Société

LAC-SARL menacée de déguerpissement des installations aéroportuaires de N’Djili par la RVA

Les agents et cadres des Lignes aériennes congolaises -LAC- SARL ne sont pas au bout de leurs peines. Chaque fois qu’ils franchissent difficilement un cap, d’autres écueils non moins importants se dressent sur leur chemin. Là où ils espèrent trouver un réconfort, ils sont désagréablement surpris de se heurter à l’intransigeance des protecteurs métamorphosés en bourreaux.
Dans tous les Etats membres de l’Organisation internationale du travail –OIT-, les gouvernements sont tenus de veiller à la protection de l’emploi comme à la prunelle des yeux. Lorsqu’une unité de production accuse des contre-performances au point de réunir les conditions de son éligibilité au dépôt de bilan, les dirigeants des pays concernés doivent se conformer aux dispositions pertinentes des lois nationales et internationales qui recommandent la sauvegarde primordiale des intérêts autant des travailleurs que de la société en mauvaise posture.
Refus de laisser les entreprises mettre la clé sous le paillasson
Généralement, des offres publiques d’achat -OPA- sont lancées à travers les médias écrits et audiovisuels en vue de sensibiliser d’éventuels preneurs. L’objectif final demeure le refus de tout gouvernement de laisser les entreprises en difficulté mettre la clé sous le paillasson et contraindre de ce fait les filles et fils du pays d’aller gonfler les rangs des sans-emploi.
Au ministère de l’Emploi, Travail et Prévoyance, force est de relever une indifférence notoire dans le chef de ses dirigeants face aux effets dévastateurs des eaux tumultueuses dans lesquelles naviguent les rares sociétés encore opérationnelles. Dans le cas précis de LAC-SARL, c’est le motus bouche cousue. Ceci n’est un secret pour personne, la ville province de Kinshasa a perdu plus de 90% de ses unités de production lors des pillages de triste mémoire de 1991 et 1993. Ces comportements barbares ont charrié des conséquences dramatiques sur le tissu économique de la RD-Congo. Jusqu’à ce jour, le pays peine à se relever de cette situation catastrophique.
Sous d’autres cieux, des politiques incitatives sont mises en œuvre pour assurer la protection et la promotion des entreprises existantes ainsi que de l’emploi tout en favorisant la création d’autres unités de production aussi bien dans le secteur public que celui du public-privé. Cette recette semble enfouie dans la poubelle des oubliettes, malgré les déclarations intempestives entendues ici et là à des fins de propagande.
Remise à flots du «Léopard volant» vivement recommandée
La dissolution de LAC-SARL décidée de manière illégale par le Gouvernement de l’actuel Premier ministre est connue de tous. Des institutions crédibles de la trempe du Sénat l’ont reconnu et recommandé même la prise des dispositions urgentes pour la réhabilitation, la modernisation et la relance de la première compagnie aérienne nationale. Les Concertations nationales ont abondé dans le même sens et leurs recommandations pertinentes en faveur de la remise à flots du «Léopard volant» sont demeurées lettre morte dans ce forum de toutes les sensibilités politiques et des forces vives de la nation.
La justice congolaise mise en branle par l’ONG de Défense des droits des agents et cadres de LAC, DAC-ONG avec le concours de leur avocat conseil, le bâtonnier Me Mbu Ne Letang, a clairement indiqué la voie. En attendant la dernière décision sur le fond, interdiction formelle est faite à toute vente des biens du patrimoine de cette entreprise.
Comme il fallait s’y attendre, cette décision du Tribunal de Commerce de Kinshasa/Gombe a coupé l’herbe sous les pieds de tous les prédateurs publics comme privés de LAC-SARL. Si les prétendants acquéreurs privés de ces biens ont tous été désintéressés avec le remboursement intégral de l’acompte versé conformément aux prescrits du cahier des charges, par contre le ministère des Transports et Communications dont l’offre a été battue en brèche, n’entend nullement lâcher du lest.
Respect strict des directives en matière de vente par adjudication publique
