Actualités

A Paris, Samuel Mbemba durcit le ton et réclame des sanctions internationales contre Kagame et Kabila

La RD-Congo a intensifié, depuis Paris, sa campagne diplomatique pour la reconnaissance internationale des violences commises sur son territoire, présentées par Kinshasa comme des «génocides». Devant des institutions françaises et européennes, le ministre RD-congolais des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, a haussé le ton, appelant à des sanctions internationales ciblées contre plusieurs personnalités accusées de contribuer à la déstabilisation de l’Est du pays. Le 27 mai 2026, au Sénat français, dans le cadre d’un dialogue de haut niveau consacré à la lutte contre l’impunité et à la voix des victimes, le ministre a dressé un constat particulièrement alarmant de la situation humanitaire dans les zones de conflit en RD-Congo. Il a dénoncé l’usage systématique du viol comme arme de guerre et décrit des violences sexuelles massives aux conséquences dramatiques: traumatismes lourds, infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH/SIDA, grossesses forcées, fistules et stigmatisation sociale des survivantes. Face aux parlementaires français et à des acteurs de la Société civile, Kinshasa appelle à une réponse internationale plus ferme, estimant que certains crimes commis dans l’Est relèveraient de logiques d’extermination et d’impunité prolongée.

Tensions diplomatiques et appels à sanctions

Au cœur de son intervention, le ministre Samuel Mbemba a exigé un engagement renforcé de la France et de l’Union européenne pour mettre fin à l’instabilité persistante dans la région des Grands Lacs. Il a plaidé pour des mesures concrètes contre les responsables présumés de la crise sécuritaire. Dans ce cadre, il a directement mis en cause le Président rwandais Paul Kagame, présenté par les autorités RD-congolaises comme l’un des principaux acteurs du conflit dans l’Est de la RD-Congo. Kinshasa évoque également la responsabilité de l’ancien Président de la République Joseph Kabila, dans ce qu’il qualifie de mécanismes de déstabilisation prolongée.

Deux jours plus tard, le 29 mai, Samuel Mbemba a poursuivi son offensive diplomatique à Paris lors d’une rencontre organisée par le FONAREV et la CIA-VAR, sous le thème: «La traversée: de la connaissance à la reconnaissance des génocides commis en RD-Congo». Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à obtenir une reconnaissance internationale des violences massives enregistrées en RD-Congo depuis plus de trois décennies. Selon le ministre des Droits humains, les travaux de documentation menés par Kinshasa permettraient de consolider la qualification de génocide pour une partie des crimes commis sur le territoire national.

Pression sur l’Union européenne

Devant ses interlocuteurs européens, le ministre Samuel Mbemba a déclaré accorder «le bénéfice du doute» à l’Union européenne, tout en exigeant des décisions concrètes dans les plus brefs délais. Il a appelé les institutions européennes à adopter une résolution officielle de reconnaissance des génocides présumés en RD-Congo et à envisager des sanctions internationales contre les responsables politiques cités par Kinshasa.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page