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Le FPI et l’ARSP scellent une alliance pour financer la sous-traitance locale

Le Fonds de Promotion de l’Industrie et l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance veulent mutualiser leurs forces pour faire émerger une classe d’entrepreneurs congolais. Un protocole d’accord est attendu en janvier 2027.

C’est une tentative de réponse à une vieille promesse: faire de la sous-traitance le levier de l’émergence d’une bourgeoisie d’affaires congolaise.

À Kinshasa, le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) et l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé (ARSP) ont décidé de travailler conjointement. Les directeurs généraux des deux institutions, Hervé Claude Batukonke pour le FPI et Ted Beleshayi Kasanda pour l’ARSP, se sont entretenus vendredi à Kinshasa, à la suite d’une première rencontre chez leur ministre de tutelle, Justin Kalumba. Au cœur des discussions: la mise en place d’un mécanisme de financement dédié aux sous-traitants congolais.

Un protocole pour 2027

Les deux établissements publics annoncent la signature prochaine d’un protocole d’accord. Son objet: financer plusieurs opérateurs locaux actifs dans les secteurs minier, pétrolier et autres secteurs stratégiques. Le montage est simple. L’ARSP, qui régule et certifie les sous-traitants, se porterait garante et apporterait des assurances en faveur des opérateurs jugés éligibles. Le FPI, bras financier de l’État pour l’industrie, débloquerait les crédits, qui devront être remboursés. Une commission mixte sera chargée d’analyser les projets à financer.

Selon les deux parties, le protocole et les premières opérations devraient être exécutés à partir de janvier 2027. L’objectif, affiché sans détour, s’inscrit dans la vision défendue par le président Félix Tshisekedi: favoriser l’émergence d’une classe moyenne d’entrepreneurs nationaux, dans une économie encore largement dominée par les groupes étrangers, en particulier dans la chaîne de valeur minière.

Un rapprochement salué

À l’issue de la rencontre, Ted Beleshayi s’est dit « flatté par le dynamisme et l’esprit d’innovation » de son homologue, saluant « un travail remarquable depuis son arrivée à la tête de l’institution ». De son côté, le FPI a réaffirmé son intérêt pour la sous-traitance, considérée comme « un secteur stratégique pour l’économie du pays». Reste l’équation la plus sensible: la capacité des sous-traitants à absorber les financements et à les rembourser, dans un secteur minier où les délais de paiement et l’accès aux marchés restent des points de blocage récurrents.

Pour les deux institutions, l’enjeu dépasse le seul financement. « En soutenant les entrepreneurs congolais, le pays se place sur la voie de la création des richesses, de la souveraineté et de la vraie indépendance économique », résume un cadre proche du dossier. Une ambition qui, si elle se concrétise, pourrait commencer à inverser une tendance longtemps dénoncée à Kinshasa: celle d’une croissance tirée par les mines, mais dont les dividendes profitent peu aux entreprises congolaises.

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