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LUCHA décrète la désobéissance civile

Apres l’interdiction de leur manifestation du mercredi 26 octobre 2016 au siège de l’Union africaine -UA- à Kinshasa, la Lutte pour le changement -LUCHA- a, au cours d’une conférence de presse, réaffirmé sa ferme position contre l’Accord issu du dialogue politique national inclusif. Elle a également protesté contre «les méthodes répressives utilisées par le régime au pouvoir contre les personnes qui s’opposent à cet accord», a rapporté le mouvement citoyen dont les militants affirment leur détermination de poursuivre les manifestations et ne pas respecter les mesures d’interdiction.
Au cours d’une conférence de presse organisée à Kinshasa, après l’interdiction de sa manifestation, la Lutte pour le changement -LUCHA- a annoncé le report du sit-in prévu au siège de l’UA après concertations avec les autres organisations de la Société civile. «Toutefois, la LUCHA n’a pas obtempéré la mesure illégale prise par l’Hôtel de ville de Kinshasa. C’est par pure courtoisie que nous avons décidé de décaler notre manifestation. La mesure vantée par le gouverneur n’est ni plus ni moins qu’un abus de pouvoir attentatoire aux Droits fondamentaux et libertés garantis aux citoyens par la Constitution. Le gouverneur ne doit pas se servir du martyr de nos compatriotes -19 et 20 septembre dernier- pour restreindre l’exercice des libertés publiques», a souligné Gloria Senga, militante. Et d’ajouter: «la LUCHA se délie, dans les prochains jours, de toute obligation née des actes illégaux car, conformément à la Constitution et aux principes généraux du droit, nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal. Nous allons donc poursuivre nos manifestations en se contentant d’informer l’autorité; et nous ne plierons plus à des mesures d’interdiction assises sur une quelconque décision d’un conseil des ministres provinciaux». La LUCHA a donc décrété la désobéissance pacifique.
Par rapport au Sommet de la SADC qui a eu lieu en Angola, la LUCHA a rappelé les termes de son mémorandum adressée à la présidente de la Commission de l’UA. «Nous rappelons aux Chefs d’Etat de la sous-région que cet Accord est aux antipodes de la Résolution 2277, dont il tire sa raison d’être, car violant notre Constitution et bafouant délibérément les droits de notre peuple à l’auto-détermination. C’est une violation flagrante des dispositions de l’acte constitutif de l’UA et de la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples qui consacrent la démocratie et le droit des peuples à l’auto-détermination», s’est-elle exprimé tout en condamnant la complicité de l’Union africaine aux malheurs de la RD-Congo. Et de déclarer: «le peuple n’accordera aucune valeur à ce scandaleux accord et que les signataires seront seuls liés et ils devront assumer l’entière responsabilité du chaos qu’ils cherchent à tout prix créer». En outre, la LUCHA a protesté «contre les méthodes de répression adoptées depuis peu par le régime au pouvoir contre tous ceux qui s’expriment contre l’Accord politique issu du dialogue de la Cité de l’UA». Elle exige la libération de ses 16 militants détenus à Goma, entre autres Rebecca Kavugho, Juvin Kombi, Glody Thambwe, Faustin Dunia, Jacques Muhindo, Guillaume Muyisa, Simon Mukenge, Antipas Katembo, Espoir Ngalukiye.
Mymye MANDA

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