
Moins de six mois après son dernier passage, le patron des opérations de paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, est de retour à Kinshasa depuis le dimanche 8 février dernier. Entre consultations politiques avec le Pouvoir et l’Opposition, et évaluation sécuritaire dans un Est toujours meurtri, ce marathon diplomatique de 72 heures vise un objectif crucial: transformer un cessez-le-feu fragile en une paix durable pour la RD-Congo.
Dès son arrivée, le diplomate onusien a entamé un marathon de rencontres. Au-delà du tête-à-tête protocolaire avec le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, Jean-Pierre Lacroix accorde une place centrale aux forces vives du pays. En recevant l’Opposition politique et la Société civile, il répond aux attentes formulées en septembre dernier, lorsque la nécessité d’un «dialogue inclusif» avait été martelée pour débloquer l’impasse actuelle.
L’implication des autorités religieuses reste un pivot de cette mission: des échanges sont prévus avec la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- et l’Eglise du Christ au Congo -ECC-, dont le poids moral est jugé crucial pour apaiser les tensions internes. Le second volet de cette visite se jouera sur le terrain, dans l’Est du pays. Face à la persistance des violences armées, Lacroix vient évaluer l’efficacité réelle du cessez-le-feu en vigueur.
Les discussions avec les responsables provinciaux porteront sur les mécanismes techniques de respect des accords, alors que la crise humanitaire continue de s’aggraver. Cette mission de 72 heures ressemble à une opération de la dernière chance pour relancer les processus de paix régionaux, tout en pressant Kinshasa et ses voisins de transformer les engagements diplomatiques en réalités tangibles sur le terrain.
Hénoc AKANO

