Société

Kahasha: l’image d’une famille minée par les guerres des lits

Le Patriarche Nicolas Kahasha ka Nashi
Le Patriarche Nicolas Kahasha ka Nashi
Pour un patrimoine immobilier estimé à environ 8 villas dont 5 à Kinshasa et 3 à Bukavu, les enfants Kahasha entre-déchirent dans presque tous les cours et tribunaux de la ville. L’image de prestige qui avait longtemps couvert la famille a aujourd’hui volé en éclats
 
Elle fut pourtant, l’une des familles modèles aux yeux de plusieurs Kinois. Une famille de référence au sein de la communauté Shi. Enfants bien encadrés, formés dans des écoles de référence de Kinshasa et du monde entier, les Kahasha ont longtemps forcé l’admiration et le respect. Nicolas Kahasha ka Nashi, ancien haut cadre à la Banque de Crédit Agricole, avocat, n’avait ménagé aucun effort pour assurer des lendemains meilleurs à tous ses 27 enfants, nés de 5 lits différents. Hélas! Aujourd’hui, on observe avec stupéfaction le spectacle désolant auquel se livrent cette fratrie dans nos cours et tribunaux.
Motif: la gestion et le partage des fruits du patrimoine leurs cédé par un papa encore en vie, mais séquestré quelque part par certains de ses propres fils et dont on n’a plus aucune nouvelle depuis près de 9 mois. Les amis, frères et sœurs propres de Nicolas Kahasha et certains de ses enfants affirment n’avoir plus aucune nouvelle de leur frère, présumé otage de ses fils du premier lit qui veulent à tout prix s’accaparer de tous ses biens. Aujourd’hui, AfricaNews, par recoupement de ses différentes sources, tente de percer ce qui a poussé ces enfants à franchir la ligne rouge pourtant tracée par le Patriarche lui même.
 
Au sein de la célèbre famille Kahasha, les conflits entre les lits datent. Depuis des longues années, entre les fils Kahasha, les relations n’ont jamais été sincères. Les Kahasha issus du premier lit, celui de Jeanne Chirhuza, ont toujours considéré leurs autres frères, ceux issus de quatre autres lits, comme des pseudos Kahasha. Ceux qui ont fréquenté le collège Boboto en savent quelque chose. L’injustice bat le plein alors que papa lui-même est encore en vie. Lésée par cette situation, Amisa Kiza, deuxième épouse du patriarche Kahasha, obtient de son mari l’occupation de  la parcelle située à Anunga, commune de Matete.
Animée par le sens du business, elle va y mettre une école -école Anunga- qui existe depuis 28 ans. Les revenus générés par l’école ont premièrement servi à l’éducation de 7 enfants issus de ses entrailles, presque tous aujourd’hui diplômés des universités les plus prestigieuses du monde. Ce qui n’a fait qu’agrandir la haine des enfants issus du premier lit qui s’entredéchirent tout d’abord entre eux-mêmes. Jean Kahasha, l’ainé de la famille, se rebelle même contre son père, menaçant de se retirer complètement de la famille. Il a du mal à accepter son statut d’ainé sans influence, sans moyens…par rapport à ses petits frères. Il s’oppose à Alain Kahasha, à Guillaume, mort curieusement, criblé des balles, devant ses yeux, et à tous quasiment. Guillaume lui-même n’était pas en odeur de sainteté avec son père peu avant son assassinat.
 
