFA. Il rappelle qu’il incombe à la Présidente de la Chambre arbitrale d’appel, conformément à l’article R50 al. 1 du Code, de décider de la suite.

Puis vient l’ultimatum: «Si, au vu des observations de l’appelant, l’intimée souhaitait toutefois reconsidérer sa position quant au paiement des avances de frais, elle est invitée à en informer le greffe du TAS d’ici au 11 septembre 2026. À défaut, il sera considéré que l’intimée maintient son intention de ne pas participer au paiement des avances de frais qui seront requises». En clair, la FECOFA a fait savoir qu’elle ne paierait pas. Le TAS lui laisse jusqu’au 11 septembre pour changer d’avis.

Si elle persiste, l’arbitrage se fera sans elle. Mangenda, lui, pourra consigner l’intégralité de la provision et obtenir une sentence, même par défaut. Sans débat contradictoire. Les dégâts seraient considérables. Une élection annulée depuis Lausanne pour défaut de défense replongerait la République Démocratique du Congo dans une crise de gouvernance que le passage par le CONOR était censé clore. La FIFA, qui a déjà placé sous tutelle le Cameroun, le Tchad ou le Kenya pour des irrégularités électorales similaires, pourrait être contrainte d’intervenir à nouveau.

Ancien secrétaire général adjoint de la FECOFA sous Constant Omari, Mangenda connaît les rouages mieux que quiconque. Il ne joue pas le match sur le terrain de Kinshasa. Il est en passe de le gagner sur le règlement. La balle est désormais dans le camp de la FECOFA. Payer, ou disparaître de sa propre défense. Sans avoir plaidé le fond qu’elle redoute pour des raisons évidentes.

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