
«Un Eurobond n’est pas une ligne de crédit que l’on peut tirer au fur et à mesure». Dans une réaction publiée dimanche sur X, l’économiste Clavin Kabamba répond au post de Flory Mapamboli sur la gestion des 1,25 milliard de dollars levés en avril par Kinshasa. «Analyser cet Eurobond avec la seule logique de trésorerie d’une entreprise privée conduit à une conclusion incomplète et biaisée», estime-t-il. Pour lui, «un État ne cherche pas uniquement à minimiser une encaisse disponible. Il doit sécuriser ses financements, maîtriser leur coût et garantir l’exécution d’investissements d’intérêt général». L’économiste rappelle qu’«une émission se prépare 6 à 8 mois et dépend d’une fenêtre de marché».
«Sécuriser le financement avant son utilisation complète relève donc aussi d’une gestion du risque, un facteur important de réussite de projet particulièrement dans les pays en développement», ajoute-t-il. «La question n’est pas combien est soi-disant thésaurisé, ce qui n’est pas le cas, mais combien coûte réellement cette ressource en attendant son décaissement ? Et à quoi elle sert», poursuit Kabamba.Il plaide pour «une gestion active des disponibilités: leur rendement réduit le coût net de portage». La priorité, selon lui, est «la mitigation du coût de financement et, au final, de la valeur économique et sociale créée par les projets financés».
Citée par l’économiste, Kinshasa a fait «le choix de sanctuariser et s’assurer que chaque dollar serve effectivement au bien-être de la population tout en plaçant les disponibilités». Il cite notamment les projets Katende, N’djili, Luano, RN4 et Rocade Nord-Est qui «améliorent le quotidien des Congolais».
Natine K.


