Société

La montée des attaques contre la presse

On note que 7% des crimes contre les journalistes ont été traduits en justice et, pour Afrique, seulement cinq des 131 assassinats de journalistes entre 2006 et 2015 ont été traduits en justice.
Le 2 novembre reste une journée fatidique pour les professionnels des médias qui se remémorent le double assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon  de «RFI» au nord du Mali. A ce jour, l’enquête semble piétiner et les auteurs de ces crimes restent impunis. Constat amer qui soulève aujourd’hui la problématique de l’inertie de la justice mondiale sur la question de la poursuite des auteurs des crimes contre les journalistes. Toutefois, l’espoir est encore permis avec l’adoption par le Bureau des Nations unies pour les Droits de l’homme, le 26 septembre dernier, de la Résolution A/HRC/33/L.6 qui concerne le plan d’action sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité. On parle d’une résolution révolutionnaire exhortant les États à élaborer et à mettre en œuvre des stratégies de lutte contre l’impunité pour les attaques et la violence contre les journalistes, y compris en utilisant, le cas échéant, les bonnes pratiques telles que la création d’unités spéciales d’enquête ou des commissions indépendantes et la formation des procureurs et de la magistrature sur la sécurité des journalistes.
Selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture -UNESCO-, le taux d’impunité pour les crimes contre les journalistes reste extrêmement élevé dans le monde entier. On note que 7% des crimes contre les journalistes ont été traduits en justice et, pour Afrique, seulement cinq des 131 assassinats de journalistes entre 2006 et 2015 ont été traduits en justice.
En RD-Congo, l’ONG Journalistes en danger -JED- a fait l’état des lieux de la situation des professionnels des médias par la publication de son rapport annuel 2016 intitulé: «En attendant les élections de tous les dangers, la pire saison pour la presse en RD-Congo». Les responsables de l’ONG de défense des droits des journalistes révèlent que la liberté de la presse en RD-Congo demeure encore fragile. Ils ont présenté un rapport décryptant les exactions commises sur l’ensemble du pays et dénonce une «montée» de la criminalité avec environ 87 cas d’attaques ciblées contre les journalistes et les médias. La province du Nord-Kivu secouée par les exactions de toutes sortes sur la population, fait piètre figure en matière de sécurisation des journalistes. JED a saisi cette opportunité  pour décrier la «prise en otage» depuis plusieurs mois, des médias proches de l’Opposition pour des raisons politiques «inavouées». Cette organisation de défense des Droits de l’homme a également stigmatisé le calvaire qu’ont subi certains journalistes durant les manifestations organisés par l’Opposition du 19 et 20 septembre derniers. A travers un monitoring sévère, JED rappelle les attaques, interpellations et mauvais traitements subis par une dizaine des professionnels des médias dont la plupart ont été détenus pendant plusieurs heures alors qu’ils étaient en pleine exercice de leur profession.
Christiane MUNOKI EKAMBO

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