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Guerre dans l’Est: Berlin et Lusaka condamnent le Rwanda, Amsterdam soutient le processus de Luanda, Brazzaville appelle à une résolution pacifique

Face à la guerre d’agression imposée à la RD-Congo par l’action des rebelles du M23, supplétifs de l’armée rwandaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, engagée sur le front diplomatique, ratisse large pour arracher un soutien costaud dans la démarche de Kinshasa de pacifier l’Est du pays en proie à l’insécurité depuis trois décennies. 

Les audiences accordées mercredi 7 et jeudi 8 août 2024 à différents ambassadeurs accrédités en RD-Congo en disent long. «L’Allemagne soutient la RD-Congo concernant la condamnation du Rwanda pour sa violation du droit international. Nous sommes toujours un avocat de la Charte des Nations-Unies», a déclaré Ingo Herbert, ambassadeur de l’Allemagne, au terme d’un tête-à-tête mercredi avec la ministre d’Etat en charge des Affaires étrangères, Coopération internationale et Francophonie. 

Grand pays ami et partenaire de la RD-Congo depuis de longues années, l’Allemagne a, par le biais de son représentant à Kinshasa, a condamnéfermement les attaques du territoire RD-congolais par le Rwanda. Berlin a rassuré de son soutien permanent au Président de la République et au gouvernement dans ce conflit meurtrier, qui s’est déclenché depuis une trentaine d’années, pour la recherche des solutions durables favorables à l’ensemble de la région. Les deux personnalités ont également évoqué les dernières avancées du processus de Luanda ayant abouti à un accord de cessez-le-feu. 

Une des nations puissantes de l’Union européenne, l’Allemagne a réaffirmé son soutien aux différentes initiatives politiques à tous les niveaux et s’est positionnée favorablement pour l’arrivée, en Septembre prochain, d’un nouvel envoyé spécial de l’Union Européenne en RDC. 

D’autres questions stratégiques d’ordre sécuritaire et de coopération entre l’Allemagne et la RD-Congo ont aussi été abordées lors de cette audience. A cela s’ajoute la problématique du renforcement de la coopération scientifique et culturelle entre les deux nations.

Le même mercredi, la ministre d’Etat aux Affaires étrangère, Thérèse Kayikwamba a eu des discussions avec l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Royaume des Pays-Bas. Un premier tête-à-tête entre les deux personnalités Angèle-Marianne Van Der Samura et Thérèse Kayikwamba, marqué notamment par les civilités de la première à la seconde et l’incontournable question de la guerre dans l’Est.

«J’ai réitéré tout notre soutien pour le processus de Luanda et félicité Madame la Ministre pour le rôle très constructif qu’elle y joue», a confié la diplomate hollandaise. La problématique d’amplifier la diplomatie économique et la diversification des échanges entre les deux pays ont retenu une bonne part de l’attention de deux personnalités lors de leurs discussions.

«Les Pays-Bas ont toujours apporté leur soutien au conflit qui mine le pays. En 2017, ils ont financé le consortium pour la Stabilisation intégrée et la Paix à l’Est de la RDC -CISPE-, un projet qui avait pour but de stabiliser la région et apporter des solutions aux causes profondes de la guerre aux côtés d’autres partenaires internationaux», renseigne une dépêche des services de la min’EtatKayikwamba. 

Les Pays-Bas sont engagés en RD-Congo dans le secteur des mines notamment dans le cadre les Minning Week.

La dernière audience du mercredi 7 août 20204 a été accordée par la vice-ministre des Affaires étrangères, Gracia Yamba Kazadi, à Jean-Pierre Kiwakana, président du Conseil économique, social et culturel -ECOSOCC-, organe consultatif de l’Union africaine composé de différents groupes sociaux et professionnels des Etats membres de l’UA et chargé de contribuer à l’élaboration et la mise en œuvre des principes, politiques et programmes de l’organisation panafricaine.

Les deux personnalités ont levé les options en vue de converger les vues du gouvernement avec celles de l’ECOSOCC afin de mieux faire entendre la voix de la RD-Congo au sein de l’Union africaine.

Jean-Pierre Kiwakana a souligné qu’il est important que la RDC, membre de la Commission paix et sécurité, continue à influencer, à travers ses plaidoyers, la prise des décisions au niveau régional concernant la guerre dans l’Est pour obtenir des sanctions contre le Rwanda et le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais au niveau des instances les plus élevées.

Jeudi, les portes de la min’Etat Kayikwamba ont d’abord été ouvertes à l’Envoyé spécial de la Zambie, Enoch Kavindele, porteur d’un message spécial du Président zambien à son homologue RD-congolais Félix-Antoine Tshisekedi. La Zambie, par la voix de Kavindele, a dit être pleinement concernée par l’agression dont la RD-Congo est victime de la part du Rwanda et qu’elle condamne fermement. Le contenu de la lettre adressée au Président de la République n’a pas été dévoilé mais l’on sait d’ores et déjà que la situation de l’Est de la RDC sera au centre des discussions de la prochaine rencontre de la SADC qui se tiendra à Harare, capitale du Zimbabwe, selon le diplomate zambien qui a cédé son siège à l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire  de la République du Congo.

Ces deux pays, dont les capitales sont les plus rapprochées, ont, au cours du tête-à-tête entre la ministre d’Etat Kayikwamba et la diplomate Brazza-congolais, fixé les choses concernant leur amitié vieille de plusieurs années. A la même occasion, Sylvestre Cyprien Mamina a tenu à balayer le doute sur le pseudo rapprochements entre Paul Kagame, cerveau moteur de l’agression dans l’Est de la RD-Congo, et Denis Sassou Nguesso, le Chef de l’Etat congolais. 

«Le Président de la RD-Congo est souvent à Oyo et c’est un atout pour permettre au Président Sassou de se mettre au milieu du village pour une résolution pacifique de la crise dans l’Est de la RDC, au-delà de la médiation faite par l’Angola», a rapporté le diplomate congolais.

Le Représentant-résidant de l’ONU-Femmes en RD-Congo, Adama Moussa, a été, le même jeudi, la dernière personnalité à arpenter les locaux du cabinet du ministère des Affaires étrangères, Coopération internationale et Francophonie. Il a été reçu par la vice-ministre, Gracia Yamba Kazadi.

«Nous avons été honorés par rapport aux engagements pris par le Gouvernement de la RD-Congo pour la représentativité des femmes et nous constatons avec plaisir aujourd’hui que nous avons environ 31% de femmes au sein du gouvernement. Nous avons été dépêchés par notre Directrice exécutive pour transmettre ses vives félicitations à chacune des femmes ministres», a-t-il fatsavoir. 

Gracia Yamba Kazadi et son hôte ont aussi discuté au sujet des voies et moyens à mettre en œuvre pour améliorer davantage le quota des femmes au sein des institutions.

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