
Sous les lambris ministériels et sous le regard d’une ambition qui sent bon le spectacle, Didier Budimbu a convié mardi 17 février Martin Bakolé pour évoquer l’organisation, sur le sol congolais, du très attendu match retour contre Tony Yoka. Après un premier entretien avec Yoka, le ministre des Sports et Loisirs enchaîne les consultations pour transformer une rumeur en projet concret. Sur la table: l’arsenal logistique et politique nécessaire pour faire venir un duel de poids lourds à Kinshasa.
Calendrier, sécurité des athlètes et du public, capacités d’accueil et d’hébergement, garanties financières, droits de diffusion et retombées médiatiques ont été passés au crible. Le ministère décrit l’initiative comme un «projet national» ; pour les promoteurs, c’est d’abord un bilan coûts‑bénéfices. Bakole s’est dit prêt à boxer devant son public.
Au‑delà de l’enjeu sportif, il souligne la portée symbolique d’un tel rendez‑vous: replacer la République Démocratique du Congo sur la carte pugilistique, dynamiser la filière locale et offrir au public congolais un spectacle de haut niveau. Pour l’État, un Yoka–Bakole à Kinshasa serait autant une vitrine sportive qu’un aimant pour sponsors et partenaires internationaux. Les freins sont réels. Il faudra convaincre managers et promoteurs que Kinshasa est une option viable, sécuriser des financements solides, rassurer les diffuseurs quant à la rentabilité de l’opération et bâtir un dispositif logistique à la hauteur d’un combat international.
Sans calendrier précis ni engagements financiers publics ou privés, le projet risque de demeurer à l’état d’intention. L’opération demande une vraie diplomatie sportive: négociations serrées avec les parties prenantes, assurances adaptées, plan de sécurité rigoureux et calendrier crédible. À cela s’ajoutent des enjeux d’image et de confiance, indispensables pour attirer des promoteurs et des diffuseurs de rang mondial. Si tous les paramètres s’alignent, Kinshasa pourrait accueillir l’un des combats les plus médiatisés de la région, avec des retombées sportives, économiques et symboliques non négligeables.
