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RDC: Augustin Kabuya règle ses comptes avec l’Opposition

C’est un homme d’attaque qui s’est présenté devant la presse le lundi 11 mai. Au siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- à Kinshasa, Augustin Kabuya s’est montré sans gants pour «rétablir la vérité» après les dernières sorties médiatiques de plusieurs acteurs de l’Opposition. De Martin Fayulu à Olivier Kamitatu, passant par Corneille Nangaa et Delly Sesanga, le chef du parti présidentiel a ouvert son carquois pour dénoncer ce qu’il a qualifié d’hypocrisie et de tromperie.

Vendredi 8 mai, deux jours après la conférence de presse du président de la République, Martin Fayulu a affirmé être l’homme qui a «ressuscité» l’UDPS vers la fin des années 2000. «Faux!», rétorque Kabuya qui a rappelé la chronologie des événements. «En 2007, il était député provincial alors que nous, l’UDPS, avions boycotté le processus de 2006. Entre 2006 et 2007, l’UDPS était opérationnelle à tous les niveaux. C’est Albert Moleka qui a présenté Martin Fayulu à l’UDPS en novembre 2008. Il est venu vers nous pour se faire blanchir après l’épisode de l’élection du gouverneur de Kinshasa en 2008 [NDLR: Fayulu alors élu d’Opposition a été accusé d’avoir voté pour Kimbuta, candidat du PPRD]», a révélé le SG de l’UDPS.

Loin d’être un ralliement d’idéologie, l’approche de Fayulu aurait plutôt visé des intérêts politiciens. «Il n’était pas venu pour nous soutenir. Nous l’avons fabriqué», a-t-il poursuivi. Une dizaine d’années plus tard, Fayulu a fait son chemin, jusqu’à arriver deuxième aux élections de 2018, selon les résultats officiels. Mais pour Kabuya, il reste cet «acteur politique mineur» qui «a beaucoup travaillé pour la déstabilisation de l’UDPS». Le chef du parti au pouvoir estime que ce résultat de 2018 a été obtenu grâce aux soutiens de Katumbi et Bemba. «En 2018, il était une fabrication du réseau Katumbi et autres. Politiquement, il ne pouvait pas exister. Aujourd’hui, il est incapable de mobiliser même 1.000 personnes», a-t-il asséné.

Sesanga et Nangaa, les autres cibles

En clair, Kabuya a accusé Fayulu d’avoir menti au peuple en tentant de falsifier l’histoire. Une version que l’UDPS considère comme un «manque de respect», estimant que cela «crache sur la mémoire d’Etienne Tshisekedi». Autres acteurs ciblés par Kabuya: Sesanga et Nangaa. Le premier a été qualifié de «frustré». Selon le SG de l’UDPS, l’ancien député national «se voyait déjà VPM sous le régime Tshisekedi». Non aligné, il aurait ainsi décidé de travailler au détriment du pays. Enfin, Kabuya a démonté le discours de Nangaa qui a accusé le président Tshisekedi de «tribaliste».

Jouant cartes sur table, le SG de l’UDPS a regretté des propos empreints d’un manque de sérieux de la part de celui qu’il a qualifié de «garçon de course de Joseph Kabila». Tranchant, il a loué la gestion de Félix Tshisekedi, seul président de l’histoire de la RD-Congo, selon lui, à ne pas ériger le tribalisme en mode de gestion. Il en tient pour preuve les origines des animateurs des principales institutions: Assemblée nationale, Sénat, gouvernement, CS, ANR, DGM, Armée ou encore Police nationale. «Ils sont tous non-Kasaïens», a-t-il rappelé, confrontant Nangaa devant ces faits et l’invitant à faire preuve de lucidité. «Il tient un discours tribal. On ne peut pas faire de la politique ou atteindre un objectif sur la base d’un discours ethno-tribal», a-t-il conclu.

Pour l’UDPS, cette sortie marque une réponse cinglante aux polémiques de ces dernières semaines. Alors que l’Opposition a annoncé des actions prochaines contre les réformes constitutionnelles en gestation, le parti au pouvoir dit attendre de pied ferme ces activités pour y riposter. En interne, le parti semble également avoir fumé le calumet de la paix. Comme lors de la marche du 4 mai, le SGA Deo Bizibu, leader d’un groupe de frondeurs depuis plusieurs mois, s’est affiché souriant aux côtés de Kabuya lors de la Conférence de presse.

WIDAL

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