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RD-Congo: vivement l’alternance

Plus rien ne constitue un obstacle à la prise des fonctions de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président élu de la République Démocratique du Congo. Les violons ont fini par s’accorder aussi bien en Afrique qu’en Occident où des doutes subsistaient encore sur la crédibilité des résultats de l’élection présidentielle. Tout le monde a fini par s’incliner devant la vérité des urnes telle que confirmée par l’arrêt rendu par la Cour constitutionnelle de la RD-Congo proclamant définitivement Félix Tshisekedi Tshilombo Président élu avec la majorité simple, soit 38,55% devant Martin Fayulu Madidi 34,83%.

L’UE et l’UA prêtes à travailler avec Félix

Au cours de la rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne -UE- tenue à Bruxelles mardi 22 janvier 2019, il a été décidé que l’UE puisse accompagner le nouveau Président élu, les principaux dirigeants des 28 pays ayant pris acte des résultats du scrutin présidentiel en RD-Congo. L’adage selon lequel la politique est dynamique vient de se vérifier à travers la position commune arrêtée par les Européens après avoir émis des réserves, voire des doutes sur les résultats proclamés qui, à leurs yeux, ne refléteraient nullement la vérité des urnes.

Pour certaines capitales occidentales, la victoire revenait à Martin Fayulu Madidi au vu des données communiquées par certains observateurs puissamment outillés. Des injonctions à la limite des réserves diplomatiques ont même été données à la Cour constitutionnelle. Même l’Union Africaine -UA- a sollicité la suspension du prononcé du verdict, le temps nécessaire pour quelques présidents africains d’effectuer le déplacement de Kinshasa pour communiquer de vive voix leur position aux dirigeants sortants.

La plus haute institution judiciaire du pays ne pouvant s’y soumettre, a rendu son verdict dimanche 20 janvier 2019 sans tenir compte de diverses pressions exercées urbi et orbi. A partir de là, le réalisme politique a amené la plupart des dirigeants africains à revoir leurs calculs. C’est ainsi qu’ils se sont mis à décerner des éloges par brassées au nouvel élu. La Communauté de développement des pays de l’Afrique australe -SADC- n’est pas allée par quatre chemins avec la reconnaissance de la victoire de Félix Tshisekedi et le remerciement de tout le peuple RD-congolais pour avoir voté en paix, malgré les aléas techniques enregistrés. Dans la foulée, la Chine, la Russie, la France, la Belgique ont embouché à leur la trompette des félicitations au nouveau Président et de leur disposition à travailler avec le nouveau pouvoir.

Première alternance démocratique

A l’interne, seule la coalition Lamuka conteste encore l’élection de Fatshi. Les  sociétaires du Front commun pour le Congo -FCC, les forces vives de la nation, certains candidats malheureux à la présidentielle 2018 ont tous salué cette élection et l’avènement de l’alternance du pouvoir au sommet de l’Etat. C’est cet événement de passation pacifique et civilisée du pouvoir entre le Président sortant Joseph Kabila Kabange et le Président entrant Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo issu de l’Opposition, qui focalise l’attention de l’opinion tant nationale qu’internationale.   

Avec cette élection démocratique, la RD-Congo vient d’indiquer la voie aux autres pays africains, surtout dans la sous-région, dont les présidents rechignent à céder le pouvoir en tripatouillant à volonté leur Constitution. D’aucuns pensent que Joseph Kabila Kabange a déjoué tous les pronostics, coupant l’herbe sous les pieds de ses détracteurs qui avaient de sérieux doutes sur sa disponibilité à céder le fauteuil présidentiel. Même dans son propre camp, la surprise a été de taille, Kabila avec la puissance militaire, sécuritaire, financière a accepté la loi des urnes. 

Du côté de l’UDPS et alliés, Kabila est considéré comme le pionnier de la première alternance politique en RD-Congo pendant que feu Etienne Tshisekedi reste toujours considéré comme le père de la démocratie. Le nouveau Président élu a déjà affirmé sa volonté de travailler avec tout le monde. «Je ne suis pas le Président de l’UDPS, ni des Baluba, mais je suis le Président de tous les RD-congolais, de tous ceux qui m’ont élu et ceux qui ne m’ont pas élu», avait-il déclaré dès l’annonce de sa victoire par la Cour constitutionnelle.

Pendant que le protocole d’Etat s’active pour réserver un accueil de haute facture aux centaines d’invités de marque d’Afrique et du monde attendus à la cérémonie d’investiture du nouveau Président, la CENI a convoqué l’électorat pour l’élection des gouverneurs de provinces et des sénateurs. Les candidats déposent déjà leurs dossiers.

L’Assemblée nationale ouvre ses portes samedi 26 janvier 2019 sous la modération de Baba Kyungu wa Kumwanza. L’installation de nouvelles institutions de la République va commencer par la prestation de serment du Président Félix Tshisekedi et se poursuivre par la mise en place de l’Assemblée nationale, précédée par celle des Assemblées provinciales jeudi 24 janvier 2019. 

Octave MUKENDI  

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