
Le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a salué le démarrage effectif du projet de transformation de l’Institut technique Mutoshi, à Kolwezi, dans la province du Lualaba, en un centre d’excellence dédié aux métiers miniers, aux technologies industrielles et à la transformation locale des ressources minérales. Il s’est exprimé à ce sujet lors de la 101ème réunion du Conseil des ministres, qu’il a présidée vendredi dernier. Portée par la Générale des carrières et des mines -Gécamines-, cette initiative repose sur trois piliers complémentaires, à savoir: les minerais, l’électricité et l’éducation. Elle ambitionne de faire de cet établissement un pôle de formation, de recherche et d’innovation au service de l’industrialisation de la RD-Congo. Le projet prévoit notamment l’intégration de la technologie brevetée Efficiency Measuring Apparatus -EMA-, développée par la Professeure RD-congolaise Sandrine Ngalula Mubenga. Cette innovation devrait contribuer à la valorisation de l’expertise scientifique nationale, à la protection de la propriété intellectuelle et au développement des technologies énergétiques.
Le choix de cette technologie traduit la volonté du Chef de l’État de promouvoir les compétences scientifiques RD-congolaises, notamment celles de la Professeure Sandrine Mubenga, dont les travaux dans les domaines des batteries lithium-ion, des véhicules électriques et des énergies renouvelables contribuent au rayonnement du savoir-faire scientifique RD-congolais à l’échelle internationale. Spécialisée dans les systèmes de gestion des batteries et les technologies énergétiques, cette ingénieure a développé une solution technologique destinée à améliorer l’efficacité des batteries lithium-ion, utilisées notamment dans les véhicules électriques et les systèmes de stockage d’énergie. Son invention, dont le brevet a été officiellement publié le 8 juillet 2025 par l’Office américain des brevets et des marques -USPTO-, porte sur un dispositif permettant de mesurer le transfert de charge entre les cellules d’une batterie.
Cette technologie vise à optimiser le fonctionnement des batteries, à prolonger leur durée de vie et à contribuer à l’amélioration de leur sécurité. Dénommé Efficiency Measuring Apparatus, ce dispositif s’inscrit dans les recherches menées par la scientifique sur l’efficacité énergétique et les systèmes de gestion des batteries, un domaine stratégique pour le développement des technologies liées à la transition énergétique. Cette expertise revêt un intérêt particulier pour la RD-Congo, qui dispose d’importantes ressources minérales stratégiques, notamment le cobalt et le lithium, indispensables à la fabrication de nombreuses technologies de stockage d’énergie. La valorisation de ces ressources par la recherche scientifique, l’innovation et la transformation locale constitue un levier important pour le développement industriel du pays.
Titulaire d’une licence, d’une maîtrise et d’un doctorat en génie électrique obtenus à l’Université de Toledo, dans l’État de l’Ohio, aux États-Unis, Sandrine Mubenga évolue également dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Elle contribue aussi au paysage scientifique RD-congolais en qualité de professeure associée à la Faculté polytechnique de l’Université de Kinshasa. En juillet 2025, son brevet américain relatif au Bi-Level Equalizer, un dispositif conçu pour améliorer l’équilibrage des cellules et prolonger la durée de vie des batteries lithium-ion, a été mis en avant. Son parcours professionnel comprend des responsabilités universitaires ainsi que des fonctions dans le secteur de l’électricité en RD-Congo. Elle a notamment dirigé l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité -ARE-, où elle a contribué aux réflexions sur la régulation et le développement du secteur énergétique.
Réalisations remarquables de l’ingénieure
Première Directrice générale de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité, fonction qu’elle a occupée de 2020 à 2026, Sandrine Mubenga a participé à la structuration du marché de l’électricité en RD-Congo. Sous sa direction, la capacité électrique installée dans le pays est passée de 2 972 MW à plus de 4 100 MW. Elle a également supervisé des projets importants, notamment le suivi des travaux de la station électrique de 220 kV de Kinsuka, destinés à faciliter l’intégration de l’énergie produite par la centrale hydroélectrique de Zongo II et à contribuer à la réduction du déficit énergétique chronique de Kinshasa.
La Professeure Mubenga a, par ailleurs, piloté le déploiement, dans la capitale RD-congolaise, de capteurs connectés permettant de suivre en temps réel la qualité de l’électricité et la fréquence des coupures, dans le but de renforcer la responsabilisation des opérateurs du secteur. Dès 2013, elle a établi à Kinshasa une filiale de son entreprise SMIN Power Group. À travers cette structure, elle a conçu et installé plusieurs systèmes solaires photovoltaïques, notamment des installations en toiture et des mini-réseaux destinés à alimenter des infrastructures communautaires et des résidences à Kinshasa ainsi que dans l’arrière-pays. En août 2025, au Palais du peuple, à Kinshasa, le gouvernement RD-congolais a officiellement annoncé l’acquisition de sa technologie, dans le cadre des efforts visant à jeter les bases de la transformation locale du cobalt et de la fabrication des batteries en RD-Congo.
Un projet de conception de respirateurs artificiels face à la Covid-19
Durant la crise sanitaire liée à la Covid-19, la docteure Sandrine Ngalula Mubenga a mobilisé des ingénieurs au sein de sa structure locale afin de concevoir et de développer un prototype de respirateur artificiel «Made in DRC». Cette initiative visait à contribuer à la lutte contre la pénurie d’équipements médicaux dans les hôpitaux de Kinshasa. À travers sa fondation STEM RDC Initiative, elle organise également, dans la capitale RD-congolaise, des ateliers pratiques destinés à promouvoir les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques auprès des jeunes.
Ces activités comprennent notamment des séances de robotique à l’intention des jeunes filles issues de milieux défavorisés. Sa fondation a, en outre, octroyé des bourses d’études supérieures à plus de 160 étudiants RD-congolais afin de les encourager à poursuivre des formations dans les filières scientifiques. Pour le Chef de l’État, les mutations de l’économie mondiale, notamment la transition énergétique et l’essor des nouvelles technologies, offrent à la RD-Congo une occasion historique de transformer ses ressources minières stratégiques en leviers de souveraineté économique et d’industrialisation. Cette ambition suppose de dépasser le modèle essentiellement extractif pour investir prioritairement dans la formation, la recherche, l’innovation et la maîtrise des technologies industrielles, particulièrement celles liées à la chaîne de valeur des batteries.
À cet effet, le Chef de l’État a instruit, sous la coordination de la Première ministre et avec le concours de son cabinet, le ministre d’État en charge de l’Industrie, le ministre d’État en charge de la Formation professionnelle, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations, le ministre des Mines, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité ainsi que la ministre du Portefeuille, d’élaborer et de mettre en œuvre une feuille de route concertée. Celle-ci devra notamment porter sur la mobilisation des ressources, la modernisation des infrastructures et des programmes de formation, le soutien à la recherche et à l’innovation, le développement de partenariats industriels ainsi que l’articulation du projet avec la chaîne de valeur des batteries et la Zone économique spéciale de Musompo.





