
La ministre d’État en charge de l’Environnement et du développement rural, Eve Bazaiba Masudi, a ouvert, lundi à Kinshasa, les travaux de la 20ème réunion des parties du Partenariat pour les forêts du bassin du Congo -PFBC. Occasion pour la ministre «verte» du gouvernement de la RD-Congo de revenir sur l’impact de la guerre d’agression dans l’Est de la RD-Congo sur l’écosystème et la biodiversité. En plus de nombreuses pertes en vies humaines enregistrées depuis la résurgence de la rébellion de la coalition M23-RDF, des espaces verts ont été détruits dans les zones des combats.
Indexé par le gouvernement RD-congolais mais aussi par des rapports des Nations-Unies comme soutien principal de ces rebelles, le Rwanda n’est peut donc pas être, de l’avis de Kinshasa, être dédouané de ces torts causés à l’environnement dans un contexte où la biodiversité est plus que jamais une richesse mondiale de premier plan. «Le Rwanda a détruit une grande partie de la biodiversité de la RD-Congo. Certes, il y a la paix à Kinshasa mais notre pays subit une agression terroriste depuis plusieurs décennies de la part d’un pays frère qui est le Rwanda sous couvert des groupes armés ayant détruit une grande partie de la biodiversité», a-t-elle tonné devant ses pairs ministres des pays du bassin du fleuve Congo et autres défenseurs écologiques. Il y a un mois au Forum de l’ONU sur les forêts, Ève Bazaiba appelait déjà à une condamnation publique des «crimes environnementaux commis par Rwanda en RD-Congo». Pour la «dame écologie» de l’administration Tshisekedi, le «respect de conventions internationales sur la protection de l’environnement» ne devrait souffrir d’aucune concession et ces traités «doivent être des outils de paix et de sécurité humaine imposables à tous». Elle a également sollicité que son appel «soit retenu à la conclusion de nos travaux».
En 2022, Bazaiba avait, au nom de la RD-Congo, récusé séance tenante la co-facilitation attribuée au Rwanda à la 15ème Conférence des parties sur la biodiversité tenue à Montréal au Canada. A l’époque, Kinshasa avait justifié cette position par les «différents rapports des Nations-Unies». Pour la RD-Congo, il était alors hors de question «de négocier sur les mécanismes de financement de la biodiversité avec le Rwanda comme co-facilitateur étant donné que ce pays détruit la biodiversité en RD-Congo par son agression avérée à travers le soutien à un mouvement terroriste le M23».
A la suite de sa ministre d’État, le président Tshisekedi en personne a également profité au sommet de Brazzaville consacré aux trois grands bassins forestiers tropicaux mondiaux, en octobre dernier, pour charger le régime de Kigali «qui détruit la biodiversité et pille les richesses minérales RD-congolaises», notamment au parc de Virunga, l’une des réserves naturelles les plus importantes au monde.
