
Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, donne le go des travaux de prospection du projet de Mines de cuivre du Kasaï -MICKA- dans le territoire de Miabi. Une initiative majeure qui pose les jalons d’une diversification économique tant attendue en RD-Congo. Pendant plus d’un demi-siècle, le Grand Kasaï a forgé son identité et son économie sur le diamant. Le Kasaï-Oriental demeure le berceau historique de la Minière de Bakwanga -MIBA-, une société d’État dont la relance reste un défi crucial pour la province. Aujourd’hui, le gouvernement RD-congolais veut voir plus loin en exploitant d’autres richesses enfouies de son sous-sol, à l’instar du cuivre. Indispensable à la transition énergétique mondiale, notamment pour la fabrication des véhicules électriques, le développement des réseaux électriques intelligents et les infrastructures industrielles de pointe, ce métal rouge représente une opportunité de développement inédite pour cette partie du pays.
À Miabi, les équipes géologiques s’activent désormais sur le terrain. Les premières opérations de prospection, récemment lancées, entrent dans une phase d’exploration critique visant à évaluer le volume des ressources disponibles et à valider leur viabilité financière. Pour le ministre Louis Watum, ce projet est un pari basé sur l’avenir. “Si les analyses confirment les attentes, le Grand Kasaï pourrait officiellement rejoindre le cercle très fermé des provinces productrices du cuivre en RD-Congo, rééquilibrant ainsi la cartographie minière du pays au-delà du traditionnel Grand Katanga”, a-t-il déclaré.
La méthode Watum : l’expertise des méga-projets au service de l’État
Le choix du ministre d’appuyer fermement le projet MICKA ne doit rien au hasard. Avant de prendre les rênes du Ministère des Mines, Louis Watum Kabamba s’est forgé un solide curriculum vitae de bâtisseur au sein du secteur privé minier africain, pilotant des chantiers réputés particulièrement complexes. D’abord Kibali dans la province du Haut-Uélé: lancé en 2009 en partenariat avec Barrick, AngloGold Ashanti et la SOKIMO, ce projet implanté dans une zone alors très isolée a produit son premier lingot d’or en septembre 2013, en avance sur toutes les prévisions. Kibali s’est imposé comme l’une des mines d’or les plus modernes d’Afrique, désenclavant sa région grâce à de lourds investissements routiers et énergétiques. Ensuite, Kamoa-Kakula dans la province du Lualaba: ce gisement de cuivre, aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands et des plus riches complexes cuprifères de la planète, a bénéficié de sa gestion opérationnelle pour s’imposer sur l’échiquier mondial. Puis, Kipushi dans le Haut-Katanga: Louis Watum Kabamba a également joué un rôle clé dans la modernisation et la relance réussie de cette mine de zinc, restée à l’arrêt pendant plus de trois décennies.

Transposer ce modèle de réussite industrielle au Grand Kasaï est désormais l’objectif prioritaire. Selon certains experts, au-delà de l’extraction minière, le succès du projet MICKA pourrait agir comme un catalyseur pour toute la région. L’exploitation du cuivre nécessitant une énergie stable, ce qui pourrait accélérer les projets de construction de centrales hydroélectriques et solaires locales. Aussi, à l’image de Kibali, le projet devrait favoriser la création de milliers d’emplois directs et le développement de voies de communication. Par ailleurs, un nouveau bassin minier permettrait de renflouer les caisses de la province et de l’État grâce aux redevances minières. Le projet doit néanmoins franchir avec succès toutes les étapes préliminaires de faisabilité. Les campagnes de sondage et les études d’impact environnemental et social devront définir précisément les contours économiques du gisement de Miabi.
En impulsant ces études d’envergure, Louis Watum Kabamba pose, sans nul doute, la première pierre d’un Kasaï minier. Si le sous-sol tient ses promesses, le projet MICKA pourrait bien être l’acte de naissance d’un nouveau géant du cuivre au cœur de la RD-Congo.
