Société

Kinshasa: la Fondation Jonathan Muyumba transforme une nuit glaciale en nuit de compassion pour les sans-abris

Ils n’ont pas d’issue de secours. Pas de toit, pas de porte à fermer le soir. Ils sont devenus, par la force des choses, les enfants et adultes de la rue. Des pères, des mères, des enfants qui ont fait du trottoir leur dortoir. Lundi 24 août, la Fondation Jonathan Muyumba est allée à leur rencontre à travers différents sites de la capitale. Une démarche qui résume à elle seule la philosophie de cette fondation: vivre pour les autres, même pour les plus vulnérables, même à l’heure où tout le monde détourne le regard. À 23 heures, la délégation a choisi de prendre le risque d’être déjà sur le terrain. Dehors, le tableau est tout autre. Sur un carton, à même le sol, ces personnes dorment sans drap, sans oreiller. *

Plus loin, un autre s’est fait un lit avec des pneus de voiture. Pas de moustiquaire. Pas de couverture et surtout que la saison sèche, avec son froid glacial, rend leur condition encore plus insoutenable. Une exposition directe à toutes les maladies, au paludisme, à la pneumonie. Le plus bouleversant reste le sort de cette mère de famille, à bout de force, qui passe ses nuits à la belle étoile avec ses enfants. Aucun d’eux n’est couvert. Leurs visages traduisent une misère qui ne ment pas. Interrogés, ces sans-abris ne cachent pas leur désarroi. «Je loge à Kingasani chez mon oncle, mais lui aussi a sa famille à charge.

Pour ne pas être un fardeau, je viens ici ramasser des mangues pour avoir au moins 1000FC. Ce n’est pas par plaisir, c’est parce que je ne suis pas financièrement stable et je n’ai pas de toit», confie un père de famille. Même détresse chez cette femme, rejetée par les siens après un drame familial. «Nous passons la nuit à la belle étoile, c’est triste pour nous. J’habitais chez mon grand-frère. Quand il est décédé, sa femme a refusé de nous garder dans la maison. C’est comme ça que je suis devenue sans-abri», explique-t-elle. La Fondation Jonathan Muyumba ne s’est pas contentée d’une présence symbolique. Elle a apporté des pull-overs, des habits chauds, des couvertures pour affronter le froid de la nuit et une enveloppe consistante pour permettre à ces familles de subvenir à leurs besoins les plus urgents.

Émus, les bénéficiaires ont remercié la Fondation Jonathan Muyumba pour ce symbole de compassion. Pour eux, ce n’était pas juste une aide. C’était, disent-ils, «une bénédiction de la nuit», un symbole de paix et une réponse immédiate à des problèmes qui les rongent au quotidien. Prenant la parole, visiblement touché par ce qu’il venait de voir, le président de la Fondation, Jonathan Muyumba, a expliqué le sens de son geste en ces termes: «à l’âge qu’ils ont, leur condition de vie ne peut que faire mal au cœur. Pour ne pas laisser ce parcours s’assombrir davantage, nous avons décidé d’accomplir notre devoir de bien-être universel pour cette nuit significative, qui soulage en réalité beaucoup de besoins». Par ce geste, la Fondation Jonathan Muyumba a prouvé que la nuit n’appartient pas seulement à ceux qui se divertissent, mais aussi à ceux qui servent. Sortir à 23 heures, affronter le froid, réconforter ces hommes, ces femmes et ces enfants qui n’ont que la rue pour lit, cette démarche restera comme un geste salvateur, un moment où, pour une fois, ils n’ont pas été oubliés.

Deborah MATEYI

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