La racine du mal
La situation se dégrade de plus en plus! Alors que le papa en retraite depuis plus de 20 ans est malade, sans plus de réserve en cash. A l’initiative de Guillaume Kahasha, deuxième né de la famille de 27 enfants, une réunion familiale est convoquée le 5 janvier 2013 sans Jean Kahasha, l’ainé de la famille complètement zappé par son propre petit frère, qui a pris les devants.
Au menu: le fonctionnement de la famille et l’état de santé du patriarche Kahasha. La majeure partie des enfants est présente à la rencontre. De suite de cette dernière, trois décisions-poisons, qui vont mettre la famille à feu et à sang, sont prises. Premièrement, les Kahasha décident de la gestion commune de tous les biens leur cédés par le Patriarche. Deuxièmement, ils mettent en place un Conseil consultatif de la famille Kahasha, organe chargé de délibérer sur toutes les questions vitales relatives à la famille. C’est comme ça que Guillaume est désigné représentant du chef de famille et Michel Kahasha, le gestionnaire du patrimoine.
La troisième proposition accéléré la division: l’endettement familial. Les enfants du premier lit proposent que les soins médicaux de leur père et ses deux épouses encore en vie, Jeanne Chiruza et Amisa Kiza Zonie, ainsi que des enfants mineurs soient exclusivement pris en charge par les revenus issus du patrimoine immobilier. Tout enfant qui aura, à un moment ou un autre, en cas de vide dans la caisse familiale, mis la main à sa poche pour acheter ne serait-ce que de l’aspirine pour Nicolas Kahasha ou pour les précités, devrait se faire rembourser faute de quoi, il pourra le faire en vendant un bien immobilier.
Tous les autres redoutent l’idée macabre cachée derrière la proposition de Guillaume et ses frères! Une idée farouchement critiquée et réfutée par les enfants issus des entrailles d’Amisa Kiza, deuxième épouse de Nicolas Kahasha et certains autres nés d’autres lits.  Ils s’opposent au fait que pour soigner leur père ou mère que l’on vende les biens d’autres Kahasha bénéficiaires du cadeau de papa alors qu’il est de leur devoir de prendre en charge ses soins sans en demander un quelconque remboursement, devoir sacré de tout enfant envers ses parents!
Le Brouillon du Procès verbal de la réunion signé par presque tous les Kahasha du premier lit et ceux de leur obédience présents à la réunion, sauf quelques rebelles d’Amisa Kiza, Herve Kahasha et consorts, est légalisé chez le notaire le 25 février 2013. Me Guillaume s’ouvre la voie royale de leur entreprise macabre.
 
Escroquerie et stellionat
Puis, s’en suit toute une série d’impairs. Pour rappel, le patrimoine de Nicolas Kahasha n’appartient qu’à ses enfants garçons et l’unique fille qui y a accès s’appelle Mamie Kahasha. Sur chaque Certificat d’enregistrement, sont repris les noms des enfants copropriétaires. Le Patriarche n’a qu’à ce jour comme bien, ses effets personnels puisqu’il a terminé à céder son tout dernier immeuble, il y a de cela dix bonnes années. Le 31 mars 2013, Michel signe, au nom des enfants Kahasha, sans mandat de tous les 3 copropriétaires, un contrat de bail avec la Société congolaise des droits d’auteurs -SOCODA- pour un montant d’USD 60.000 -garantie locative et 12 mois de loyer compris- pour la villa sise avenue OMS N°4 à la Gombe.
Les autres entendront parler de cette somme, mais n’en connaitront jamais la destination. Or l’un des copropriétaires, Eric Kahasha écrira à la SOCODA pour exiger  le 1/3 de cette somme représentant sa quote-part… sans succès. Une action est ouverte pour ce faire au Tribunal à ce jour. Le duo de choc ne se décourage pas pourtant. Le 23 avril 2013, il va vendre sans crainte se faisant passer pour les propriétaires de la parcelle des autres Kahasha d’une superficie de 448m2 à Bukavu. La vente est méconnue par deux copropriétaires sauf le troisième, Christian, frère cadet à Guillaume. Michel à ce jour est cité  pour faux en écriture et stellionat au tribunal de paix Ngaliema, Guillaume étant décédé.
Ce n’est pas tout! Dans l’entretemps, le 7 août 2013, soit un mois avant sa mort, Guillaume Kahasha va écrire à  madame Amisa Kiza, seconde épouse de son père, qu’il traite d’occupant lui demandant de libérer les parcelles sises Anunga 32 A et Mutoto 26FA à Matete faute de quoi, elle serait déguerpie. Les réactions croisées de Serge et Hervé Kahasha, copropriétaires des parcelles convoitées, ne vont pas tarder. Ils réagissent à travers leur avocat et s’opposent aux propos déplacés contenus dans le courrier de leur frère. Ils vont jusqu’à faire savoir à Guillaume que celle qu’il qualifiait d’occupant n’était autre que leur propre mère, et la sienne aussi.
Fâché, Guillaume Kahasha, avocat de son état, dénie à Amisa Kiza la qualité d’épouse Kahasha. Il la traine en justice pour faux en écriture et usurpation volontaire et continue du nom madame Kahasha sous RP 24904/2 au Tribunal de Paix de Ngaliema. Comme si cela ne suffisait pas, il cite aussi ses deux frères pour lui avoir attribué une autre mère que la sienne pour faux commis en écriture. Toutes les tentatives de rappel à l’ordre menées par les sages et amis de la famille n’ont pu rien apporté. D’après les indiscrétions, peu importe le rang social dû à tout Kahasha, aucun d’eux ne peut trainer l’autre en justice. Le fait de le faire est une transgression, avise le patriarche! La saga judiciaire ne faisait que commencer. Tout le monde devrait préparer ses moyens de défense.
 
