Pierre Lumbi en disgrâce?

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Pierre Lumbi, autorité morale du MSR
Pierre Lumbi, autorité morale du MSR

La fronde lancée par le parti du Conseiller spécial à la veille de la rencontre de Kingakati a pris les allures de «mort subite», à en croire certaines sources  
Si l’ancien activiste de la Société civile est aujourd’hui à la tête du deuxième parti de la Majorité et a la réputation d’un homme tenace, il n’a visiblement pas les reins solides pour faire aboutir sa contestation. A en croire certains analystes politiques, la bombe de Lumbi a explosé… peut-être pour l’emporter personnellement. Politiquement s’entend.
Si le coup de gueule de son parti, le MSR, a le mérite d’avoir provoqué la rencontre qui a débouché sur la position officielle de la Majorité présidentielle au sujet de la révision constitutionnelle, Kingakati n’est pas forcément une bonne nouvelle pour Pierre Lumbi. Certains participants ont évoqué une douche froide pour le Conseiller spécial de Kabila, remis dans ses petits souliers. D’autres rappellent l’origine du MSR, une autre œuvre de Kabila confiée à l’ancien spécial, feu Guillaume Samba Kaputo.
La nouvelle est classée confidentielle: dans les rangs, certains ténors n’hésitent pas à sortir le mot «trahison», exprimant le souhait de voir Lumbi prendre l’initiative de rendre le tablier, quitter la barque, pourquoi pas. «Sinon Kabila pourra s’en charger personnellement», envisage un autre cadre de la MP. Les mots martelés par le Président et rapportés à AfricaNews peuvent laisser présager la suite: «au combat, on aligne les combattants; on n’aligne pas les peureux».
A en croire certaines sources, la fronde lancée par le Conseiller spécial à la veille de Kingakati a pris les allures d’une «mort subite». Nanti de son aura de boss de la deuxième force de la MP et son statut de Conseiller spécial du chef de l’Etat, Lumbi avait-il besoin d’entamer les hostilités dans la presse pour solliciter un débat interne? N’oublions pas qu’en France, la contradiction avec l’ancien ministre de l’Economie Arnaud de Montebourg a conduit le Président Hollande et son premier ministre Valls à nettoyer leurs écuries sans ménagement.
Et si l’ancien activiste de la Société civile est aujourd’hui à la tête du deuxième parti de la Majorité et a la réputation d’un homme tenace, il n’a visiblement pas les reins solides pour faire aboutir sa contestation. La politique active a aussi ses désavantages. La bombe de Lumbi a explosé… peut-être pour l’emporter personnellement. Politiquement s’entend. La plupart de ses collègues chefs de partis estiment qu’il avait franchi la ligne jaune.
KISUNGU KAS

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