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En séjour à Kinshasa, Ségolène Royal plaide pour des compensations en faveur des pays protecteurs de leurs forêts

La ministre française de l’Environnement a effectué une visite de travail de deux jours dans la capitale RD-congolaise, dans le cadre de sa tournée africaine sur la promotion de la conservation des forêts en vue de la lutte contre les changements climatiques. Sur place à Kinshasa, après une séance de travail au ministère de l’Environnement, lundi 14 mars, Ségolène Royal a promis de plaider pour des compensations en faveur des pays qui protègent leurs forêts. A l’en croire, elle entend travailler pour aboutir à des compensations en faveur des pays protecteurs de leurs forêts à l’instar de la RD-Congo, qui observe un moratoire depuis 2002. La ministre française de l’Environnement a bouclé l’étape de la RD-Congo par un survol du barrage d’Inga ce, après avoir rencontré le même lundi dans l’après midi le Chef de l’Etat Joseph Kabila qu’elle a remercié pour le travail de qualité fourni par la délégation RD-congolaise à la COP21 à Paris.
Depuis le mois dernier, Ségolène Royal, ministre française de l’Environnement visite les pays qui ont adopté l’accord sur le climat signé à Paris en décembre dernier à la clôture de la COP21. En sa qualité de présidente en exercice de la COP21, Ségolène Royal est restée formelle à Kinshasa quant à la problématique du changement climatique. Selon elle, les pays qui font l’effort de protection des forêts doivent obtenir des compensations parce qu’ils donnent de l’oxygène et font respirer le monde. Au sortir de son entretien avec le ministre RD-congolais de l’Environnement, elle a déclaré à la presse qu’elle a prévu l’étape de Kinshasa dans sa tournée africaine pour deux raisons. D’abord être à l’écoute des attentes des autorités RD-congolaises, en sa qualité de présidente en exercice de la conférence des parties tenue à Paris-COP21. Ensuite, à cause notamment du rôle qu’a joué la RD-Congo pendant les négociations sur le climat.
«J’ai tenu à ce que cette séquence africaine commence par la RD-Congo compte tenu du fait que la RD-Congo a beaucoup aidé aux négociations et j’en ai profité pour remercier le gouvernement parce qu’il a beaucoup aidé à faciliter les choses, à dénouer un certain nombre de problèmes», a déclaré la ministre française lors de son séjour à Kinshasa. Ségolène Royal a également insisté sur le potentiel électrique que regorge la RD-Congo. «L’accès de l’Afrique à l’électricité est un droit fondamental et le potentiel en hydro-électricité ici en RD-Congo est un potentiel considérable», a-t-elle noté, affirmant qu’elle a prévu de survoler le barrage d’Inga.
Faisant l’intérim de son collègue de l’Environnement, le ministre RD-congolais du Tourisme, Elvis Mutiri wa Bashara, a signifié qu’il n’est pas normal que la RD-Congo réalise cet effort de protection des forêts sans compensation». Il a rappelé que son pays avait lancé en 2002 un processus de conversion des titres forestiers en contrats de concession, destiné à faciliter une meilleure gestion des ressources. Et de poursuivre : «Ce processus s’est étendu sur une période de six ans, accompagnée d’un moratoire sur l’octroi de nouvelles exploitations».
Elvis Mutiri wa Bashara a indiqué que le gouvernement RD-congolais ne pouvait pas lever le moratoire, tant que des négociations sur des compensations restent en cours. Même si, au début du mois de mars, une dépêche de l’AFP renseignait que le ministre RD-congolais de l’Environnement avait confirmé l’intention de son pays de lever le moratoire dans l’intérêt financier de la RD-Congo, estimant que la mesure faisait perdre d’importantes recettes au pays.
Dans cette logique, Ségolène Royal a estimé que l’efficacité de la lutte contre les changements climatiques dépend des règles de justice imposées à ceux qui polluent le plus, en faveur de ceux qui consentent plus d’efforts de protection. «Autrement dit, les pays pollueurs devraient payer le prix pour leur pollution tandis que les pays qui abritent les forêts, eux, n’émettent presque pas des gaz à effets de serre. Et donc leur contribution à l’atténuation et l’adaptation sera différente», a souligné Ségolène Rayal à Kinshasa, qui s’est engagée au nom de la France, de veiller à ce que les financements soient bien équilibrés et que les compensations soient aussi effectives.
Deuxième massif forestier tropical de la planète après l’Amazonie, avec une biodiversité très riche, encore loin d’avoir été totalement répertoriée, la RD-Congo abrite plus de 60% des forêts denses du Bassin du Congo. Et selon le ministère RD-congolais de l’Environnement, les forêts de la RD-Congo représentent 145 millions d’hectares, dont 60 millions peuvent être exploités.
Selon des experts du ministère de l’Environnement, avec cette potentialité des forêts tropicales, la RD-Congo joue un rôle important dans la régulation du climat. A les en croire, les forêts RD-congolaises capturent un nombre important de gaz carbonique ou CO2 émis, non seulement par la RD-Congo, mais aussi par d’autres pays du monde. Pour ceux qui ne savent pas, le CO2 est un gaz à effet de serre provenant des industries, des véhicules, des forêts et savanes brûlées et même des déchets domestiques ou industriels mal gérés. Il participe à la destruction de l’atmosphère ou encore de la couche d’ozone. Et la dégradation de cette couche engendre l’augmentation des températures et la modification du climat sur l’ensemble de la planète. Et les effets du changement climatique se manifestent à travers des inondations, des vagues de sécheresse, des ouragans, des cyclones, l’élévation du niveau de mer ou encore des pluies torrentielles.
Olitho KAHUNGU
 
 

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