RDC: Les femmes députées appellent la classe politique à la retenue

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Dans une déclaration politique rendue publique mardi 28 janvier 2020 au Palais du peuple, les femmes députées membres du Réseau des femmes parlementaires -REFEPA- ont rappelé aux acteurs politiques le respect des textes constitutionnels et leurs responsabilités en tant que leaders des masses qui appellent à leurs exemplarités en toute occasion. Fustigeant le mauvais comportement affiché par certains politiciens à la suite d’une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale évoquée par le Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi, à Londres et à l’évocation de l’article 148 de la Constitution sur les conditionnalités de la dissolution de cette institution faite par la présidente de la Chambre basse, Jeanine Mabunda, les femmes députées ont dénoncé les propos outranciers, désobligeants, blessants voire orduriers tenus par des militants des partis politiques à l’égard des autorités du pays. Elles ont invité la classe politique à la retenue et au respect du leadership féminin.

Les femmes députées membres du Réseau des femmes parlementaires -REFEPA- se sont réunies mardi 28 janvier 2020 au Palais du peuple pour passer en revue les questions sociale, économique, sécuritaire et politique du pays. Dans une déclaration politique qui a sanctionné cette réunion lue par la députée nationale Anne Marie Mbilambangu, ces députées ont déploré un certain nombre des choses. Sur le plan politique, elles ont relevé, d’une part, la question liée à la dissolution éventuelle de l’Assemblée nationale évoquée par le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi devant la Diaspora RD-congolaise de Londres et d’autre part, l’évocation de l’article 148 de la Constitution sur les conditionnalités de ladite dissolution de la Chambre basse du Parlement faite par la speaker de cette institution, Jeanine Mabunda. Dans leur entendement, les deux déclarations ont secoué la classe politique ces derniers jours. A cet effet, elles ont fustigé le comportement peu respectueux affiché par certains acteurs politiques à la suite de ces sorties médiatiques du Chef de l’Etat et de la présidente de l’Assemblée nationale. Dans leur déclaration politique,  les femmes députées n’ont pas manqué de dénoncer les propos outranciers, désobligeants, blessants et orduriers tenus par certains militants des partis politiques à l’égard des autorités de la République. Les élues membres du REFEPA ne se sont pas limitées qu’à dénoncer. Elles ont aussi invité les responsables des partis et regroupements politiques à veiller sur l’éducation civique et la conscientisation de leurs militants pour la paix sociale. Animées par la forte volonté politique de sauvegarder la paix et considérant leur rôle de mères et de fer de lance de la nouvelle société où la femme joue un rôle fédérateur et stabilisateur, elles ont rappelé à la classe politique les prescrits de l’exposé des motifs de la Constitution. «Nous faisons appel à la classe politique, ainsi qu’à l’opinion nationale des prescrits de l’exposé des motifs de la Loi fondamentale de notre pays qui stipule en son point 3 que les nouvelles institutions de la République démocratique du Congo, telles que garanties par la Constitution du 18 février 2006, telle que modifiée, dont les préoccupations majeures qui présentent à l’organisation de ces institutions sont les suivantes: assurer le fonctionnement harmonieux des institutions de l’Etat, éviter des conflits, instaurer un Etat de droit, contrer toute tentative de dérive dictatoriale, garantir la bonne gouvernance, lutter contre l’impunité, assurer l’alternance démocratique», ont clairement rappelé ces élues nationales. Et de poursuivre: «consciente que la bonne marche des institutions du pays se fonde sur le respect du principe de séparation du pouvoir des institutions -le Président de la République, le Parlement, le gouvernement et les cours et tribunaux-, qui est un gage d’une paix véritable, socle d’un développement certain et d’une émergence économique», les femmes députées ont réaffirmé leur engagement au respect strict de la Constitution et ont rappelé aux acteurs politiques le respect de textes constitutionnels et leur responsabilité en tant que leaders des masses qui appellent à leurs exemplarités. Elles ont encore appelé les acteurs politiques à la retenue et au respect mutuel, seul gage d’une démocratie parlementaire apaisée et responsable et au respect du leadership féminin.

Sur le plan social, le REFEPA a déploré les actes de violences et de vandalisme survenus à l’Université de Kinshasa -UNIKIN- et à l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication -IFASIC. Tout en félicitant le gouvernement pour les mesures appropriées prises en vue d’une meilleure gestion de cette situation dans les milieux universitaires, les femmes députées l’ont aussi encouragé à mettre en œuvre les décisions quant à ce pour permettre aux étudiants de reprendre les cours dans un délai raisonnable. Au niveau économique, les députées membres du REFEPA ont constaté avec désolation la hausse des prix des denrées alimentaires et des produits de premières nécessités suite à la dépréciation de la monnaie locale. Voilà ce qui les a poussées à inviter le gouvernement à prendre des mesures adéquates susceptibles d’améliorer le pouvoir d’achat de la population. Les femmes députées ont encore abordé le volet sécuritaire en déplorant l’insécurité qui prévaut actuellement à Béni, Minembwe, Djugu et dans d’autres coins de la République. Elles ont ainsi encouragé les FARDC pour les résultats des opérations militaires menées sur terrain à Béni et ailleurs.

Dorian KISIMBA