
Les dés sont jetés! La commission électorale de la Fédération congolaise de football association -FECOFA- a clôturé, mardi 21 avril, l’opération des dépôts des candidatures pour l’élection du Comité exécutif. A un mois du scrutin, les tendances sont désormais dégagées avec neuf listes déposées pour un total de 135 candidats briguant les 15 postes en jeu. Toutefois, cette course pas seulement à une opposition de projets ou de blocs politiques.
Au regard des listes en lice, elle prend aussi des allures de duel symbolique entre deux figures marquantes du football RD-congolais. D’un côté, Shabani Nonda, candidat président et tête d’une liste voulue novatrice. De l’autre, Dieumerci Mbokani qui brigue l’une des quatre-vice présidences sur la liste Aziz Makukula.
Dans ce duel indirect à distance, Shabani Nonda incarne une génération plus ancienne, celle des pionniers du football RD-congolais à l’ère moderne, ayant brillé en Europe et construit une image de leader discret. Longtemps attendu dans les starting-blocks, l’ancienne gloire de Monaco aura fait durer le suspense.
En se positionnant, il assume désormais une ambition à la hauteur de sa légende. En face, Dieumerci Mbokani représente une génération plus récente, encore proche des terrains et des réalités actuelles du football RD-congolais. Invité surprise de ces élections, le meilleur buteur de l’histoire des Léopards présente également l’atout d’être un trait d’union entre le football local et les binationaux, lui qui a débuté au pays avant de faire carrière en Europe.
Au-delà des postes, c’est une opposition de trajectoires et de méthodes qui se dessine. Nonda et Mbokani, deux légendes du football RD-congolais qui se rêvent désormais d’un destin de dirigeant, mais suivant deux approches distinctes. Après Eugène Kabongo à la Linafoot, la RD-Congo s’apprête peut-être à franchir le pas et à emboîter la trajectoire des autres pays africains qui ont vu des anciennes gloires prendre le pouvoir.
Dans le contexte actuel de la FECOFA, cette «bataille dans la bataille» pourrait peser lourd et influencer les alliances. L’aura de deux légendes pourra également être déterminant à l’heure de redistribuer les soutiens et capter l’attention d’une partie de l’opinion publique, sensible à ces figures emblématiques.
Reste à savoir lequel des deux parviendra à transformer son capital sportif en véritable influence politique. Nonda, en visant directement le sommet, prend un risque élevé mais potentiellement payant. Mbokani, en choisissant une position stratégique au sein d’un ticket, pourrait capitaliser sur une dynamique collective. Quelle que soit l’issue de ces élections, la confrontation entre Shabani Nonda et Dieumerci Mbokani ouvre inévitablement un nouveau chapitre dans l’histoire du football congolais, celui où les anciens héros des terrains deviennent les acteurs d’une recomposition du pouvoir.
WIDAL