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La LICOPADEL flaire un embrasement après le 19 décembre 2016

«La LICOPADEL constate que l’avenir de la RD-Congo est fort sombre. Le chaos, aux dires de beaucoup, est devant la maison commune aux RD-Congolaises et RD-Congolais», souligne l’analyse de cette structure de la Société civile
Si certains estiment que l’Accord signé le 18 octobre 2016 entre les parties prenantes au dialogue politique national dit inclusif de la Cité de l’Union africaine -UA- est gage d’une sortie de crise en RD-Congo, des voix s’élèvent pourtant à l’intérieur comme à l’extérieur pour rappeler qu’il y a toujours péril en la demeure. Ce dernier point de vue est partagé par la Ligue congolaise pour la paix, les droits de l’Homme et les élections -LICOPADEL-, ONG œuvrant entre autres dans la promotion de la culture démocratique. Réunis le lundi 24 octobre dernier au Couvent des sœurs de Saint Augustin de la Croix sur les hauteurs de Mont-Ngafula, le comité exécutif national de cette structure présidée par maitre Patrick Pindu-di-Lusanga, après analyse de la situation politique, déclare que la RD-Congo présente des signaux du chaos après le 19 décembre 2016.
Pendant les signataires de l’Accord politique du Camp Tshatshi apprêtent vestes, robes ou jupes, limousines et champagne en prévision de la prise de leurs nouvelles fonctions au sein du gouvernement de transition et du Comité de suivi du dialogue, fait remarquer la LICOPADEL, il y a, de l’autre côté, la levée de boucliers tant au niveau de l’Opposition et des organisations de la Société civile aussi bien du pays que de la Communauté internationale. «Le chaos pressenti par les Nations unies dans leur rapport du mois de mai 2016 semble se profiler à l’horizon avec la multiplication des signaux négatifs», affirme cette ONG qui a relevé plus ou moins sept signaux négatifs. Le premier: le manque d’inclusivité du dialogue dû particulièrement à son boycott par les forces politiques et sociales qui pèsent le plus au sein de l’opinion nationale, notamment le Rassemblement. «Cette tare ne cessera d’accompagner ceux qui ont choisi le passage en force pour le glissement du calendrier électoral jusqu’en avril 2018, et pourquoi pas au-delà, dans l’incertitude la plus totale du lendemain», tape-t-on.
Deuxième signal, selon la LICOPADEL, le rejet des conclusions du dialogue par les masses populaires, manifesté à travers leur adhésion à la journée ville morte décrétée le mercredi 19 octobre 2016 par le Rassemblent des forces politiques et sociales acquises au changement. «La paralysie totale des activités à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays était suffisamment éloquente pour exprimer la rupture totale entre le peuple et les signataires de l’Accord politique de la Cité de l’Union africaine», appuient les auteurs de l’analyse pour qui le préavis adressé au Chef de l’Etat par le Rassemblement lui signalant que son-mandat expire le 19 décembre 2016 a reçu un total soutien de Kinshasa et de la RD-Congo profonde.
A en croire cette ONG, le troisième signal négatif est venu de l’Union européenne -UE. Cette dernière menace de sanctionner des hommes au pouvoir à Kinshasa, entre autres, par l’interdiction de séjour dans les 28 Etats d’Europe, hypothèse de poursuites judiciaires devant la Cour pénale internationale -CPI- et la suspension de la coopération structurelle avec la RD-Congo. «Quand on considère que les 28 comptent parmi les plus gros bailleurs de la RD-Congo dans ses projets de développement, chacun peut imaginer l’étendue de dégâts économiques, financiers, politiques et diplomatiques en cas de rupture effective, comme c’était déjà le cas entre 1990 et 1997, sous le Zaïre de Mobutu. L’Union européenne a indiqué comme ligne rouge à ne pas franchir l’année 2017 pour la tenue de l’élection présidentielle», martèle la LICOPADEL.
Autres signaux: l’envoi par la Procureure de la CPI, du 16 au 20 octobre 2016, d’une équipe chargée d’enquêter non seulement sur les violences des 19 et 20 septembre à Kinshasa, mais aussi sur les atteintes futures aux Droits de l’homme en RD-Congo dans le cadre du processus électoral. Selon la CPI, leurs auteurs présumés et commanditaires pourraient être poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. En plus, il y a le rejet de l’Accord du Camp Tshatshi par des personnalités proches de la Majorité présidentielle -MP- dont Adolphe Muzito du Parti lumumbiste unifié -PALU. La LICOPADEL soutient que Muzito a fait une révélation de taille: la majorité de participants l’ont signé sans avoir au préalable pris connaissance de son contenu. Mais également, la CENCO qui exige un large consensus autour d’une éventuelle transition et la tenue de la présidentielle en 2017 au plus tard.
«Quant à l’Accord politique, force est de constater qu’il a fermé toutes les voies pouvant mener vers des élections crédibles, transparentes, apaisées et à organiser, dans les délais constitutionnels. Le flou est total quant à la durée réelle de la période de transition, à la date précise de la tenue couplée des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, à l’engagement du Chef de l’Etat de ne pas briguer un troisième mandat. Plus grave, l’alinéa 4 de l’article 12 de l’accord fait état de la probabilité de changement de système électoral afin de réduire les coûts des élections», souligne le comité exécutif de la LICOPADEL. Et de poursuivre: «les observateurs voient dans cette incise l’intention de la Majorité au pouvoir d’initier un référendum constitutionnel et de supprimer le suffrage universel direct pour certains scrutins, dont la présidentielle. Dans pareille perspective, la voie serait ouverte à un nouvel ordre institutionnel en RD-Congo, ce qui devrait conduire à effacer le tableau pour un mandat comme celui du Chef de l’Etat, pourtant hermétiquement verrouillé par le législateur tant en ce qui concerne la durée et que le nombre».
Hugo Robert MABIALA

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