La mort tragique de Guillaume Kahasha
Me Guillaume Kahasha, lâchement abattu par des bandits à mains armées en septembre 2013
Me Guillaume Kahasha, lâchement abattu par des bandits à mains armées en septembre 2013
Face à ces accusations, Mme Amisa Kiza devait amener son mari, Nicolas Kahasha Ka Nashi, avec qui ils sont mariés depuis 38 ans et vivent sous un même toit sans relâche depuis plusieurs années à l’audience prévue le 10 septembre 2013, afin que ce dernier puisse affirmer aux juges qu’elle était effectivement  épouse Kahasha, mariée coutumièrement car le Patriarche Kahasha n’a jamais célébré un mariage civil avec aucune de ses 5 épouses, contrairement à ce que le plaignant affirmait dans sa citation directe. C’est comme ça qu’elle se rendra à Bukavu pour chercher d’autres moyens de preuve pour organiser sa défense. Informé de ce voyage, Guillaume envoie l’un de ses jeunes frères, Pacifique Kahasha, vérifier la véracité des faits. L’information fut confirmée le samedi 7 septembre en début d’après-midi par Pacifique, Kahasha l’instigateur de l’aparté cruel qui avait eu lieu lors de la fête d’anniversaire d’un de leurs neveux qui fêtait ses dix ans d’âge à MAFRALAND.
Sur le champ, ils décident de profiter de ce vide laissé par madame Amisa pour aller arracher leur père de manière à l’empêcher à se présenter à l’audience prévue le 10 septembre au Tribunal de paix Ngaliema. La décision devrait être exécutée la même nuit, soit le jour suivant, mais avant 16h00′, heure retour de Madame Amisa de retour de Bukavu. Mais il fallait a priori trouver un endroit sûr où il serait gardé. C’est à Patrick Kahasha que cette tâche sera confiée. Ce dernier après réflexion avec son épouse appellera au tour de 23heures passées Guillaume pour confirmer sa disponibilité à recevoir le patriarche. Pendant ce temps, Guillaume appelle finalement Jean, l’ainé de la famille et son ennemi juré, à qui il affirme ses pressentiments selon lesquels, si jamais leur papa passait nuit chez sa deuxième femme, que quelque chose de fatal lui arriverait.
Jean étant convaincu par le verbe de l’avocat, il appellera Patrick le chercher à bord de sa jeep afin de rejoindre Guillaume chez lui à Mimoza et descendre à Kinsuka récupérer de force leur père. Au tour de minuit, ils se présentent devant la Villa Nella sur Makelele numéro 3 Quartier Maman Yemo communément appelé camp Munganga à Ngaliema, une propriété d’Amisa Kiza, où dormait tranquillement le patriarche et d’autres personnes. A leur arrivée avec deux jeeps, ils se mettent à klaxonner et à faire des appels des phares. Vu l’insécurité qui règne dans le coin, la sentinelle ne pouvait prendre le risque d’ouvrir la porte, déclare-t-il lors de la descente effectuée par l’Auditorat général.
Cette dernière communique au moins avec la bonne qui transmet le message aux deux belles filles d’Amisa, épouses de ses deux fils qui occupaient le haut de la villa. Ces dernières soumettent par téléphone leurs inquiétudes à leur belle sœur Mme Grace Kahasha qui se trouvait chez elle à GB selon lesquelles des inconnus étaient en train de klaxonner devant le portail. Epouse de Me Raphaël Kibuka, madame Grace Kahasha leur demanda si elles avaient pu identifier les visiteurs dont question. Négative était leur réponse. «Alors n’ouvrez pas  le portail s’ils ne se font pas identifier», instruit-elle.
Quelques temps après, ces visiteurs demandent à la sentinelle d’ouvrir, se présentant comme des enfants Kahasha. Informées, les belles filles téléphonent de nouveau Grace Kahashsa pour lui dire qu’il s’agissait des enfants Kahasha devant le portail. C’est au même moment selon la reconstitution des faits, que la sentinelle entend éclater une discussion en swahili devant le portail. Puis, un coup de feu! Il s’agit, selon les informations reçues sur place, des bandits armés qui opéraient dans le quartier et ont été alertés  par les klaxons des Kahasha. Cet événement s’est passé pendant  moins de 30 minutes. Pour les belles filles qui étaient en communication avec l’épouse de Me Raphaël Kibuka, ces coups de feu provenaient des Kahasha qui étaient, selon elles, armés.
Elles demandaient ainsi d’être secourues car il y avait péril en la demeure. Cette dernière leur demanda de déclencher l’alarme de sécurité installée par une société de gardiennage de la place. Dans les 10 minutes qui suivaient, les  agents de sécurité étaient sur place. Ainsi ils trouveront 2 jeeps PRADO et 3 personnes dont l’une gisait par terre c’est comme cela qu’interviendra le secours de Guillaume, atteint à la jambe gauche. Arrivé à la clinique Ngaliema, les médecins vont malheureusement constater son décès suite à l’hémorragie. Pendant ce temps, son chauffeur avait réussi à prendre fuite et alerté le Sous-CIAT du camp Munganga. Les éléments de la Police nationale congolaise arrivèrent  sur place pour le constat. Ce n’est qu’autour de 6 heures que le portail de la villa Nella sera ouvert, sur demande de la police qui commençait ses enquêtes.
 
