Société

RDC : MECRECO éclaire la lanterne

Le comité d’administration provisoire de cette mutuelle d’épargne et de crédit a, au cours d’une conférence de presse, dénoncé la volatilisation de plus d’USD 20 millions collectés par les COOPEC primaires par l’ancien comité directeur

Il s’observe depuis un moment une campagne de désinformation initiée par certains anciens dirigeants de la Mutuelle d’épargne et de crédit au Congo -MECRECO- dans les réseaux sociaux et relayée malheureusement par certains médias, dans le but de vilipender le Comité d’administration provisoire et la Banque centrale du Congo -BCC. Pour éclairer la lanterne des membres et de l’opinion publique, le comité d’administration provisoire a dernièrement organisé une conférence de presse en vue de mettre au parfum de la situation globale qui prévaut au sein du réseau MECRECO.

Au cours de la rencontre, la mutuelle d’épargne et de crédit a, à travers sa cellule de communication, évoqué trois points, à savoir: les raisons à la base de la mise en place du Comité d’administration provisoire, les faits reprochés aux anciens dirigeants de la MECRECO et la mise au point sur les allégations véhiculées dans les réseaux par un groupe d’anciens dirigeants de la MECRECO contre le Comité d’administration provisoire et la Banque centrale du Congo.

«Globalement, plus de USD 20 millions collectés par les COOPEC primaires de la MECRECO auprès de plus de 200 milles congolais membres demeurent indisponibles à ce jour», a dénoncé le Comité d’administration provisoire. Ce qui justifie les raisons de la mise en place de ce comité d’administration provisoire par la BCC. «C’est dans ce contexte que les COOPEC primaire ont eu à déposer auprès de la MECRECO leurs excédents de liquidité évalués à plus de USD 10 millions, dont plus de USD 6 millions se sont volatilisés et la différence également en souffrance parce qu’accordée à certaines COOPEC du réseau et à des sociétés apparentées», a poursuivi les nouveaux patrons de MECRECO. Et de renchérir: «il y a lieu de noter que le principe de gouvernance responsable voudrait que le montant ci-dessus se retrouve intégralement ou réparti principalement au niveau des emplois notamment ‘’Encours de crédit’’, ‘’Trésorerie globale’’ et ‘’Immobilisations’’.

Le Comité d’administration provisoire de MECRECO reproche à l’ancien comité notamment l’utilisation d’une bonne partie des avoirs des MECRE primaires pour le financement de plusieurs activités sans leur accord, en violation de l’article 55 des statuts, frisant l’abus de confiance. A titre illustratif, le comité d’administration provisoire parle de l’octroi d’un crédit global à la société de transfert STC, une structure non affiliée, sans réclamer aucune garantie et fustige le non remboursement de cette somme. Également, l’acquisition successive de logiciels de gestion au prix hors marché, soit un total d’USD 858.392,92 investi, avec des frais de maintenance d’USD 72.000 par an. Le dernier logiciel, dont la MECRECO ne dispose d’aucun droit de propriété, ayant coûté USD 332.815,74 n’a jamais été entièrement implémenté et sa base des données est gérée depuis Nairobi au Kenya.  Le fournisseur reconnaît n’avoir touché que USD 20.000.

En réponse aux allégations des anciens dirigeants de la MECRECO et leurs avocats, il y a lieu de retenir que, concernant le dépassement du mandat du Comité d’administration provisoire, la Loi 003/2002 du 02 février 2002 relative à l’activité et aux contrôles des Etablissements de crédit dans ses articles 46 à 48 règlent la problématique du mandat et dans le cas d’espèce, il n’y pas dépassement illégal.

«L’exécution du plan de redressement est bel et bien en cours. Seul le financement des actions de relance des activités de crédit connait un retard à ce jour, en dépit notamment de la promesse du gouvernement», a indiqué MECRECO, ajoutant que, pour ce qui est de l’usage de la qualité de ses responsables par quelques anciens dirigeants, il y a lieu de retenir qu’au terme des articles 41 et 43 de la Loi bancaire, les anciens dirigeants ne disposent d’aucun mandat dès lors qu’ils ont été dessaisis légalement de leurs fonctions au sein de la MECRECO depuis 2016.

«Il en découle que tout usage du logo, en-tête et la prétention d’une qualité de dirigeant du réseau MECRECO par un individu ou groupe d’individus sans en avoir légalement le mandat est constitutif d’usurpation et susceptible de poursuite judiciaire», a souligné les responsables de MECRECO. La BCC et le Comité d’administration provisoire ont été surpris d’apprendre à travers les médias et des correspondances des avocats des anciens dirigeants de la MECRECO que l’un des principaux dirigeants poursuivis a été acquitté par le TRIPAIX de la Gombe à travers un jugement rendu en date du 27 mars 2020.

Par ailleurs, l’avocat de l’intéressé a sollicité de la BCC, d’une part, sa réhabilitation et, d’autre part une concertation tripartite entre la BCC, le Comité d’administration provisoire et les anciens dirigeants en vue d’examiner la faisabilité d’un nouveau plan réaliste de sortie de crise du réseau. Le regret dans ce feuilleton est que c’est l’image d’une grande institution comme la Banque Centrale du Congo qui est vilipendée par des personnes pourtant reprochables qui tentent de défier l’Autorité de régulation et de contrôle dans ses prérogatives légales.

Tino MABADA

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