
Le ministère du Budget vient de couper court à la rumeur ayant envahi la toile ces derniers temps, faisant état d’un détournement d’une somme de 70 milliards de Francs congolais au Conseil supérieur de la magistrature -CSM-, destinés à la prise en charge de 2.500 magistrats nouvellement recrutés mais non encore nommés par le Président de la République. Selon une dépêche d’«opinion-info.cd», après vérification auprès des services techniques du ministère du Budget, il s’est avéré qu’aucun détournement n’a eu lieu car, il n’y a pas eu de mouvement suspect de fonds relatif à la prise en charge des magistrats non encore nommés.
Déjà de leur côté, des membres du Conseil supérieur de la magistrature ont confirmé qu’aucun rond n’a été encaissé depuis la sollicitation de l’enveloppe de 70 milliards de Francs congolais par leurs responsables, malgré plusieurs rappels auprès des autorités qui gèrent le budget et les finances. Pour eux, cette confusion est née à la suite de la réponse du ministre d’État en charge du Budget, à la question écrite du député national Janvier Misenyibwa Apele, transmise par le président de l’Assemblée nationale.
«La paie des agents et fonctionnaires de l’État suit un processus strict, où les salaires sont liquidés sur base nominale et versés directement sur les comptes bancaires des bénéficiaires. Aucun décaissement n’a été effectué du compte général du Trésor vers une quelconque institution du pouvoir judiciaire», a affirmé un cadre du ministère du Budget.
Et d’ajouter: «cette procédure budgétaire rigoureuse rendrait donc impossible un détournement des fonds, du moins dans le cadre évoqué par les rumeurs». S’agissant de 2.500 magistrats concernés, les services du Budget n’a pas manqué de clarifier leur situation administrative. «Le droit au traitement est conditionné par une nomination effective. Actuellement, ces magistrats sont en attente de leur acte de nomination, qui est une étape essentielle avant toute prise en charge budgétaire», a expliqué un expert du ministère du Budget, qui a rassuré que toutes les dispositions ont été prises, pour que ces futurs magistrats soient rémunérés dès leur nomination. «La Loi des finances 2025 prévoit des crédits suffisants pour assurer la prise en charge complète de ces agents une fois leur nomination actée», ont précisé les sources consultées par les confrères d’«opinion-info.cd». À les en croire, il ne s’agit ni d’un oubli ni d’une volonté de priver ces futurs magistrats de leurs droits, mais d’un processus administratif en cours, qui demande encore un peu de patience. Car, ont renchéri ces sources, pour qu’ils soient réellement appelés magistrats, ils doivent avant tout être nommés par Ordonnance du Chef de l’Etat. Ce n’est qu’après cette nomination qu’ils seront pris en charge. Cette prise en charge requiert trois étapes importantes: la formation, l’équipement et le dispatch. Restant confiants aux promesses faites pour le paiement effectif de ces fonds de la prise en charge de 2.500 magistrats en devenir, les responsables du Conseil supérieur de la magistrature ont refusé de commenter les faux bruits distillés çà et là, et promettent de poursuivre les auteurs si ceux-ci continuent de déranger la quiétude d’un corps aussi respectable que le Conseil supérieur de la magistrature.