Acharnement et démonétisation
Les frères et amis à Guillaume vont faire avaler à l’opinion tant kinoise que nationale dès les premières heures qui suivaient cette mort tragique la rumeur selon laquelle que c’était un guet apens orchestré par madame Amisa Kiza qui est à la base de cet assassinat, vu que l’intéressé avait des démêlés avec elle en justice et qu’aussi, c’est Grace Kahasha, sa fille aînée, et son mari, Me Raphaël Kibuka, qui étaient supposés tout organiser puisque Dame Amisa Kiza était absente de Kinshasa. L’honneur de Me Kibuka, cet avocat de carrière très respecté, son épouse et les autres Kahasha nés de Madame Amisa, est trainé depuis lors dans la boue. Or, le rapport préliminaire de la Police criminelle ne les cite même pas. Au bout de 4 mois d’enquête menée par l’Auditorat militaire supérieur, des présumés criminels ont fini par être arrêtés et sont actuellement écroués à la prison militaire de Ndolo.
En date du 24 septembre, alors qu’Amisa Kiza venait répondre à la citation directe dans l’affaire qui l’opposait à Guillaume Kahasha pour faux commis en écriture, une campagne de sape a été organisée contre elle. Des badauds et autres frères du défunt qui portaient des tricots sur lesquels il était écrit «je demeure», ont tenté de saper la dignité de cette dame en scandant «tuer n’est pas bon» alors que l’affaire qui passait ce jour-là portait sur le faux commis en écriture.
Cette même campagne a continué sur les réseaux sociaux et dans la presse, où les injures, diffamations et menaces de mort ne cessent de pleuvoir à l’endroit de madame Amisa, ses propres enfants, Me Raphaël kibuka et son épouse. Des numéros des réseaux des pays voisins sont mis à contribution dans cette campagne pour des sms d’injures et menaces de mort. Jusque-là, les hautes autorités judiciaires, civiles et militaires affichent leur impartialité et n’ont, à aucun moment, cédé au chantage, pression de détracteurs de ces présumés innocents qui subissent un lynchage tous azimuts. Sur décision de renvoi de l’Auditorat de garnison de Ngaliema, l’affaire est fixée et instruite en foraine à Ndolo.
Tout le monde s’emploie à travailler pour l’éclosion de la vérité mais curieusement dans la presse et sur les réseaux sociaux, Me Kibuka Raphael en reçoit de la part de ceux qui le considèrent comme étant le contrepoids, le bouclier, le rempart de sa belle mère, sa femme et ses autres beaux frères pour avoir, en sa qualité d’avocat, fait échouer  plusieurs procédures cavalières et illégales montées de toutes pièces par le conseil des  Kahasha du premier lit pour envoyer injustement en prison sa belle mère et sa femme pendant que l’instruction poursuivait son cours à l’auditorat général!
Un comportement qui frise l’impuissance de la partie adverse visiblement en manque d’arguments devant le prétoire. Le droit sera dit sur base des faits. Et non sur base de spéculations et chantages. Une grande honte pour une famille qui a été pourtant un modèle pour toute une communauté. Aujourd’hui, le patriarche Nicolas Kahasha est porté disparu. Certains de ses enfants, ses frères et sœurs n’ont plus aucune nouvelle de lui. Seuls ses enfants du premier lit  en savent plus et promettent même qu’à sa mort les Kahasha de Madame Amisa ne le verront pas!
 
YA KAKESA
 

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