
Une fédération membre de la FIFA qui organise ses élections sur base de statuts irréguliers et dans la fraude s’expose à des sanctions lourdes. La FIFA est très stricte là-dessus : elle protège ses statuts, les statuts des associations membres, et l’intégrité du processus électoral.
La base juridique : les statuts FIFA
Article 14 al. 1 des Statuts de la FIFA : Chaque association membre a l’obligation de gérer ses affaires de manière indépendante, sans ingérence indue de tiers, et de veiller à ce que ses organes soient élus ou désignés conformément à ses statuts.
Article 19 du Code électoral type de la FIFA : Les règles électorales ne peuvent être modifiées après la publication de l’appel à candidature, sauf cas de force majeure validé par la FIFA. Toute élection doit reposer sur des statuts valides et approuvés.
Article 8 al. 2 : Les associations membres doivent respecter en tout temps les Statuts, règlements et décisions de la FIFA.
Les risques concrets pour la fédération
Si la FIFA constate que les élections se sont tenues sur base de statuts non approuvés, modifiés illégalement, ou avec fraude avérée, voici l’échelle des sanctions :
1) Non-reconnaissance des résultats
La FIFA refuse de reconnaître le comité exécutif élu. Conséquence : la fédération n’a plus d’interlocuteur légitime. Elle ne peut engager la fédération, signer des contrats, inscrire des équipes en compétitions.
2) Mise sous Comité de normalisation – Art. 8 al. 2 des Statuts FIFA
C’est la sanction classique. La FIFA dissout le comité exécutif issu de la fraude et installe un Comité de normalisation. Mission : gérer les affaires courantes, réviser les statuts, organiser de nouvelles élections dans un délai de 6 à 12 mois. Exemples récents : Mali, Cameroun, Guinée, Tchad, Côte d’Ivoire, Kenya.
3) Suspension de la fédération – Art. 16 des Statuts FIFA
Si la fraude s’accompagne d’ingérence politique, de refus d’appliquer les décisions FIFA, ou de récidive, la FIFA suspend la fédération.
Conséquences immédiates :
A) Clubs et sélections exclus de toutes les compétitions FIFA et CAF : Mondial, CAN, Ligue des Champions, Coupe de la Confédération.
B) Blocage des fonds FIFA Forward : plus de financement pour les projets, le fonctionnement, les salaires.
Isolement total : plus d’arbitres internationaux, plus de formation, plus de transferts TMS.
C) Exclusion – Art. 17 des Statuts FIFA
Cas extrême. Si la fédération ne se conforme pas après suspension, le Congrès de la FIFA peut l’exclure. Elle perd le statut de membre.
Le cas « statuts irréguliers »
Organiser une élection avec des statuts non approuvés par l’Assemblée générale, ou modifiés après la clôture des candidatures, est assimilé à une violation grave. La FIFA a déjà annulé des processus pour ça.
Exemple : En 2020, la FIFA a refusé de reconnaître l’élection à la Fédération ivoirienne parce que le code électoral avait été changé après l’appel à candidature. Résultat : Comité de normalisation.
Le cas « fraude »
Usage de faux PV, achat de voix, bourrage d’urnes, candidats illégalement écartés : la Commission de Gouvernance et la Commission d’Éthique de la FIFA peuvent se saisir. Les dirigeants impliqués risquent des interdictions d’exercer toute activité liée au football, de 2 ans à la radiation à vie + amendes.
Point sensible
Pour la FECOFA : Si le PV du 11 janvier 2025 n’a jamais été approuvé en Assemblée générale (AG) mais qu’il a servi de base aux élections, et s’il est prouvé qu’il y a eu usage de faux, la FIFA peut déclarer le processus nul, refuser de reconnaître le comité élu, et envoyer un Comité de normalisation à Kinshasa. Zurich l’a déjà fait ailleurs.

