Société

Cojack Lukau, le peintre qui rêve de marquer l’histoire de la RD-Congo

Un pays sans culture est sans valeur, ni référence. Voilà pourquoi, Cojak Lukau Tenay pense que la peinture qui fait partie de la culture, demeure un véritable moyen de faire véhiculer un message. «La peinture est un langage, un moyen de communication. Un pays qui la néglige, freine son développement», a expliqué ce peintre qui évolue depuis bien d’années au village des artistes Le zoo, dans la commune de la Gombe. Pour lui, le contexte économico-politique actuel du pays ne favorise pas l’essor du travail des artistes d’une manière générale et particulièrement des peintres.

Dans ses heures perdues, Cojack se plait bien dans les débits des boissons. L’ambiance des lieux inspire l’artiste, intéressé par l’image de l’environnement, du goût et comportement de certaines personnes. En tant que peintre, Cojack vit exclusivement de la vente de ses tableaux et ce, malgré toutes les difficultés. Passionné de la peinture, le natif du Kongo central est tombé dans cet art depuis son jeune âge. Son rêve: laisser une œuvre référence, à même de l’immortaliser à l’instar de ses aînés Alfred Liyolo ou Me Lufwa.

«Marquer l’histoire de notre pays, c’est mon rêve le plus ardent. Mon souci a toujours été celui de réaliser une grande œuvre qui pourra m’immortaliser comme c’est le cas de mes aînés Alfred Liyolo et autres qui ont marqué l’histoire de la peinture RD-congolaise», a-t-il souligné, non sans affirmer son amour pour un travail bien fait. A 42 ans, il compte déjà dans son portfolio quelques grands marchés en Europe où il a vendu des tableaux hors prix. «Il m’est arrivé de vendre une œuvre à 1000 euros lors d’une exposition en Europe. Et c’est mon plus grand souvenir», a reconnu celui qui a fourbi ses armes à l’Institut des beaux-arts, il y a décroché son diplôme d’Etat.

Marié et père des trois enfants dont un garçon, il n’espère pas voir un de ses rejetons marcher sur ses traces dans la peinture. «La culture RD-congolaise ne valorise pas le domaine de la peinture comme en Europe où ce secteur est bien pris en valeur. Les œuvres de nos collègues européens sont bien vendus et permettent aux artistes de vivre de leurs œuvres. Chez nous, ici, la peinture ne représente absolument rien. Les œuvres d’art n’intéressent personne. C’est pour cette raison que nous sommes pauvres parce que les compatriotes n’achètent pas nos œuvres», a-t-il déploré en transparaissant un sourire séduisant.

Friand des mets du Kongo central, son assiette de rêve est composée du gombo et des poissons salés servis avec du «fufu blanc». De taille moyenne, ce peintre de 71 Kg n’a pas de couleur préférée. «Je n’ai pas de choix en matière des couleurs. Cela risque de m’amener à n’aimer qu’une seule catégorie de personnes. J’aime tout», a expliqué ce professionnel de la peinture en RD-Congo. Fils unique de ses parents, il aime bien sa femme et ses enfants. «J’ai un grand sentiment affectif pour ma femme et mes trois enfants. La preuve est que j’ai déjà refusé un voyage en Europe pour ne pas laisser ma famille seule à Kinshasa», a-t-il conclu tout en regrettant de n’avoir pas poursuivi ses études universitaires par manque de moyens financiers.

Loudie MUKUMBI

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