L’opinion se souviendra que dans son offre, ce ministère, toute honte bue, a sollicité la dispense de ne pas avancer des propositions concrètes sur les montants des biens bâtiments et infrastructures convoitées à l’aéroport international de N’Djili et d’en discuter directement avec les membres du comité dit de liquidation. Ce qui a soulevé un tollé de protestations de la part du public présent à la séance d’ouverture des enveloppes contenant les prétentions de divers acheteurs.
Selon des sources proches de l’immeuble «L’intelligent», les membres du comité de liquidation de LAC-SARL mis en place en violation de la loi, s’en tiennent au strict respect des directives en matière de vente par adjudication publique. «Errare humanum est, sed perseverare diabolicum», stipule un dicton latin bien connu. La position de ces responsables est du reste réconfortée par les récentes déclarations du Conseiller spécial du Chef de l’Etat en charge de la bonne gouvernance, de lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux, Emmanuel Luzolo Bambi Lessa fustigeant l’aliénation illégale des biens de l’Etat congolais, au sortir de l’audience de chez le Premier ministre Augustin Matata Ponyo.
Bien que mis KO debout, les ardeurs des responsables de l’ancienne tutelle technique sont loin de s’estomper pendant que leurs homologues du ministère du Portefeuille rient sous cape pour leur avoir déconseillé cette manière de procéder. Comme toutes les issues tant sur le plan politique que judiciaire sont en voie d’être hermétiquement verrouillées, d’autres méthodes non conventionnelles sont mises en œuvre par ce juriste pourtant formé au Cabinet du bâtonnier Me Mbu Ne Letang, pour contraindre à tout prix LAC-SARL à la disparition.
Déguerpissement et refus d’accès dans les installations aéroportuaires de N’Djili
Les échos qui nous parviennent de l’aéroport international de N’Djili, font état de la descente dans l’arène de la haute direction de la Régie des Voies Aériennes chargée de faire déguerpir les travailleurs de LAC-SARL des installations aéroportuaires. Les locaux visés sont ceux occupés à la rotonde par le chef de base de LAC-SARL ainsi que les services de trafic aérien.
Ces locaux seraient confiés incessamment à la nouvelle compagnie aérienne de droit congolais Congo Airways qui ne dispose d’aucun local ni bureau au niveau de la rotonde. De plus, instruction aurait été donnée de n’accorder aucun macaron d’accès dans les installations aéroportuaires de N’Djili à tout agent ni cadre de LAC-SARL qui doivent à tout prix plier bagage et cesser de faire ombrage aux nouveaux venus.
Pour couper ainsi toutes les sources potentielles de recettes, notamment dans le domaine sensible de l’assistance au sol des compagnies aériennes étrangères, instruction formelle a été donnée par l’ancienne tutelle technique de mettre définitivement un terme aux accords de coopération commerciale existant entre LAC-SARL et South African Airways d’une part, entre LAC-Sarl et Turkish Airlines d’autre part. Soit dit en passant, l’accord d’assistance au sol entre LAC-SARL et Kenya Airways vient de subir le même sort il y a quelque temps.
La balle se trouve dans le camp des députés nationaux
Dans les couloirs de l’Hôtel du gouvernement, il se chuchote qu’il sera désormais procédé à un passage en force dans ce dossier de manière à placer tout le monde devant le fait accompli. Voilà une illustration patente du leadership dystonique tant décrié par Chérubin Okende Senga. Il n’est pas exclu d’assister prochainement à des velléités de déguerpissement des agents et cadres de LAC-SARL de leur siège social de l’avenue du Port à Gombe pour y installer les nouveaux opérateurs aériens qui continuent de louer des locaux au centre ville, occasionnant d’importantes dépenses qui émargent au budget du ministère en charge des transports.
La Chambre basse du Parlement, saisie de ce dossier par l’ONG de Défense des droits des agents et cadres de LAC-SARL, va-t-elle finalement s’y pencher, d’autant plus que plusieurs questions orales avec débat en rapport avec la dissolution illégale de la première compagnie aérienne nationale de la RD-Congo se trouvent en veilleuse sur le bureau du président Aubain Minaku? Wait and see.
Tino MABADA

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