Politique

Ne jamais trahir le Congo dixit M’ZEE LD Kabila :Révérend Ekofo invite les RD-Congolais à la prise de conscience

A l’occasion du culte commémorant le 15ème anniversaire de l’assassinat du feu Président RD-congolais Laurent Désiré Kabila, le 16 janvier 2015, le Révérend docteur François-David Ekofo Bonyeku de l’ECC a fait, au Mausolée du héros national, une réflexion sur la célèbre pensée de M’Zee: «Ne jamais trahir le Congo». Avec un style clair, concis, profond et sans complaisance, le serviteur de Dieu estime que «cet héritage de M’Zee devrait traverser des générations et des générations de RD-Congolais». Dans cette optique, il explique le sens de cette phrase en puisant des exemples dans le vécu quotidien des RD-Congolais: «C’est trahir le Congo quand on fait rater au pays de bons contrats parce que ceux qui veulent signer avec vous ne vous ont pas donné une enveloppe à part…C’est trahir le Congo quand on ne veut pas payer la douane alors qu’on a les moyens de le faire et on fait brandir ses titres et ses relations…». Et le pasteur boucle sa réflexion par une question: «Pourquoi nous faisons tout ceci?»
Ne jamais trahir le Congo
De tout l’héritage que M’Zee Laurent Désiré Kabila nous a laissé, cette phrase, mieux ce slogan devrait traverser des générations et des générations de Congolais: «Ne jamais trahir le Congo». Si lui-même avait trahi le Congo, il serait peut être encore en vie. Mis son amour pour son pays était tellement fort qu’il a préféré mourir que de le trahir. Cela doit être dit et redit à nous-mêmes, à nos enfants et à ceux qui viendront après nous: «Ne jamais trahir le Congo».
Ne pas trahir son pays, c’est l’aimer, s’oublier soi-même pour le bien de son pays. C’est justement là où l’histoire va nous juger.
Comment expliquer qu’un pays comme le nôtre qui a de nombreux cours de Km2 de terres arables, nous puissions dépenser le peu de devises que nous avons pour importer le riz, le maïs, etc.
Comment expliquer qu’un pays comme le nôtre qui a de nombreux cours d’eaux: fleuve, rivières, lacs remplis de poissons nous puissions importer le «mpiodi».
Comment expliquer qu’un pays qui a autant de Km2 de terres non occupées, nous puissions manquer d’endroit et d’espace pour élever les bêtes et que nous continuons à importer le bœuf, le poulet etc. dont nous disposons de terres pour les élever nous-mêmes.
Quand les Occidentaux viennent en voyage chez nous, ils viennent avec de petits sacs à dos. Ils achètent juste un petit souvenir pour amener chez eux. Mais nous, quand nous allons chez eux, nous y allons pour acheter, mieux pour dévaliser leurs magasins et acheter des choses qui sont souvent chez nous-mêmes: les habits, les chaussures, etc. Les quittent notre pays pour aller enrichir encore ceux qui sont plus riches que nous. Or quand nous achetons chez nous, cet argent va payer un citoyen congolais et toute une famille congolaise vivra de cet argent. L’argent qu’on dépense ailleurs ne fera jamais vivre une famille congolaise. C’est devenue une maladie chez nous; on aime penser à soi-même, pas au bien commun. Quand on a une quelconque fonction de responsabilité, au lieu d’enrichir l’Etat, on s’enrichit soi-même au détriment de l’Etat. A la fin on va demander à l’Etat de faire quelque chose, de trouver la solution aux problèmes que nous avons créés nous-mêmes. L’Etat aura suffisamment de moyen quand nous apprendrons à ne pas profiter nous-mêmes mais à faire profiter à l’Etat qui va penser à tout le monde, y compris nous-mêmes. C’est trahir le Congo quand on accepte de prendre des pots-de-vin et laisser entrer dans le territoire national des marchandises avariées. C’est trahir le Congo quand on fait rater au pays des bons contrats parce que ceux qui veulent signer avec vous ne vous ont pas donné une enveloppe à part. C’est trahir le Congo quand on ne veut pas payer la douane alors qu’on a les moyens de le faire et on fait brandir ses titres et ses relations. On doit être fier d’apporter de l’argent dans la caisse de l’Etat. C’est trahir le Congo que de ne pas bien gérer l’argent public et le confondre avec votre argent privé. C’est trahir le Congo quand on donne un travail que peut bien faire un Congolais à un expatrié.
C’est trahir le Congo quand on surévalue un projet pour profiter et récupérer le surplus. Ma question est de savoir pourquoi nous faisons tout ceci? Pourquoi nous le faisons? Nous avons été éduqué à ne pas aimer notre pays. J’ai vécu aux USA, ils parlent du bien de leur pays. J’ai vécu en France; on dit d’ailleurs que les Français sont chauvins; ils parlent toujours du bien de leur pays. Nous, non. On a un langage négativiste sur notre pays: on doit le vendre, ça ne va pas changer, etc. tout cela c’est le résultat de l’éducation que nous avons reçue depuis l’époque coloniale et qui n’a pas changé. Ceux de ma génération se rappellent qu’on nous a appris que nos ancêtres étaient des Gaulois. C’est pourquoi quand on va aux pays de nos ancêtres, «les Gaulois», on s’y sent à l’aise. Nous étions fiers de connaitre les histoires de France, Belgique, Angleterre, etc. que de connaitre notre propre histoire. Le temps qu’on a passé en Occident m’a permis de voir comment ils ignorent l’histoire des autres et comment ils maîtrisent leurs propres histoires.
Nous devons changer notre système éducatif. Nous devons apprendre à nous-mêmes d’abord et à nos enfants à aimer notre pays. Nous devons connaitre tout d’abord l’histoire de notre propre pays avant de penser à connaitre celle des autres. Nous devons apprendre à aimer notre propre pays, car l’amour s’apprend aussi.
Nous devons apprendre à aimer notre pays et le voisin qui le partage avec nous. Quand vous avez un problème, c’est le voisin qui sera le premier à vous secourir; ce n’est pas votre frère ou votre sœur si celui-ci ou celle-ci habite à 10 Km de chez vous. Le voisin n’est pas nécessairement quelqu’un qui appartient à votre groupe ethnique. Nous devons ainsi bannir le tribalisme, le régionalisme, etc. cela fait partie de l’amour de notre pays: aimer les citoyens de notre pays, quelque soit leur appartenance tribale. Le Congolais doit se sentir au Congo à l’aise et en sécurité dans son pays.
Si nous arrivons à faire tout cela, nous ne trahiront plus notre pays et M’Zee Laurent Désiré Kabila ne se retournera plus dans sa tombe mais dormira calmement et la terre de nos ancêtres lui sera alors douce et légère.
Que Dieu bénisse la République démocratique du Congo
Réflexion faite par
Rév. Dr François-David Ekofo Bonyeku
Et prononcée au Mausolée
M’Zee Laurent Désiré Kabila
Le samedi 16 janvier 2016
 

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