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CENI : Ambongo pousse à violer la Loi!

Son plan d’imposer son candidat et neveu contourné à la loyale, le Cardinal a choisi d’aller mentir de sang froid et de discréditer un processus qu’il a personnellement piloté pendant près de 8 mois, demandant le retour à la case départ… au détriment de la Loi et de l’Etat de droit! Vraiment! Le calotin a perdu le bon sens! Il a ébranlé la foi de plusieurs fidèles catholiques, sidérés par son attitude païenne!

Après la guerre menée tour à tour contre l’abbé Apollinaire Malumalu, Daniel Ngoy Mulunda et Corneille Nangaa, l’Eglise catholique a-t-il encore un problème particulier avec Ronsard Malonda, désigné président de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- par la majorité de confessions religieuses, les mandants légaux, et entériné par l’Assemblée nationale? Depuis quelques jours, les allégations de corruptions et les soupçons de passage en force se multiplient, notamment par l’Eglise catholique, rejointe cette fois-ci par l’Eglise du Christ au Congo, l’Opposition et une branche de la Société civile.

Ces derniers jours, les catholiques et les protestants ont grondé pour protester contre l’entérinement de Malonda, accusant l’Assemblée nationale et le FCC de préparer la prochaine fraude électorale. A la suite de ces deux confessions religieuses, l’UDPS, au pouvoir, a appelé à une marche pacifique de protestation jeudi 9 juillet 2020 contre le successeur de Corneille Nangaa. Pour sa part, l’Opposition Lamuka a programmé une manifestation le 13 juillet. Dans l’opinion, on enregistre aussi des protestations contre cette campagne d’intoxication initiée par le Cardinal Ambongo, qui avait promis de diaboliser tout le processus après son échec de placer son candidat et parent, Cyrille Ebotoko. Les dénonciations sont faites par certains participants à la séance du 9 juin dernier présidée par le prélat catholique. Certains affirment même détenir les enregistrements y relatifs.

A la manœuvre depuis novembre 2019! 

Ces participants affirment que le Cardinal a réuni, depuis novembre 2019, plusieurs rencontres de la composante «Confessions religieuses» pour désigner leur délégué, conformément à l’article 10 de la Loi portant organisation et fonctionnement de la CENI. «23 candidats étaient retenus suivant le profil et le critérium définis par cette composante présidée par le Cardinal, tandis que le secrétariat était tenu par l’abbé Nshole, en son nom. Dans la pratique, on procède par l’élimination des candidats n’ayant pas le profil requis. La composante désigne par consensus ou, à défaut, passe au vote. Après cette étape, les confessions religieuses déposent leur procès-verbal au bureau de l’Assemblée nationale qui en prend solennellement acte et en informe le peuple», explique une structure dénommée «Dynamique des jeunes intellectuels du Kongo Central» dans une tribune parue mardi dans la presse.

Sur les 23 candidats initialement inscrits, seuls 6 ont été retenus. Il s’agit de Sylvain Lumu, Dénis Kadima et Jérôme Bonso, tous de l’espace Grand Kasaï; de Cyrille Ebotoko et Rémy Eale, issus du Grand Equateur; et de Ronsard Malonda, actuel secrétaire exécutif de la CENI originaire du Kongo Central. 

Selon les participants, tout s’est bien passé pour le Cardinal quand il a réussi à faire écarter les 3 prétendants de l’espace kasaïen au motif que le Président de la République est de la même région. A ce sujet, le candidat Sylvain Lumu n’a pas manqué d’exprimer ses regrets dans une vidéo en circulation sur la toile. Mais le prélat a perdu le contrôle de la situation lorsque son chouchou et neveu, Cyrille Ebotoko, remis dans la course par lui après un premier retrait et l’élimination de l’autre favori de l’Equateur Rémy Eale, candidat malheureux aux législatives de 2018 pour le compte d’un parti politique, n’a pas fait le poids face à Ronsard Malonda à l’issue du vote organisé en application de l’article 17 de la charte des confessions religieuses.  

Son plan contourné à la loyale, Ambongo a choisi d’aller mentir de sang froid et discréditer un processus qu’il a personnellement piloté pendant près de 8 mois, demandant le retour à la case départ! Vraiment! Le calotin a perdu le bon sens! Il a ébranlé la foi de plusieurs fidèles catholiques, sidérés par son attitude païenne. Un peu d’égard pour la soutane rouge cramoisi! Un peu de conscience et de sens de responsabilité!

Le Cardinal pousse… à la faute

La demande du Cardinal de recommencer le processus appelle depuis deux considérations. La première: il serait absurde de tout reprendre à zéro malgré la forte pression exercée sur les autres confessions religieuses, présentées sans preuve, sans étude scientifique actualisée, comme dépourvues de poids sociologique. Alors que la loi de la majorité s’impose dans une démocratie et tant que la Loi n’a pas changé, il n’est pas évident que les confessions religieuses contestées par les catholiques et les protestants ne reproduiraient pas leur vote en faveur de Ronsard Malonda.

La deuxième considération est républicaine: la minorité, Eglise catholique et ECC, battue à l’issue d’une élection remportée par Malonda, ne saurait amener l’Assemblée nationale et le Président de la République à violer la Loi. L’article 12 la Loi organique de la CENI indique que l’Assemblée nationale ne joue que le rôle d’entérinement du candidat désigné par les confessions religieuses. Donc, ni la Chambre basse du Parlement encore moins le Président de la République ne peut interférer sauf si c’est pour consacrer la violation de la Loi et de l’Etat de droit. 

L’autre volet, tout aussi moral, est que personne de ceux qui accusent Malonda de tricherie, à commencer par le Cardinal et l’UDPS, ne sait établir et prouver sa responsabilité dans les ratés des élections de 2018, les mêmes qui sont à l’origine de la première alternance pacifique au sommet de l’Etat. Si Ambongo continue à évoquer la tricherie sous Corneille Nangaa, il lui est difficile et impossible de faire admettre à l’UDPS que Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle et accepté par la Communauté internationale, est devenu Président de la République grâce à une quelconque fraude électorale.

Les arguments du genre tout sauf quelqu’un qui a travaillé avec Nangaa sont trop graves. Ils impliquent que l’on change tous les maillons de la chaine CENI, du président au planton ou du Secrétaire technique à l’agent de dépouillement.

Ethiquement incorrect

Au demeurant, ce serait un gros scandale que de chercher à faire de Cyrille Ebotoko, un ancien contrôleur technique -CTT-, président de la CENI, au détriment de l’expert avéré et secrétaire technique Ronsard Malonda dont le seul vrai péché est de n’être ni du Kasaï ni de l’Equateur. Il est, en outre, anormal que le père de la foi cherche à installer le chaos après avoir échoué d’imposer son candidat dans une démarche qu’il a conduite de bout en bout. Ça pose un sérieux problème sur le plan éthique. Ça pousse d’aucuns à souhaiter que le législateur enlève de la loi organique sur la CENI l’intervention de la Société civile et, surtout, des confessions religieuses jugées «pires que les partis politiques en ce sens qu’elles donnent l’impression d’être apolitiques alors qu’elles servent des intérêts politiques étrangers, sous le nez et la barbe des dirigeants et du peuple». En définitive, l’appel à manifester dans la rue lancée par le Cardinal en plein Etat d’urgence sanitaire ressemble à une rébellion contre le Président de la République.     

YA KAKESA

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