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RDC : Ntantu Mey dénonce l’égoïsme des politiques

Acteur de la Société civile de première heure ayant pris part active à la Conférence nationale souveraine – CSN-, le député national honoraire Jean-Marie Ntantu Mey a fait une lecture de la marche organisée le 16 février 1992 pour réclamer la réouverture de la CNS. Dans son analyse, il a fait un constat amer selon lequel les partis politiques se servent de la Société civile comme marchepied dans leurs revendications et l’oublie immédiatement lors du, partage du gâteau. «Comme c’est l’UDPS, parti phare lors de cette marche d’espoir, qui est au pouvoir aujourd’hui, nous attendons les résultats concrets sur le plan social, de la démocratie et de l’état de droit», a déclaré cet ancien conférencier de la CNS.

Pour cette marche dite d’espoir, a expliqué Jean-Marie Ntantu Mey, toutes les couches sociales étaient mobilisées. «Et que gagnent les organisations de la société civile?», n’a cessé de se demander cet acteur qui était au premier rang de la manifestation, en regrettant: «29 ans après la marche dite d’espoir, on se demande si les marcheurs doivent continuer à servir de marchepied pour les partis politiques. Parce que pendant la marche nous sommes tous ensemble. Mais au résultat, ils mettent les acteurs de la société civile de côté, et les obligent à passer par leurs partis et regroupements politiques pour avoir du travail. Trouvez-vous juste cette manière de faire? Je pense que non».

Et d’ajouter: «Il n’est pas nécessaire d’avoir une fonction politique pour bien vivre. Ce que l’on devrait faire comme aujourd’hui où nous avons l’UDPS, parti politique étendard pendant la CNS, au pouvoir, c’est organiser les choses pour que chacun vive bien là où il est, car tout le monde ne doit pas accéder à la politique pour bien vivre». Jean-Marie Ntantu Mey estime que le changement est loin de se matérialiser dans le quotidien du RD-congolais lambda. «Il n’y a eu aucun changement depuis la CNS jusqu’à ce jour. Tout le monde se revendique à l’opposition. Quand ils accèdent au pouvoir, ils font pire si pas autant que ceux qu’ils ont combattus », a fait remarquer cet acteur de la société civile.

Et de renchérir : « Les acteurs des partis politiques Mobutistes, étaient devenus des Kabilistes à l’arrivé de Laurent Désiré Kabila, Josephistes Kabilistes pendant le règne de Joseph Kabila et aujourd’hui ils sont tous des Fatshistes. Donc, tous passent d’un Chef de l’Etat à un autre. Leur préoccupation est toujours d’avoir du travail au gouvernement et dans les entreprises publiques comme si le travail est exclusivement pour les partis politiques». 

Face à ce profond regret, ce député national honoraire devenu ministre des Transports et Voies de communications, au nom de la Société civile, sous le régime de M’Zee Kabila, a lancé un véritable message au Président de la République. «Le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi dont le parti est l’émanation d’une longue lutte de l’Opposition depuis les 37 ans, est appelé à répondre à toutes les revendications dont l’UDPS a été parmi les moteurs lors de la marche du 16 février 1992».

Dans son argumentation, Ntantu Mey a indiqué que le moment n’est plus celui des réclamations mais de produire des résultats de cette long combat. «Ce n’est plus le moment des revendications. Nous attendons le résultat du social, de la démocratie et de l’état de droit dans les actes car un des plus vieux partis qui a créé l’Union sacrée de l’opposition, vient encore de créer l’Union sacrée de la nation», a-t-il martelé.

Dorian KISIMBA 

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