
Cinquante années se sont écoulées depuis la création de la Direction générale de la dette publique -DGDP. Le jubilé d’or de ce service chargé de gérer la dette publique extérieure et intérieure du pays a été célébré avec faste le mercredi 16 septembre 2026 à Hilton Hôtel de Gombe à Kinshasa. A la présidence de cette cérémonie, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, ministre des Finances et tutelle de la DGDP. Aux côtés de l’argentier, du beau monde: le VPM du Budget, Adolphe Muzito, la ministre du Portefeuille, Julie Shiku, de la vice-ministre des Finances, Gracia Yamba Kazadi, ainsi que des partenaires internationaux du gouvernement. A l’occasion, Doudou Fwamba a décrété l’opérationnalisation de la nouvelle DGDP, consacrée par le Décret n°25/11 du 29 avril 2025.
Pour le gouvernement, l’enjeu est de redynamiser ce service public et de le rendre compétent, capable d’établir de meilleures projections et d’assurer une gouvernance rigoureuse de l’endettement public. Le ministre des Finances a annoncé la mise en place, dans les prochains jours, d’un comité chargé de l’opérationnalisation du nouveau cadre organique de la DGDP. De nouveaux animateurs seront appelés à piloter les départements prévus. Cette démarche traduit la volonté stratégique de redynamiser la DGDP afin qu’elle réponde efficacement aux attentes du gouvernement au cours des 50 prochaines années.
L’Exécutif s’attend à une DGDP capable d’assurer une gestion optimale de la dette, d’élaborer une stratégie de mobilisation de la finance verte et de rivaliser avec les services homologues des autres pays africains dans la diversification des sources de financement de l’État. Doudou Fwamba a également insisté sur le renforcement des capacités des cadres et agents, appelés à prendre en charge de nouveaux métiers: la gestion des risques liés aux opérations sur le marché international, le dialogue avec les agences de notation telles que S&P, Moody’s et Fitch, ainsi que la maîtrise des processus ayant conduit à la première émission obligataire internationale de la RD-Congo à un taux inférieur à 10%, malgré les craintes d’un taux compris entre 12 et 13%.
«Le vrai rôle de la DGDP, c’est de prendre en charge les questions liées à l’endettement public. Les cabinets ministériels sont appelés à passer. C’est au sein du service technique que cela doit s’opérer», a martelé le ministre des Finances. Il a rendu un hommage appuyé au Directeur général a.i. de la DGDP, Sylvain Ndongala, ainsi qu’à l’ensemble du personnel pour leur accompagnement dans la réalisation des missions de son portefeuille.
Dans son discours, le ministre Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi est revenu, par ailleurs, sur un demi-siècle de la DGDP au service de la souveraineté financière de l’État. Pour lui, ce jubilé d’or n’est pas seulement celui d’un service du ministère des Finances, mais celui du gouvernement tout entier, porteur d’un héritage et d’une responsabilité renouvelée devant l’avenir. Retraçant le parcours historique de la DGDP, l’argentier national a rappelé que la nécessité de mieux connaître et maîtriser les engagements de l’État a conduit successivement à la mise en place, depuis l’époque coloniale, de la Caisse autonome d’amortissement du Congo belge, du Bureau de la dette, puis de la Commission interministérielle chargée de la politique d’endettement extérieur, avant la création de la DGDP par le Décret n°09/29 du 3 décembre 2009.
Le ministre a tenu également à saluer le rôle décisif de la DGDP dans le processus ayant conduit la RD-Congo au point de décision, puis au point d’achèvement de l’Initiative PPTE, permettant un allègement de la dette estimé à USD 12,3 milliards. Un jalon majeur dans l’histoire économique du pays. Il a profité de l’occasion pour rendre hommage au vice-Premier ministre Adolphe Muzito, alors chef du gouvernement, qui avait conduit ce processus à bon port. Rappelant la «phobie de la dette» héritée de l’hyperinflation des années 1990 et la discipline observée aujourd’hui -avec un ratio dette/PIB inférieur à 20% et une dette majoritairement concessionnelle-, il a assuré que le gouvernement mettra tous les moyens nécessaires à disposition pour garantir une meilleure prévisibilité de l’endettement.





