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La Cour d’appel s’en tient à la décision de la CSJ bloquant les liquidateurs de LAC-Sarl

L’étau se resserre autour des liquidateurs politiques de la première compagnie aérienne nationale -LAC-Sarl. La Cour d’appel de Kinshasa/Gombe a décidé, au cours de sa séance du 29 juin 2016, la surséance de l’examen de l’affaire opposant l’employeur de LAC-Sarl aux travailleurs de cette entreprise réunis au sein du Collectif «Défense des droits des Agents et Cadres de Lignes aériennes congolaises», «DAC-ONG». La Cour d’appel attend le jugement de la Cour suprême de justice avant de pouvoir aller dans le fond de ce dossier.
Au cours de l’audience du 1er juillet 2016, la Cour suprême de justice siégeant comme Cour de cassation, a pris cette cause en délibéré après avoir donné acte de renvoi de juridiction sollicité par les travailleurs de LAC-Sarl avec le concours de leur avocat conseil le bâtonnier national honoraire Mbu Ne Letang. Le jugement de cette haute instance judiciaire est attendu début août 2016.La conséquence immédiate qui en découle est la mise sous l’éteignoir du jugement par défaut rendu de la 2èmechambre de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe et attaqué en opposition par les Agents et Cadres de Lignes aériennes congolaises, brandi curieusement par les liquidateurs pour justifier les avis au public lancés tous azimuts pour vendre les biens du patrimoine de LAC-Sarl. La présence des avocats de l’employeur de cette entreprise aux audiences tant de la Cour d’appel de la Gombe que de la Cour suprême de justice implique ipso facto leur acceptation des décisions de ces instances judiciaires. D’où la persistance du jugement avant dire droit du Tribunal de commerce de Kinshasa/Gombe interdisant au comité de liquidation mis en place en violation de la loi, de poser des actes de disposition des biens du patrimoine de LAC-Sarl.
Les pionniers de l’indépendance doivent se retourner plusieurs fois dans leur tombe
Au moment où l’opinion ressasse les événements de l’accession du pays à l’indépendance, un back cross s’avère indiqué pour rappeler les péripéties de la création de la première compagnie aérienne nationale. Juillet 1960. Des mutineries éclatent un peu partout. Le président Joseph Kasa-Vubu et son premier ministre Patrice Emery Lumumba préoccupés par cette mauvaise tournure des événements, prennent la résolution de se rendre sur le terrain auprès des mutins, notamment à Kananga. Le DC-4 de la Sabena qui les transporte, n’atteindra jamais sa destination, le personnel navigant technique ayant reçu instruction formelle des autorités belges de ramener cet aéronef à son point de départ à Kinshasa deux heures après. A l’aéroport de N’Djili, les plus hautes autorités de la nouvelle République, nullement attendues par les officiels qui ont déjà rebroussé chemin, subissent une profonde humiliation avec les quolibets des Belges en furie, prêts à quitter Léopoldville en catastrophe par un vol long-courrier de la Sabena à destination de leur mère patrie.Faisant bon cœur contre mauvaise fortune devant ces actes de lèse-majesté, Kasa-Vubu et Lumumba gardent leur calme et regagnent leurs bureaux où ils prennent la décision historique de doter le pays d’une compagnie aérienne nationale. Des études sérieuses sont menées à cet effet et aboutissent à la signature du décret-loi portant création d’Air Congo. C’est cette compagnie créée pour donner à la jeune nation ses instruments de souveraineté que, par un simple procès-verbal d’une assemblée, quelques personnes veulent enfouir dans la poubelle des oubliettes de l’histoire. Les pionniers de l’indépendance doivent se retourner plusieurs fois dans leurs tombes au vu d’un tel gâchis.
