Société

Luebo: 50 détenus s’évaporent, la prison vidée et trois armes emportées

Coup dur pour le dispositif sécuritaire dans la province du Kasaï. Une cinquantaine de détenus se sont évadés de la prison de Luebo, laissant derrière eux un établissement entièrement vidé de ses pensionnaires. Plus inquiétant encore, les fugitifs auraient emporté trois armes appartenant aux services de sécurité, tandis que les gardiens ont abandonné leur poste après les faits. L’information a été rendue publique le samedi 1er août 2026 par Jean Tshiawuke wa Tshiawuke, administrateur du territoire de Luebo.

Selon lui, cette évasion a été «minutieusement préparée» et soulève de sérieuses interrogations sur d’éventuelles complicités internes. Pour l’autorité territoriale, il est difficile d’imaginer qu’une telle opération ait pu être menée sans l’implication de personnes chargées d’assurer la garde de la prison. Le constat effectué au petit matin est saisissant. En pénétrant dans l’enceinte de l’établissement, les responsables n’ont découvert que des cellules vides et des portes défoncées. «Aucun détenu ne se trouve plus à l’intérieur de la maison carcérale. Nous sommes exposés», a déclaré Jean Tshiawuke wa Tshiawuke.

Des détenus jugés dangereux dans la nature

Parmi les évadés figurent plusieurs détenus considérés comme présentant un risque élevé pour la sécurité publique et poursuivis pour des infractions graves. Selon les premières constatations, les fugitifs n’ont pas crocheté les cadenas. Ils ont plutôt forcé les portes et détruit le matériel destiné à sécuriser la prison. «Les cadenas n’étaient pas ouverts. On a seulement détruit les portes ainsi que le matériel qui assurait la sécurité de la prison», a précisé l’administrateur du territoire.

Les autorités locales n’écartent pas l’hypothèse d’une implication de certains agents des services de sécurité, qui auraient pu faciliter l’évasion, fermer les yeux ou fournir des informations aux détenus. La fuite s’est également accompagnée d’un vol d’armes. Les évadés seraient repartis avec trois armes appartenant aux services de sécurité. Les gardiens affectés à la prison ont, eux aussi, déserté leur poste dans la foulée, laissant l’établissement totalement à l’abandon. Face à cette situation, Jean Tshiawuke wa Tshiawuke appelle à une mobilisation générale. Il demande aux forces de l’ordre de renforcer les opérations de ratissage et les barrages afin de retrouver les fugitifs. Il invite également la population à collaborer avec les autorités en signalant tout détenu évadé afin qu’il soit rapidement remis à la justice.

Deborah MATEYI

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