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À l’Éducation nationale, Raïssa Malu pousse les réformes et fait face à une offensive politique

La ministre d’État à l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, poursuit des réformes jugées ambitieuses, dont l’audit du fichier de paie de la Direction nationale de contrôle, de la préparation de la paie et de la maîtrise des effectifs -DINACOPE- et la bancarisation des salaires, malgré une série d’attaques visant à la discréditer. Les récentes décisions ministérielles ont notamment entraîné la mise à l’écart de Boniface Mbaka, ancien directeur national de la DINACOPE. L’ombre d’un audit du fichier de paie plane et, selon des sources au ministère, certaines personnes craindraient d’être «démasquées».

Des voix proches de l’ex-responsable évoquent de leur côté une campagne de dénigrement orchestrée par des «réseaux» que la ministre dit vouloir combattre. Sur le plan politique, le député national Willy Mishiki a dénoncé un prétendu détournement de 6 milliards de francs congolais lié à la prime de gratuité des enseignants. Des vérifications, toutefois, relativisent ces allégations.

Selon des sources recoupées, la retenue de 20 000 FC observée sur la prime de certains enseignants serait imputable à une mesure prise par le directeur sortant, Boniface Mbaka, aujourd’hui visé par une procédure disciplinaire. Les mêmes sources assurent que la prime de gratuité n’a pas été diminuée de façon générale.

Les organisations syndicales interrogées contestent par ailleurs le soutien présumé de la profession à l’accusation du député Mishiki. «Le député et ses pairs ne connaissent pas le fonctionnement de notre ministère, surtout sur le plan financier», a déclaré Médard Mwenge Kapay, président de la délégation syndicale ÉDU-NC, rappelant ses 55 ans d’expérience.

«Depuis l’avènement de la bancarisation des salaires, aucune chance n’est donnée au personnel d’approcher les liquidités de l’État. Comment parler de détournement lorsqu’on ne gère ni en amont ni en aval ces fonds?», a-t-il ajouté.

Le Syndicat libre des enseignants et administratifs de l’Éducation nationale -SYLAD- a, pour sa part, condamné des «allégations mensongères» et dénoncé «le manque de connaissance de l’architecture administrative, technique et financière du secteur» chez les instigateurs des accusations.

Un interlocuteur au ministère, cité par AfricaNews, rappelle que la prime de gratuité transitait auparavant par les frais de fonctionnement des établissements et était gérée par les chefs d’établissement, méthode qui a montré ses limites -irrégularités, pertes et inégalités de traitement. La bancarisation a été présentée comme une mesure de protection pour les enseignants.

«Comme toute innovation, l’implémentation de cette méthode a connu quelques incohérences techniques», explique un habitué du circuit de la paie, pointant ces dysfonctionnements comme l’origine des retenues constatées chez certains agents. Alertée, la ministre a instruit le nouveau directeur national de la DINACOPE, Vital Lumbala, d’opérer les corrections nécessaires.

Face aux polémiques, la ministre Raïssa Malu affirme maintenir le cap sur la rationalisation de la paie et la transparence financière au sein du sous‑secteur. Ses décisions, soutiennent ses proches, visent à redresser un système longtemps marqué par des pratiques opaques. Les tensions entre acteurs politiques, syndicaux et administratifs montrent néanmoins que la mise en œuvre de la réforme restera un chantier sensible dans les mois à venir.

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