
C’est fini le flou dans la vie nocturne kinoise. Le ministère provincial de la Jeunesse, Sports et Loisirs, Culture et Arts passe à l’offensive. Son patron, Bob Amisso Yoka Lumbila, vient de lancer une vaste opération de contrôle et d’identification de tous les lieux qui accueillent du public à Kinshasa. L’annonce a été faite lundi 6 octobre 2026 dans un communiqué officiel. Désormais, chaque bar, boîte de nuit, salle de fêtes, lunch-bar, dancing-club ou espace polyvalent devra obligatoirement s’enregistrer numériquement.
Objectif: mettre de l’ordre
Kinshasa compte des milliers de lieux de loisirs. Beaucoup ont ouvert sans autorisation, sans normes de sécurité, parfois au cœur de quartiers résidentiels. Nuisances sonores, insécurité, activités non déclarées: le gouvernement provincial dit vouloir «renforcer le civisme administratif et sécuritaire».Pour Bob Amisso Yoka Lumbila, il s’agit de savoir qui exploite quoi, où, et dans quelles conditions. Une façon aussi de mieux sécuriser les Kinois qui fréquentent ces établissements chaque week-end.
Gratuit, mais obligatoire
L’opération est menée avec l’Agence Provinciale de Développement du Numérique de Kinshasa -APDNK. Et le ministère insiste: l’enregistrement est totalement gratuit. Pour se mettre en règle, les exploitants doivent se rendre sur la plateforme officielle: culture.kinshasa.cd. Ils y remplissent leurs informations et, à la fin de la procédure, reçoivent un certificat de conformité avec QR Code. Ce QR Code fera office de carte d’identité de l’établissement. Il suffira d’un scan pour vérifier si le lieu est en règle. Le ministère appelle les promoteurs à se mettre en ordre «sans délai». Le message est clair: après la phase d’enregistrement, place aux sanctions. Les contrevenants s’exposent à des poursuites et à des fermetures, conformément à la législation en vigueur.
Des brigades déjà sur le terrain
Ce n’est pas une simple annonce. Des équipes mixtes ont déjà été déployées dans les 24 communes. On y trouve des agents de la Division urbaine de la Culture, Arts et Patrimoine, des éléments de la redoutée Brigade spéciale de l’Environnement -BSPE/BESK- et des policiers de la Police nationale congolaise -PNC. Leur mission: contrôler les certificats, identifier les établissements non déclarés et sensibiliser les opérateurs.

Le gouvernement provincial invite les exploitants à «coopérer pleinement». Comprendre: ne pas s’opposer aux contrôles et régulariser sa situation au plus vite. Avec cette mesure, Bob Amisso signe l’une des premières grandes opérations de régulation numérique du secteur des loisirs à Kinshasa. La fête reste autorisée. Mais désormais, elle devra être tracée, identifiée et sécurisée.
Natine K







