Société

Kinshasa : Les concasseurs artisanaux se plaignent de la fermeture de la route menant à la carrière

«Quand nos véhicules avaient accès, on pouvait vendre au-delà de 25 ou 30 tonnes, mais aujourd’hui, avec cette situation c’est tellement compliqué», déclare-t-on

Dans la commune se Mont Ngafula, au niveau de l’ex-usine de pagnes -CPA- devenue, depuis plus de 4 ans, Texaf-Immotex, la route de Carrière artisanale de cette commune située à l’ouest de Kinshasa et frontalière avec la province du kongo central, est fermée. Selon les informations recueillies sur place, la concession abritant l’ancienne usine de pagne -CPA- a été achetée par la compagnie Texaf-Immotex chez les chefs coutumiers Humbu communément appelés «Ba Humbu» se réclamant les chefs des terres dans ce coin de la capitale RD-congolaise et cela fait pratiquement  4 ans que la compagnie a mis une barrière juste à l’entrée de la carrière suite à certains conflits entre elle et ces chefs coutumiers. «Ceux qui travaillent dans la carrière ne savent plus exploiter les commerces», a confié une habitante du quartier. Une information soutenue également par les transporteurs et propriétaires des véhicules. «Nous n’avons pas de problèmes avec la compagnie, mais elle ne veut plus que nous puissions émerger avec ce que nous exercer comme métier. Avant, faisait payer l’argent pour permettre à ce que nos véhicules puissent avoir accès, on remettait une somme de 2000 FC chez les agents de la police, mais aujourd’hui, la compagnie ne veut plus entendre parler de ce passage», a fait savoir un commerçant rencontré sur place., précisant qu’ avec cette de cette situation, «les commerçants de la commune de Mont Ngafula ne savent plus quoi faire ni sur qui compter».

Et d’ajouter: «malgré le fait que nous payons nos taxes à l’Agence nationale de la recherche, aux Mines  et à la DGRD, nos autorités ne nous aident pas. Elles ne font rien voire même notre justice ne fait plus rien pour nous». A en croire commerçant, la situation devient de plus en plus pire pour eux au point que certains d’entre eux prennent eux-mêmes ses seaux remplis de caillasses pour aller vendre malgré leur âge. «Malgré mon âge, si je ne pas de quoi payer quelqu’un qui pourrait me transporter ces caillasses, je prends moi-même le seau. Je le mets sur ma tête, puis j’avance avec pour chercher comment le vendre. Parfois quand je rentre à la maison, malgré la fatigue, je dois faire un repas pour mes enfants. Si du moins je pouvais revendre comme je le faisais avant, cela pourrait me permettre aujourd’hui de trouver quelqu’un qui pourra me soutenir avec certaines tâches, mais comment vais-je m’y prendre avec ce que je gagne maintenant», s’est-il pliant. Dans ce quartier, certains enfants ne savent même plus continuer les études pendant que d’autres se sont lancés dans le vol. «Nous  n’avons plus de quoi payer les études de nos enfants, ce travail est note gagne-pain.  C’est à travers ça que nous scolarisons nos enfants. Mais depuis que la compagnie Texaf-Immotex nous a fermés la route, nous ne savons plus comment les envoyer à l’école, d’autres mêmes se lancent dans n’importe quoi juste pour nous soutenir. Nous sommes locataires. Nous devons payer des maisons d’autrui et qu’allons-nous faire?», se demande une commerçante, ajoutant: «Quand nos véhicules avaient accès, on pouvait vendre au-delà de 25 ou 30 tonnes, mais aujourd’hui, avec cette situation c’est tellement compliqué. Nous demandons au Président de la République? Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de nous soutenir, car nous sommes congolais alors qu’un étranger s’emparer de notre terre».

A force de transporter des kilos surchargés des caillasses et moellons, certaines femmes ne travaillent plus du fait qu’elles ont accumulé certaines maladies et ne savent même pas comment se faire soigner faute de moyens financiers. «Nous voulons qu’il nous laissent libres. Casser des pierres n’est plus chose facile au vu de notre âge, mais nous n’avons plus de choix. Nous sommes veuves. Certaines d’entre nous ont de maris qui ne travaillent plus. En tant que femmes au foyer, notre devoir est de soutenir la famille. Nous travaillons dur. Nous ne savons même plus prendre soin de nous-mêmes et de nos enfants. Manger est devenu difficile pour nous. Nos enfants ne portent plus des beaux habits…nous supplions la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, de nous venir en aide car nous risquons de mourir si nous continuons de vivre ainsi», a lancé une femme, soutenant: «Nous voulons que l’Etat congolais nous tiennent compagnie, car nous n’avons pas de moyens pour faire face à cette entreprise».

Sephora KIBAMBALE

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