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Dilolo-Sakania: une nouvelle dette de 2,5 milliards de dollars évitée

La question n’est pas pourquoi la RDC a concédé les 1.004,5 km de Dilolo-Sakania à Mota-Engil Africa pour 1,258 milliard de dollars. La vraie question est combien elle aurait perdu si elle avait construit elle-même. La réponse est dans un chiffre que la présidence n’a pas mis sur la table mercredi, mais qui justifie tout le deal à 0 dollar scellé entre Félix Tshisekedi et Joao Lourenço: 2,5 milliards. C’est le montant qu’aurait réellement coûté ce chemin de fer si le Trésor l’avait financé. La RDC n’emprunte pas à 4%. Mota-Engil, oui, via ses banques à Lisbonne et les institutions de développement.

Kinshasa, avec sa signature souveraine, emprunte à 8%, 9%, parfois 10% sur vingt ans. A 9%, 1,258 milliard de rails ne coûtent pas 1,258 milliard. Ils coûtent 2,4 à 2,6 milliards à rembourser, dont plus de 1,2 milliard d’intérêts seuls. De l’argent jeté avant même que la première locomotive ne siffle. Et ce n’est que le début. Un chemin de fer n’est pas un ruban que l’on coupe une fois. Il s’entretient, chaque année, à hauteur de 2% à 3% de sa valeur. Pour Dilolo-Sakania, ce sont 25 à 35 millions de dollars annuels que la SNCC aurait dû mendier au budget. Sur trente ans, 750 millions à 1 milliard de dépenses d’entretien que l’Etat aurait dû assumer, même sans trafic.

Car c’est là que le piège se referme. Si l’Etat construit, il paie même à vide. Si le cuivre du Lualaba continue de partir par Dar es Salaam, la dette de 2,5 milliards reste due. Dans le montage actuel, sans garantie souveraine, sans revenu minimum garanti et sans subvention d’exploitation, comme l’a martelé la présidence, si le trafic est nul, l’Etat touche zéro mais ne doit rien. Le risque est entièrement porté par le Portugais. Faites le bilan.

Si l’Etat construisait: -1,258 milliard d’investissement, -1,2 milliard d’intérêts, -800 millions d’entretien. Soit plus de 3,2 milliards sortis sur trente ans. En concédant: 0 dollar investi, 0 dette, et entre 540 millions et 1,35 milliard encaissés en redevance de 7,5% sur le chiffre d’affaires brut et en dividendes de 10% au capital. Plus, en 2056, 1.004 km de rails neufs qui reviennent gratuitement, valorisés encore 600 à 800 millions. L’Etat a préféré concéder que construire parce que concéder lui rapporte 1,3 milliard là où construire lui aurait coûté 3,2 milliards. Ce n’est pas une privatisation. C’est une dette de 2,5 milliards qui n’existera jamais.

Tino MABADA

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