Politique

Le gouvernement s’attaque aux inégalités salariales

Le VPM Mukoko et le ministre délégué aux Finances, au sortir d'une réunion à la Primature
Le VPM Mukoko et le ministre délégué aux Finances, au sortir d’une réunion à la Primature
Des primes colossales dépassant dix fois le salaire de base, des inégalités criantes entre les fonctionnaires et agents de l’Administration publique… la précieuse réforme visant à créer l’équilibre entre les primes pérennantes et le salaire de base amorcée depuis la paie d’octobre 2014 par l’Exécutif 
Annoncé officiellement depuis février 2014 dans un courrier adressé au Premier ministre, chef du gouvernement par le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Daniel Mukoko Samba, l’ambitieux projet de rationalisation des rémunérations prend corps avec la paie du mois d’octobre. Si les uns -policiers, militaires, enseignants du SECOPE, professionnels de la santé en province, administratifs du ministère de l’Intérieur et de la Fonction publique- ont constaté une augmentation de leur paie de l’ordre de CDF 10.000 à CDF 17.000, les autres, par contre, ont vu une partie de leurs primes transférée vers leur salaire de base.
Objectif poursuivi: doter le pays d’une politique salariale cohérente, moins empreinte à des inégalités criantes et des remous sociaux. Alerté par un article posté sur le site web de la Vice-primature en charge du Budget, AfricaNews est allé non seulement à la rencontre des services spécialisés de ce ministère, mais aussi au contact des bénéficiaires de cette réforme. 
La programmation contenue dans politique salariale de l’exercice 2014 telle que reprise dans la Loi des Finances de la même année prévoyait deux actions majeures, à savoir: la poursuite de la bancarisation de la paie des fonctionnaires et agents de l’Etat, et la rationalisation des rémunérations. La première, la bancarisation, amorcée depuis 2011 par le Premier ministre de l’époque, le PALU Adolphe Muzito, et dont les objectifs ont été redéfinis et renforcés par le gouvernement Matata, a été non seulement accueillie à bras ouverts par tous les bénéficiaires, mais elle a surtout produit des résultats spectaculaires, qui ne souffrent d’aucune contestation ce jour. Même le petit retard enregistré lors de la paie d’octobre par les banques n’a pu ébranler ce climat de confiance désormais instauré entre les fonctionnaires et le gouvernement de la République.
Dans la même logique, l’Exécutif, à travers la Vice-primature en charge du Budget, s’atèle déjà à la matérialisation du projet de Rationalisation des rémunérations. Matata et Mukoko y tiennent mordicus! C’est l’une des missions leur assignées par le Chef de l’Etat, qui œuvre pour le bien-être de toute la population RD-congolaise.
Nécessité d’un soutien tous azimuts!
Cette opération, déjà effective pour certains fonctionnaires lors de la paie d’octobre et qui va s’étendre, vise à créer l’équilibre entre les primes pérennantes et le salaire de base. Dans certains cas, les écarts entre le salaire et les primes sont énormes, alors que la Loi N°81/003 du 17 juillet 1981 portant statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat exige que les primes ne dépassent pas les deux tiers du salaire.
Le gouvernement veut préserver les intérêts des fonctionnaires et agents de l’Etat en diminuant leurs primes au profit des salaires. Ceci leur permettra, une fois à la retraite, de percevoir un revenu aisé, car ayant beaucoup cotisé. D’où l’intérêt de l’Exécutif, sous la houlette du Président de la République, Joseph Kabila, de faire un réajustement qui consiste à fixer un barème unique consolidé pour toute l’Administration publique. Finalité: rendre justice, réduire progressivement les disparités révélées grâce à la paie par voie bancaire.
Ainsi, les augmentations observées à la paie d’octobre n’ont concerné tout dans un premier temps que les agents et fonctionnaires ne bénéficiant pas de prime ou dont la prime ne dépasse pas CDF 20.000. Au moins 450.000 agents et fonctionnaires ont été concernés par cette opération. Cela a valu au gouvernement une augmentation de CDF 12 milliards sur l’enveloppe salariale habituelle. De quoi répondre tant soit peu aux revendications sociales souvent soumises à l’Etat par ces agents. Pour les autres catégories, il s’agit de transférer une quotité de leurs primes vers leurs salaires de base.
Abordés par AfricaNews devant les guichets des banques, les bénéficiaires reconnaissent à l’unanimité les efforts du gouvernement, même s’ils demandent encore plus. «Je suis très contente de constater une hausse d’environ CDF 17.000 sur mon salaire. C’est déjà un bon début, mais le gouvernement doit faire plus», déclare une enseignante devant le guichet d’Ecobank.
Le message est le même pour les militaires et policiers. Ceux qui sont concernés par des corrections disent ne pas très ressentir cela. C’est normal, on est encore au début de la réforme. «Le gouvernement ne va pas opérer une révolution. Il s’agit d’une réforme. Elle s’étale sur une période bien déterminée», a expliqué un Conseiller à la Vice-primature en charge du Budget. Ce type des réformes nécessite un soutien tous azimuts de la société toute entière, comme ce fut le cas avec la bancarisation de la paie, portée par le peuple dans son ensemble. Le chemin à parcourir est long certes, mais le gouvernement se donne au moins 5 ans pour des résultats solides.

Henry Mbuyi

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