Société

Après avis favorable, ils ont prêté serment: cinq nouveaux avocats admis au Barreau près la Cour suprême de justice

«Je ne pouvais laisser passer ce moment sans vous rappeler votre engagement de ne toujours défendre que les causes que vous croyez justes en âme et conscience…», a rappelé aux avocats assermentés, le Premier président de la Cour suprême de justice, Jérôme Kitoko Kimpele
Une ambiance de famille a régné vendredi 22 avril dernier à la Cour suprême de justice lors d’une audience solennelle de prestation de serment de cinq avocats. La grande salle d’audiences Marcel Lihau a refusé du monde. Etaient à l’honneur, les avocats Nyabirungu Mwene Songa, Kangulumba Mbambi, Kaluba Dibwa, Mukendi wa Fwama et Fataki wa Luhindi. Tous, des auxiliaires de la justice qui ont une expérience professionnelle incontestable, mais surtout qui ont un savoir-faire dans le secteur judiciaire et, pour certains, dans celui de l’enseignement du droit. Ils sont désormais admis au Barreau près la Cour suprême de justice en attendant leur inscription automatique au tableau qui doit être actualisé.
Procédant à la présentation des récipiendaires, comme cela est de coutume, Me Matadi Wamba Kamba Mutu, Bâtonnier national et Bâtonnier du barreau près la Cour suprême de justice, a salué le niveau professionnel élevé des maîtres Nyabirungu Mwene Songa, Kangulumba Mbambi, Kaluba Dibwa, Mukendi wa Fwama et Fataki wa Luhindi. Il a notamment fait savoir aux cinq avocats que la cassation, leur désormais activité principale, requiert de la rigueur intellectuelle et morale. A en croire les propos de Me Matadi Wamba, il n’est pas facile de dire à un client nanti de renoncer à la cassation. «Le style même de la requête en cassation est spécial, a sa propre logique, sa propre présentation. Vous indiquerez d’abord le visa du moyen, soit le texte violé, pour, ensuite, relever, dans la décision attaquée, les motifs qui y ont conduit, et enfin vous donnerez, selon vous, les bons motifs devant conduire à la cassation que vous sollicitez», a insisté le Bâtonnier national. Chevronnés, les cinq avocats assermentés, pourquoi pas leurs autres confrères qui ont assistés à cette cérémonie, tiendront compte de cette procédure.
Défense des causes justes
Après prestation de serment par les récipiendaires, la Cour a fini par prendre acte. «Je ne pouvais laisser passer ce moment sans vous rappeler votre engagement de ne toujours défendre que les causes que vous croyez justes en âme et conscience…», a rappelé aux assermentés, le Premier président de la Cour suprême de justice, Jérôme Kitoko Kimpele. Il ne s’est pas arrêté là. Il est aussi revenu sur le sens du serment en soulignant que dans beaucoup de sociétés modernes, le serment est différemment exprimé mais conserve le même contenu. En RD-Congo, a-t-il dit, beaucoup de communautés locales ont gardé la même conception du respect de sens de la parole et du sacré. Que-ce qui est alors sacré et vis-à-vis duquel les cinq avocats se sont engagés, comme ceux qui les ont précédé au Barreau près la CSJ? La réponse est dans la formule du serment telle qu’elle ressort de l’article 14 de la Loi régissant la profession d’avocat, à savoir le respect de la Constitution; l’obéissance à la loi, l’exercice de la défense et du conseil avec dignité, conscience, indépendance et humanité; l’interdiction de dire ou publier ce qui est contraire aux lois, aux décisions judiciaires, aux bonnes mœurs, à la sécurité de l’Etat et à la paix publique; le respect dû aux magistrats et autorités publiques; l’assurance de ne conseiller ou défendre aucune cause croyez juste en âme et conscience. Les nouveaux admis au barreau près la CSJ mettront en pratique tout cela. Maîtres Nyabirungu, Kangulumba, Kaluba, Mukendi et Fataki ont désormais leurs diplômes à la CSJ, a indiqué Me Matadi Wamba en poursuivant que leurs Procès-verbaux sont considérés comme un permis professionnel pouvant leur permettre de conduire les parties devant la Cour suprême de justice dans toutes les matières dont la principale reste la cassation. D’ailleurs, un avocat déjà inscrit au Barreau près cette Cour, à travers son prochain ouvrage dont une grande affiche était placée juste à l’entrée de la salle d’audiences Marcel Lihau, compare cette cérémonie à une véritable «Onction» qui donne accès à la CSJ.
Couac
Par ailleurs, un incident n’a pas enchanté certains curieux présents dans la salle et constaté par nos reporters. Connaissant parfaitement bien que la salle d’audiences est sacrée, que personne ne pourra l’ignorer, certains techniciens du droit, dont un était en toge ce jour là, se sont permis de porter des chapeaux dans la salle sous prétexte que les membres de la composition n’ont pas encore entré dans la salle. De l’avis de nombreux, qu’il ait audience ou pas, cette salle mérite respect comme une église. Tout en ayant du pain sur la planche, les chefs d’offices, des juridictions et le bâtonnier national sont invités à rappeler le sens d’une salle d’audiences à leurs troupes pendant les causeries morales.
Patrick NZAZI

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