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RDC – Covid-19 : Badibanga sort son plan de sauvetage

La guerre que livre la RD-Congo face au Coronavirus nécessite les apports des uns et des autres, en vue de faire face aux conséquences néfastes sur le plan socio-économique. Samy Badibanga Ntita, longtemps resté en retrait depuis l’apparition du Coronavirus en RD-Congo le 10 mars dernier, a saisi le taureau par les cornes, pour apporter sa pierre à l’édifice que tente de bâtir le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba dans le souci d’abriter l’économie RD-congolaise et de l’épargner tant soit peu de ces conséquences néfastes. Samy Badibanga, 1er vice-président du Sénat et ancien Premier ministre, a sorti son plan de sauvetage, non sans saluer les mesures exceptionnelles décidées par l’actuel locataire du Château du Roi Baudouin. Bien que d’accord avec les options levées par l’Exécutif national, le progressiste Badibanga reste convaincu que l’économie doit d’abord être au service du peuple qui ne dispose pas de filets sociaux et qui passe déjà des moments difficiles avec la flambée des prix des produits de première nécessité due notamment à la rareté de ces produits et à la spéculation. Se basant sur le postulat selon lequel «le Covid-19 a contaminé la population et l’économie mondiales», il a, soutenu que cette pandémie «va frapper la santé de la population, nos entreprises, notre économie et nos finances publiques». Ainsi, la riposte ne saurait être que sanitaire. Elle doit être aussi socio-économique. Dans ce second chapitre, Samy Badibanga a présenté son plan de bataille consistant «impérativement -à- venir au secours des entreprises menacées par la paralysie de leurs activités, en leur facilitant d’importer les biens alimentaires de première nécessité, les intrants et produits pharmaceutiques ainsi que les équipements médicaux». Objectif: «assurer le maintien des emplois et le bien de la population par une baisse notable des prix des biens de première nécessité sur le marché». Samy Badibanga préconise la suspension immédiate, par le gouvernement et pour une durée de six mois, d’une série d’exigences dans l’optique de faciliter l’importation des produits de première nécessité. Il s’agit notamment du contrôle Bivac, de la souscription d’une licence d’importation, du numéro d’import-export, et de l’obligation du numéro d’impôt. Il préconise également la définition d’un taux unique de taxation de 3% à l’entrée pour des produits de première nécessité, notamment la farine de maïs locale ou importée, la farine de froment locale ou importée, le riz, le sucre local ou importé, les haricots, les poissons salés, les poissons surgelés, l’huile locale et importée, la volaille, le sel marin, la viande de bœuf, la viande de porc, les tomates concentrées, les sardines à huile, les pilchards, le lait en poudre, les bières locales, les boissons gazeuses, l’eau minérale, les fruits, les savons, les détergents et les allumettes. A en croire Badibanga, il y a plus d’avantages à tirer de son plan de sauvetage que d’inconvénients. Les avantages sont entre autres la facilité pour les hommes d’affaires, les RD-Congolais de la Diaspora et les ONG d’importer plus facilement tous les produits importants dont le pays a besoin en ce moment crucial, le maintien de l’activité économique, la réduction des coûts et des prix sur le marché des denrées de première nécessité, empêchant ainsi une aggravation de l’insécurité alimentaire, voire des émeutes de la faim. En dépit de ces avantages, le chef de file des Progressistes reconnait que l’application de toutes ces mesures, destinées à soutenir la population et les entreprises, va «coûter très cher aux finances publiques, déjà faibles». Pour contourner cette difficulté, l’ancien Premier ministre a une idée: s’en remettre aux institutions de Bretton Woods, le FMI et la Banque mondiale, pour solliciter des prêts sans condition à hauteur de 10% du PIB, soit un montant minimal d’USD 5 milliards. Pour Badibanga, le gouvernement peut aussi compter sur les emprunts et aides Covid-19 auprès des partenaires bilatéraux destinés spécifiquement à la lutte contre la pandémie, pour amortir le choc que vont subir les finances publiques. Non sans raisons, Badibanga croit dur comme fer que la RD-Congo a des arguments à faire valoir pour bénéficier de ces prêts. Il soutient d’abord que «la RD-Congo, considérée par les Nations unies comme pays à haut risque, est en proie à une grave crise humanitaire, la deuxième du monde actuellement, avec entre 16 et 20 millions de personnes en besoin d’aide alimentaire et médicale d’urgence. Il est à craindre que la crise sanitaire liée au Covid 19 n’aggrave cette crise humanitaire et ne l’étende à l’ensemble du territoire national». De l’avis de l’ancien conseiller spécial d’Etienne Tshisekedi, il existe, à ce jour, un risque de crise économique majeure en RD-Congo, qui dépend des facteurs endogènes et exogènes. «L’économie RD-congolaise n’est pas diversifiée et dépend essentiellement de l’exportation des matières premières d’une part et, de l’autre, la crise du Covid 19 est en train de plonger l’économie mondiale dans la récession», scrute-il, tout en avançant que l’impact sur l’économie RD-congolaise pourrait s’avérer catastrophique pour la RD-Congo, en difficulté d’«assurer la mobilisation des ressources, même si nous parvenions à éviter un désastre sanitaire et humain». Sans vouloir enfiler la tunique d’un prophète de malheur, Samy Badibanga, dans ses analyses dépassionnées, prévient qu’il «est quasi-certain que la chute des prix des matières premières et le ralentissement de l’économie mondiale vont s’inscrire dans la durée et vont affaiblir le budget national». Dans le volet social, Samy Badibanga a fondé ses réflexions sur cette réalité: «l’économie RD-congolaise est à 90% dans l’informel, qui fait vivre la majorité du peuple RD-congolais». Face à cette réalité, dit le 1er vice-président de la Chambre haute du Parlement, il est un impératif, au-delà du paiement des salaires des fonctionnaires, policiers et militaires, de financer massivement l’éducation et la santé. Finalité: «soulager le budget des familles et mettre en place des allocations, filets sociaux, pour atteindre les populations les plus démunies -dont le revenu est inférieur à USD 2 par jour- et qui se chiffrent, rien que pour Kinshasa, à plus de 7 millions sur les 15 millions d’habitants». Dans cette logique, Samy Badibanga invite le gouvernement à accorder un soutien financier à la catégorie de la population dont «les moyens de survie auront disparu suite à la crise sanitaire, économique, sociale et financière qui arrive». Dans son plan de sauvetage, Samy Badibanga alerte quant aux risques «des contestations sociales d’une ampleur inimaginable» pouvant avoir «des conséquences sur la sécurité du pays».

Laurent OMBA

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