
Les voies de communication fluviales, maritimes, lacustres, routières et aériennes facilitent les échanges commerciaux et permettent aux nations modernes d’être reliées les unes aux autres. La RD-Congo, pays aux dimensions continentales, submergé par des cours d’eau, lacs et le fleuve Congo et partageant des frontières avec neuf voisins dont le Congo-Brazzaville, nécessite un recours aux voies fluviales pour assurer le transport à travers le pays. Pour ce faire, le dragage régulier du fleuve Congo constitue un défi à relever dans le domaine de transport en RD-Congo. Retour sur ce dragage.
Le majestueux fleuve Congo baignant le pays du Sud-Est à l’Ouest en passant par le Nord-Est constitue une artère vitale pour le commerce et le transport en RD-Congo. Malheureusement, cette voie fluviale fait face à des défis majeurs qui entravent son potentiel. L’on constate que les difficultés de navigation dues à la profondeur insuffisante du fleuve, particulièrement sur la partie divagante du bief maritime impactent négativement le trafic maritime. Pour faire face à cette situation, le dragage du fleuve Congo apparaît comme une solution urgente et indispensable pour atteindre l’indépendance logistique des ports de la RD-Congo.
Difficultés actuelles
Depuis quelques semaines, le Département de Pointe-Noire, en République du Congo-Brazzaville rencontre des problèmes techniques avec ses équipements portuaires. Une situation qui a considérablement réduit les volumes d’importations de marchandises à Matadi, capitale provinciale du Kongo Central en RD-Congo. Conséquence immédiate: cette situation accentue les difficultés déjà existantes liées à la profondeur du fleuve Congo. On observe le fait que le tirant d’eau naturel de 18 pieds -5,5 mètres- est insuffisant pour accueillir les grands navires de ligne, limitant ainsi les capacités d’importation et d’exportation.
Des déjà-vus de la pandémie de Covid-19
Cette crise rappelle les perturbations observées pendant la pandémie de Covid-19, lorsque les réductions d’effectifs et les mesures sanitaires strictes avaient paralysé les opérations portuaires à Pointe-Noire, impactant directement les ports de Matadi. La réduction de la main-d’œuvre et les restrictions sur les activités portuaires avaient entraîné une baisse drastique des volumes de fret, affectant l’approvisionnement en marchandises essentielles pour la RD-Congo.
Assurer un dragage régulier
Selon les experts, le dragage du fleuve Congo présente trois avantages majeurs. D’abord, l’indépendance logistique. Il est établi que le dragage du fleuve Congo permettra à la RD-Congo de réduire sa dépendance vis-à-vis des ports de la sous-région, en attendant la construction du port de Banana, qui nécessite des coûts plus importants. «Cette indépendance logistique renforcera la souveraineté économique du pays et améliorera la compétitivité de ses ports», a confié un expert. Puis, l’augmentation des volumes de marchandises. Selon cet expert, en permettant l’accostage de navires plus grands, «le dragage augmentera les volumes de marchandises containerisées à l’import et à l’export, stimulant ainsi l’économie locale et nationale».
Enfin, la réduction des coûts et des délais. Une fois la voie balisée par le dragage régulier, les importateurs, les lignes maritimes ainsi que les armateurs pourront bénéficier d’un gain de temps et d’une réduction des coûts par Unité équivalente vingt pieds -EVP-, rendant le commerce plus efficace et compétitif. De toutes les façons, le dragage du fleuve Congo paraît, aux yeux des experts, comme une solution urgente et nécessaire pour surmonter les défis actuels et atteindre l’indépendance logistique des ports de la RD-Congo. «En améliorant la profondeur du fleuve, ce projet permettra d’accueillir des navires plus grands, d’augmenter les volumes de marchandises et de stimuler l’économie. Il est impératif que les parties prenantes, y compris le gouvernement, les entreprises privées et les partenaires internationaux, collaborent pour réaliser ce projet crucial pour l’avenir économique du pays», estime-t-on.

