
Depuis le lundi 23 mars 2026, le climat social s’est brutalement dégradé sur l’avenue du Commerce et au Marché central de Kinshasa. Les employés des établissements dirigés par des ressortissants indo-pakistanais ont durci leur grève, dénonçant des conditions de travail proches de l’exploitation. Sur le terrain, le spectacle est sans équivoque: rideaux métalliques baissés, magasins fermés, et marches improvisées.
Déterminés, les grévistes déposent mémorandums sur mémorandums pour obtenir une régularisation immédiate de leur situation. Au cœur de leurs revendications: l’absence de contrats formels, des horaires abusifs non rémunérés et, surtout, le non-respect du Salaire minimum interprofessionnel garanti -SMIG-, officiellement fixé à 21 500 FC par jour. Pour ces travailleurs, respecter cette norme n’est pas un luxe mais un droit fondamental, vital face à l’explosion du coût de la vie.
Dieudonné Simba, journalier dans l’une de ces maisons de commerce, témoigne avec amertume: «Ce travail est un sacrifice total. On nous exploite en tirant profit de notre précarité. Entre rémunérations dérisoires et conditions dégradantes, nous subissons un abus de vulnérabilité flagrant pour maximiser leurs profits. C’est une forme de servage moderne».
Cette mobilisation qui prend de l’ampleur, révèle la précarité structurelle du secteur commercial à Kinshasa. Si aucun compromis n’est rapidement trouvé entre syndicats, employeurs et Inspection du travail, cette paralysie menace de fragiliser durablement le tissu économique local et d’aggraver les tensions sociales dans la capitale.
Deborah MATEYI



