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En RD-Congo, le processus REDD+ a besoin d’une plus grande mobilisation

Depuis au moins une décennie, la RD-Congo s’est engagée dans le programme REDD+, qui vise à lutter contre les principaux facteurs de déforestation et dégradation forestière pour contribuer à la lutte contre le changement climatique. Le pays a par conséquent signé 29 conventions internationales et promulgué plus de 40 lois nationales, arrêtés et ordonnances relatives à la protection de l’environnement, y compris l’Accord de Paris.

Toutefois, la mise en œuvre effective de ces accords internationaux reste à améliorer, ont alerté les experts lors de l’atelier «Analyser et transformer la REDD+ en RD-Congo», tenu récemment en ligne. «La dégradation forestière reste un défi majeur pour le pays. Le niveau de déforestation annuel de la RD-Congo est l’un des plus élevés du bassin du Congo, avec un taux estimé à environ 0,2-0,3% pour la période 2000-2015», a expliqué Denis J. Sonwa, scientifique au Centre de recherche forestière internationale -CIFOR.

Organisé par le CIFOR, dans le cadre de son étude comparative mondiale sur la REDD+, financé principalement par l’Agence norvégienne de coopération pour le développement -NORAD-, cet événement a rassemblé les parties prenantes les plus importantes dans la mise en œuvre de la REDD+ en RD-Congo, y compris des représentants du gouvernement, des organisations de la Société civile et des organisations de communautés locales et peuples autochtones. Il a servi d’espace pour discuter des options de politique et des pratiques nécessaires pour favoriser l’effectivité, l’efficience et l’équité dans la REDD+ au pays de Lumumba.

La gouvernance multi-niveaux a été identifiée par les experts comme l’un des défis les plus urgents pour la mise en œuvre de la REDD+. «A ce jour, le rôle des provinces dans le cadre de la REDD+ a été limité, les avancées éventuelles étant principalement le fait du Gouvernement central qui reste au centre des processus décisionnels», a dit Félicien Kengoum, consultant chez Brightway Consult. «De plus, l’architecture de la gouvernance décentralisée varie d’une province à l’autre, rendant plus complexe la conception d’un outil permettant de s’assurer que les financements transitent de façon harmonieuse des structures de gouvernance nationales vers les structures provinciales et locales».

D’autres défis abordés au cours de cet atelier ont porté sur les réformes du régime foncier, l’attribution des titres d’exploitation forestière, le soutien à la foresterie communautaire et la gestion des tourbières.

«La REDD+ en RD-Congo n’a pas été mise en œuvre comme prévu initialement. Cependant, nous sommes toujours à l’heure de réunir l’ensemble de paramètres techniques, sociologiques, juridiques et politiques pour réaliser ces objectifs», a relevé F. Kengoum. Puis: «nous avons besoin d’une plus grande mobilisation au niveau national, provincial et local».

«La mise en œuvre de la REDD+ en RDC avance à un rythme qui peut être jugé moins rapide pour certains, mais cela ne signifie pas que la REDD+ est au point mort. Elle continue de progresser et le pays continue de tirer les enseignements des défis issus des phases initiales de ce nouveau mécanisme complexe, car ils lui permettent de mieux se projeter pour la suite du processus. Les interventions se font graduellement de façon ciblée à travers le pays, en s’attaquant de manière intégrée aux moteurs» a expliqué Hassan Assani Ongala de la Coordination nationale REDD+ au ministère de l’Environnement et développement durable.

A la faveur de cet atelier organisé on line, le CIFOR a également présenté sa nouvelle publication «Le contexte de la REDD+ en République Démocratique du Congo: Causes, agents et institutions». Cette publication vise à informer les décideurs, praticiens et bailleurs de fonds sur les opportunités et les défis de la mise en œuvre de la REDD+, ainsi qu’à soutenir les processus décisionnels REDD+ basés sur des données scientifiques en RD-Congo.

LOI

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