
L’ambiance était électrique. Vendredi 17 juillet à l’hôtel Sultani, dans la commune de la Gombe, le DCMP tenait son Assemblée générale ordinaire. Devant le Conseil d’administration et les membres du club, le vice-capitaine Nzungu Mafwana a lâché les mots qu’on n’attendait pas. Le ton est grave. Le constat, implacable.
«On attend 5 heures notre argent de transport»
L’ancien défenseur de l’OC Renaissance n’y est pas allé par quatre chemins. Il a dressé le portrait d’un vestiaire à bout.
«Nous traversons actuellement des moments très difficiles au sein de cette équipe. Après les entraînements, qui se terminent généralement à 10 heures, nous sommes souvent contraints d’attendre jusqu’à 14 ou 15 heures avant de recevoir notre argent de transport», a-t-il dénoncé.
Et le problème ne s’arrête pas là. «Plusieurs joueurs habitent très loin du stade Cardinal Malula et sont obligés de patienter pendant des heures sans aucune prise en charge». En tant que cadre, Nzungu dit jouer les pompiers: «je m’efforce toujours de calmer les esprits et d’encourager mes coéquipiers à garder leur concentration malgré les nombreuses difficultés».
«Pas d’eau, pas de salaire, des hôtels payés en retard»
Le vice-capitaine a ensuite égrené la liste des dysfonctionnements. Avec une pointe de colère et beaucoup de déception.
Premier point: les conditions d’entraînement. «Il n’y a même pas d’eau potable à la disposition des joueurs». Résultat, c’est un ancien qui met la main à la poche. «Très souvent, c’est notre grand frère Apataki, ancien joueur du DCMP, qui, par solidarité, achète de l’eau pour toute l’équipe et nous aide même à payer notre transport». Un constat amer: «Il est regrettable qu’un ancien joueur soit obligé de suppléer des responsabilités qui devraient être assumées par le club».
Deuxième point: l’avant-match. Nzungu décrit des mises au vert dignes d’un club amateur. «Nous ne sommes pas hébergés dans des conditions dignes d’une équipe professionnelle. Il nous arrive d’arriver à l’hôtel vers 20 heures, puis d’attendre encore deux ou trois heures à la réception avant d’obtenir les clés». La raison ? «Le paiement n’a pas encore été effectué».
Et quand enfin les joueurs mangent, «les repas nous sont servis très tard dans la nuit et, malheureusement, leur qualité laisse souvent à désirer». Le tout, sur fond de salaires impayés: «nous ne percevons aucun salaire».
Malgré tout, le groupe tient. «Nous continuons à nous entraîner, à défendre les couleurs du club et à faire preuve de professionnalisme», assure le vice-capitaine.
Le Comité Kasembele révoqué
Convoquée par le Conseil d’administration, cette AGO avait un objectif clair: évaluer la gestion du comité de coordination présidé par Paul Kasembele et faire le point sur les dossiers des créanciers.
Verdict tombé en fin de journée: révocation du comité Kasembele. Coup de massue également pour le secrétaire adjoint Omer Makutu, radié à l’unanimité. Les motifs de cette sanction n’ont pas été précisés.
Pour assurer l’intérim, l’assemblée a confié pour deux semaines les rênes du club à l’honorable Sandra Kaposa, députée provinciale de Kinshasa, et à Étienne Matoto.
Un nouveau départ s’impose pour les Immaculés. Et vite.
