Société

Concurrence Déloyal: la CILU en voie de fermer, le DG Ola Ora lance un SOS

Les mauvaises nouvelles viennent du Kongo Central. Le DG Ola Ora a eu la triste tâche d’ordonner l’arrêt du four à Clinker. Il a également informé à ses employés que la mesure de chômage technique partiel doit s’appliquer parce que certains ateliers doivent être fermés temporairement. Il lance un cri de détresse
La Cimenterie de Lukala -CILU- est sur le point de mettre la clé sous le paillasson. Essoufflée, cette cimenterie n’arrive plus à concurrencer le ciment angolais. Vendu presque deux fois moins cher, le ciment angolais est prisé par les RD-Congolais. Pour des raisons économiques, le choix est clair. Mais, il est quand même aberrant de constater que le coût de production reste le même entre les deux ciments. Raison pour laquelle, Ola Ora, DG de CILU, a invité les journalistes, mardi 3 mai dernier au siège même de l’usine à Lukala au Kongo Central, pour palper du doigt ce qu’il qualifie de triste réalité: tous les halls de stockage sont remplis, les sacs de ciment ne se vendent plus. Avant un point de presse organisé pour la circonstance, Ola Ora a officiellement ordonné l’arrêt du four à Clinker. Le malheur ne venant jamais seul, 92 employés sont obligés d’aller en congé technique. Si rien n’est fait de la part des autorités du pays, tous les 350 employés permanents, un grand nombre de sous-traités, prestataires et main d’œuvre journalière seront au chômage. Pour sauver cette société, le DG lance un SOS.
Les mauvaises nouvelles viennent du Kongo Central. Les emplois des agents et cadres de CILU sont menacés. La CILU a arrêté la production de son Clinker: mélange de calcaire et d’argiles broyés fins cuits à 1450°C avant de devenir ciment. Cet arrêt de production à CILU se justifie par le fait que les entrepôts sont tellement pleins qu’il n’y a plus de places pour mettre de nouveaux produits. Débordés, tous les halls de stockage sont au-delà de sa capacité d’accueil. Une tâche difficile pour le DG de CILU, Ola Ora. Il a été obligé d’informer à ses employés que la mesure de chômage technique partiel doit s’appliquer parce que certains ateliers de l’usine seront fermés. «Depuis le mois de novembre 2015 et malgré des mesures de régulation des importations introduites depuis un an, il y a une véritable explosion des importations de ciment angolais d’abord par Lufu et plus tard aussi par la frontière d’Ango Ango», a déploré Ola Ora. Et ce ciment angolais est vendu presque deux fois moins cher. La raison est simple: «ce ciment est devenu extrêmement compétitif sur le marché en RD-Congo du fait que le Kwanza angolais s’est fortement déprécié envers le dollar américain depuis 2014-2015. Cependant, au taux de change officiel, ce ciment serait invendable», a-t-il expliqué. Dépassée par cette concurrence, la CILU fonctionne en dessous de 50% de sa capacité. Présent à cette conférence de presse, l’administrateur du territoire de Mbanza-Ngungu, Jean-Oscar Botoko Yankangu, a rassuré qu’il fera le rapport aux autorités compétentes pour que la CILU ne soit pas sacrifiée et, avec elle, des emplois des RD-Congolais. Centenaire dans quelques années, la CILU a vécu et surmonté tous les hauts et bas de la RD-Congo. Seul producteur actif de ciment au pays, en attendant la mise en opération de deux nouvelles usines en construction, elle se prépare à investir davantage dans ce secteur. Menacée par la concurrence déloyale, le DG s’en remet aux autorités de la RD-Congo. «Je garde cependant l’espoir que des mesures vont être prises et effectuées pour remettre de l’ordre dans le marché du ciment. Vu la situation actuelle à la CILU, il y a urgence», a-t-il insisté. La réaction des décideurs se fait d’ores et déjà attendre.
Barick BUEMA

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