Rachat de tout le patrimoine matériel et immatériel par Air Congo auprès de Sabena Afrique
Sous l’impulsion du président Joseph Mobutu Sese Seko dont la vision de grandeur et d’affranchissement du pays du joug colonial n’est point à redire, les dirigeants d’Air Congo rachètent tout fin 1965 auprès de Sabena Afrique. Les avions – plus d’une vingtaine – les infrastructures – hangars, bâtiments- les équipements, matériels et outillages sont tous rachetés cash par les jeunes gestionnaires congolais conduits par le Dg Aubert Mukendi. Les Congolais paient toutes leurs dettes et récupèrent même de nombreux pilotes expatriés qui acceptent de signer de nouveaux contrats. Ce qui permet de maintenir à flots Air Congo que d’aucuns s’évertuaient à clouer définitivement au sol.Sous la deuxième République, Air Congo, puis Air Zaïre écrit ses plus belles lettres de noblesse. Pionnière de l’aviation civile en Afrique subsaharienne, la compagnie aérienne nationale aligne une flotte impressionnante et se projette dans le peloton de tête avec les Caravelle, Boeing 737, Boeing 747, Boeing 767, DC-8-33, DC-8-F63, Fokker-27, DC-10-30… qui quadrillent tout le pays et toute l’Afrique. L’opinion sait de quelle manière les dirigeants de ce pays vont s’investir pendant plusieurs décennies, par des injonctions irrationnelles et des interférences intempestives, à mettre le «Léopard volant» à genoux. C’est ce transporteur aérien national dépouillé de toute son âme que d’aucuns voudraient reproduire maladroitement avec un certificat de transporteur aérien plus que douteux car acquis dans le non-respect des normes drastiques requises en la matière. Suivez mon regard.
La maquette d’un avion de LAC sur la table de travail de Mzee Laurent Désiré Kabila
Mzee Laurent Désiré Kabila s’en est rendu compte au crépuscule de sa vie. Suite au lobbying de certains cadres de la compagnie aérienne nationale appuyés en cela par des patriotes de la trempe du ministre des Transports et Communications de l’époque, Henri MovaSakanyi, le plan visant à rayer les Lignes aériennes congolaises a été de justesse étouffé dans l’œuf. Instruction a été donnée par la plus haute autorité du pays de récupérer les 20 millions de dollars Us placés dans Hewa Bora Airways pour renflouer le capital de LAC. Le jour de son lâche assassinat, Mzee Kabila laissera un message important à la postérité. Jusqu’à ce jour, tous les visiteurs du palais de marbre découvrent sur la table de travail du défunt président la maquette d’un avion peint aux couleurs et logo de Lignes aériennes congolaises. Quel sort ceux qui se réclament de son héritage, ont-ils réservé à cette compagnie portée sur les fonts baptismaux par les pionniers de l’indépendance et à la cagnotte ci-évoquée ?Les ministres qui ont effectué une descente dans les installations aéroportuaires de la première compagnie aérienne nationale, ont été édifiés par la capacité installée ainsi que le potentiel multisectoriel. Une véritable usine. Voilà pourquoi les Lambert Mende Omalanga, Remy Henri Guseyo, Laure MarieKawanda, Martin Kabuelulu, Louis Alphonse Koyagialo… n’ont pas marchandé leurs peines pour booster LAC.
Congo Airways et ATS se disputent le hangar technique
Au moment où des prédateurs attendent en embuscade pour débarrasser la compagnie aérienne nationale de toute sa substance et la dépecer complètement, les nouvelles en provenance de l’aéroport international de N’Djili font état d’une dispute entre Congo Airways et le handler ATS de l’espace occupé par les engins d’assistance au sol au hangar technique. Voulant faire déguerpir ATS des lieux, les dirigeants du nouveau transporteur aérien auraient été renvoyés à leurs études et priés de régler la question avec LAC-Sarl, propriétaire desdites installations techniques. L’on croit savoir qu’un contrat serait en gestation aux Lignes aériennes congolaises confiant cet abri pour avion à Congo Airways qui en a grandement besoin. La démarche serait davantage facilitée par la double casquette du fils-maison. Fait curieux tout de même : ici on liquide, là-bas on signe des contrats de location -hum!Pendant ce temps, différents souscripteurs qui ont été sourds aux décisions prises par les instances judiciaires, commencent à recouvrer leurs esprits et à revenir sur terre. Impatients, certains réclameraient déjà le remboursement de l’acompte de 5% versé pour confirmer leurs prétentions. A divers niveaux, les «flics» assermentés du pays sont aux aguets et suivent à la loupe les balbutiements des liquidateurs.
Tino MABADA

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