Politique

Le gouvernement dit comment il a arraché le certificat de décès du M23…

Lambert Mende, ministre de a communication et des Médias
Lambert Mende, ministre de a communication et des Médias
«On ne pouvait pas faire comme si on était en face de deux entités jouissant d’un même statut juridique. Nous avions d’un côté l’Etat RD-congolais et, de l’autre, une force négative militairement défaite et donc nous ne pouvions pas accepter de signer un accord. Nous avons été entendus et compris sur ce point», a déclaré le ministre des Affaires étrangères peu après la cérémonie de Nairobi
Deux déclarations et un communiqué final ont été signés, le 12 décembre 2013 au Palais présidentiel de Nairobi, sanctionnant la fin des pourparlers de Kampala. Le ministre des Affaires étrangères, Coopération internationale et Francophonie de la RD-Congo a signé la déclaration du gouvernement et Bertrand Bisimwa a apposé sa signature sur la déclaration du M23. C’était en présence du Président Joseph Kabila de la RD-Congo et de son homologue kenyan, Uhuru Kenyatta.
Les deux déclarations ont été coulées dans un communiqué final signé par Yoheri Museveni, Président en exercice de la CIRGL et Joyce Banda, Présidente en exercice de la SADC. Raymond Tshibanda qui a signé la déclaration et conduit la délégation RD-congolaise à ces pourparlers pendant une année à Kampala a précisé à la presse: «D’abord, je voudrais commencer par faire remarquer que le gouvernement de la RD-Congo tenait à ce que le processus de Kampala soit mené à son terme.
Hier, nous avons assisté à la conclusion des Pourparlers de Kampala. Comme nous l’avons dit à l’Assemblée nationale, il était important que cela se fasse non seulement par respect des obligations que nous avons contractées vis-à-vis de la Communauté internationale et de notre peuple, mais aussi parce qu’il est nécessaire que dans les circonstances comme celles-ci, qu’on établisse le certificat de décès du M23 comme cela a été le cas hier et donc ce mouvement est officiellement déclaré mort». Interview.
Pourquoi une déclaration au lieu d’un accord?
Je l’avais aussi expliqué, on ne pouvait pas faire comme si on était en face de deux entités jouissant d’un même statut juridique. Nous avions d’un côté l’Etat RD-congolais et, de l’autre, une force négative militairement défaite et donc nous ne pouvions pas accepter de signer un accord. Nous avons été entendus et compris sur ce point. Hier, nous avons procédé à la signature séparée deux déclarations.
Le M23 a signé une déclaration qui reconfirme sa renonciation à la rébellion et qui dit que ses troupes sont à la disposition du processus de cantonnement, du désarmement, démobilisation et de réinsertion sociale -DDR. La déclaration signée par le gouvernement de la RD-Congo, à travers son ministre des Affaires étrangères, indique ce que l’Exécutif central entend faire pour faciliter le processus de cantonnement, désarmement, démobilisation et de réinsertion sociale des ex- combattants, des ex-M23 pour constater et mettre fin à l’existence de la rébellion mais aussi pour consolider la paix à l’Est de notre pays.
Le troisième document est le communiqué final signé conjointement par le Président ougandais, Yoheri Museveni, président en exercice de la CIRGL et par Madame Joyce Banda, présidente du Malawi et présidente en exercice de la SADC. Ils constatent que les pourparlers commencés en décembre 2012 viennent de se terminer et que leurs conclusions se trouvent consignées dans les déclarations signées d’une part par le M23 et d’autre part par le gouvernement de la RD-Congo.
Je voudrais faire remarquer que le gouvernement de la RD-Congo a eu gain de cause sur toute la ligne. Sur le fond, nous avons mis fin à la rébellion et avons obtenu que les ex-éléments armés du M23 ne soient pas réintégrés dans les FARDC. Nous avons aussi obtenu le principe de poursuites judiciaires contre ceux qui se auraient commis des crimes de guerre, des crimes de génocide et des crimes contre l’humanité, en cela compris les violences sexuelles et le recrutement des enfants soldats et nous avons surtout réussi à faire en sorte qu’il s’agisse d’une déclaration et non pas d’un accord.
Pourquoi avoir signé les déclarations à Nairobi et non pas à Kampala?
Le fruit ne tombe de l’arbre que lorsqu’il est mur. Si la signature n’avait pas eu lieu à Kampala, c’est que les choses n’étaient pas encore au point. Le 11 novembre dernier à  Kampala, au niveau de la consistance, tout avait été convenu mais en dernières minutes, comme j’ai eu à l’expliquer à l’Assemblée nationale, il y’a eu une divergence de vue entre la délégation du gouvernement d’une part et le M23 et la facilitation d’autre part.
Notre position était, je le rappelle, qu’il n’était pas question de signer un accord, ni un document conjoint avec le M23, encore moins un document qui s’appellerait Accord. En ce moment, nous avions estimé que puisque cette question essentielle soulevée par la RD-Congo n’était pas réglée, il était hors de propos de signer quoi que ce soit. Les quelques semaines qui se sont écoulées nous ont permis de convaincre les uns et les autres de la pertinence de la position de notre gouvernement, c’est ainsi que la signature a eu lieu hier sous la forme voulue par la RD-Congo.
Êtes-vous satisfait de ce succès diplomatique?
Je suis content que l’action menée par le Chef de l’Etat sur trois fronts à savoir, les fronts diplomatique, militaire et politique, nous ait conduit à la victoire que nous avons enregistrée aujourd’hui. Une victoire sur le plan militaire avec la défaite du M23 par nos forces armées. Une autre victoire, c’est la conclusion du processus politique engagée à Kampala par la signature de deux déclarations et d’un communiqué final et bien entendu les résultats positifs sur le plan diplomatique avec la mobilisation de l’ensemble de la Communauté internationale en appui à la cause de la RD-Congo contrairement aux expériences passées. C’est la sagesse, c’est la vision du Chef de l’Etat qui a permis ce succès qui est aujourd’hui au rendez-vous.
Tino MABADA

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