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Arbitre de la LIFKIN, Diba Musungayi dit avoir hérité le gout du sifflet de son père

Sifflet à la bouche et les yeux constamment rivés sur le jeu, Diba Musungayi figure parmi les arbitres de la Ligue de football de Kinshasa -LIFKIN- les plus appréciés en RD-Congo. Derrière cette ascension se cache une histoire faite de passion familiale, de sacrifices, d’épreuves et de résilience. Chez les Musungayi, l’arbitrage est bien plus qu’une profession. «C’est un héritage qui se transmet d’une génération à l’autre», a confié Diba Musungayi. Il suit les traces de son père, Albert Musungayi, ancien arbitre international, aujourd’hui formateur et désignateur.

Son grand frère, Yannick Kabangu, a lui aussi embrassé une carrière internationale dans l’arbitrage. Dans cette famille où le football occupe une place centrale, Diba était presque destiné à suivre le même chemin. «La décision de mon père de faire de moi un arbitre n’avait pas été accueillie favorablement par ma mère et ma grande sœur. Mais comme je ne voyais aucun inconvénient à cela, j’ai accepté l’exigence de mon père», se souvient-il. Dès son plus jeune âge, Diba nourrissait un tout autre rêve, celui de devenir footballeur. «Je ne m’attendais pas vraiment à devenir arbitre parce que je jouais au football. Mon rêve, c’était d’être joueur. Mais mon père était arbitre et il voulait que ses enfants héritent de cette passion. C’est lui qui a été ma plus grande motivation», a-t-il relaté.

Puis: «Il y a la théorie en salle et ensuite la pratique pour évaluer si les matières ont été comprises. L’équipe des formateurs sélectionne uniquement ceux qui ont démontré leurs capacités. Ils sont ensuite envoyés dans les centres pour commencer à exercer». Pour lui, un bon arbitre doit réunir plusieurs qualités, à savoir: une parfaite connaissance des lois du jeu, une bonne condition physique, de la concentration et une forte capacité à gérer la pression. «Un arbitre doit être capable d’interpréter les lois du jeu et être physiquement apte à relever chaque défi», a expliqué Diba. Âgé de 29 ans, Diba Musungayi a fait ses débuts en 2012 dans la commune de Kasa-Vubu.

À l’époque, il n’avait que 15 ans et se retrouvait face à environ 80 candidats. À l’issue de la sélection, il fait partie des jeunes retenus. Un an plus tard, alors qu’il est encore élève en quatrième pédagogie, il dirige ses premières rencontres. Son parcours prend une nouvelle dimension en 2018, lorsqu’il accède à l’Entente provinciale de football de Kinshasa -EPFKIN. Durant son parcours, Diba Musungayi a connu des moments particulièrement difficiles. Lors de son premier match en Coupe du Congo, il commet une erreur qui lui coûte cher: il ne siffle pas un penalty. La sanction tombe. Il écope de deux ans et demi de suspension. Pour un jeune arbitre animé par l’envie de progresser, le coup est rude. «Je ne l’ai pas supporté parce que je voulais progresser. Je suis même parti à Luanda, en Angola, pour prendre du recul», a souligné Diba Musungayi.

La peur, ennemi de l’arbitre

Cette suspension aurait pu mettre un terme à son aventure. Elle devient, au contraire, une étape déterminante dans sa construction. À force de persévérance, il réintègre l’EPFKIN, avant de franchir un nouveau palier: celui d’arbitre principal en Linafoot Ligue 2. Parmi toutes les rencontres qu’il a dirigées, une reste particulièrement gravée dans sa mémoire: le derby entre Vainqueur FC et FC Kil Kintambo, à Lukunga. Diba ne s’attendait ni à une telle affluence ni à une telle pression. «C’était un grand match. Je ne m’attendais pas à autant de monde. Quand je sifflais une faute pour une équipe, l’autre ne l’acceptait pas. À un moment, je n’arrivais plus à continuer. Je voulais abandonner», a raconté Diba, tout en affichant un large sourire. Et d’ajouter: «on était comme une église au milieu du village. À chaque faute, à chaque arrêt, on réclamait. J’ai même pleuré».

Dans cette situation, il se souvient pourtant d’une phrase répétée par ses formateurs: «L’ennemi de l’arbitre, c’est la peur. Si tu as peur, tu gâches ton match». Avec l’intervention de la Police pour contenir la foule, Diba parvient finalement à reprendre le contrôle de la rencontre et à aller jusqu’au bout. «J’ai très bien géré jusqu’à la fin. J’ai été sécurisé. Ça reste le match le plus marquant de ma carrière», a-t-il souligné. Cette expérience lui a laissé une conviction: l’arbitre doit rester maître de ses décisions, même lorsque la pression extérieure devient intense. «Un arbitre ne doit jamais prendre une décision sous la pression du public. Si tu le fais, tu vas totalement gâcher ton match», a-t-il indiqué.

Cap sur la Ligue 1, puis l’international

À l’heure où il évolue en Ligue 2, Diba ne compte pas s’arrêter là. Ses ambitions sont clairement définies. «Notre plus grand défi, c’est d’être choisi comme arbitre international. Mon objectif immédiat est d’atteindre la Ligue 1», a-t-il précisé. Le rêve international apparaît donc comme l’horizon ultime d’un parcours commencé très jeune dans les rues et sur les terrains de Kasa-Vubu. Mais le sifflet ne résume pas toute sa relation au football. S’il devait un jour raccrocher son équipement d’arbitre, Diba sait déjà vers quoi il se tournerait.

«Je suis amoureux du football. Si je ne suis plus arbitre, je serai éducateur physique», a-t-il promis. Fort de son expérience, Diba Musungayi veut également transmettre aux jeunes ce que son père lui a transmis: la passion, mais aussi la discipline et la persévérance. «Nous avons besoin de jeunes arbitres de 16 à 25 ans. Élèves, étudiants, travailleurs, ne vous découragez pas. Il y a de très belles choses à vivre dans ce métier», a conclu Diba Musungayi.

Maria KABUANGA
Triomphe EFONGE

Triomphe Efonge

Triomphe Efonge est le «Monsieur Sports» d'AfricaNews RDC. Il suit avec une attention particulière le football congolais, des compétitions nationales aux performances des clubs et des athlètes sur la scène continentale. À travers ses reportages, analyses et comptes rendus, il met en lumière les enjeux du sport congolais avec rigueur, précision et passion.

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