
Pour sa rentrée politique, Merdi Mazengo, président de la section Camp Luka du parti Envol, libéré le 4 novembre dernier après 11 mois de détention à Makala, a dû faire face aux gaz lacrymogènes et tirs à balles réelles des éléments de la Police nationale congolaise -PNC. La matinée politique, organisée le dimanche 9 novembre 2025 au Camp Luka à l’occasion du «retour de Merdi», a «violemment été dispersée et réprimée» par des hommes en uniforme alors que toutes les démarches légales ont été accomplies, ont dénoncé ses proches.
Ces derniers ont ouvertement accusé Samuel Mbemba, ministre des Droits humains et un des leaders de ce faubourg de Kinshasa, d’avoir tiré les ficelles pour la répression de cette matinée politique, dédiée notamment à la célébration du retour de Merdi Mazengo, libéré après près d’un an «d’emprisonnement injuste» à Makala.
«Nous dénonçons avec énergie l’intolérance et l’intimidation qui s’installent progressivement dans notre quartier par certains acteurs politiques. Nous constatons, avec regret, que la Police est intervenue pour enlever nos banderoles, notre podium ainsi que les instruments, empêchant de manière injustifiée l’expression démocratique et pacifique», a déploré Merdi Mazengo via une publication sur Facebook.
Il a toutefois appelé «au calme, à la vigilance et au respect mutuel», non sans rassurer qu’il tient mordicus à ces engagements: «défendre les droits des citoyens, lutter contre la peur et l’intimidation, préserver les libertés publiques garanties par la Constitution». Merdi Mazengo, ont rappelé ses soutiens, a été arrêté le 6 décembre 2024 pour s’être opposé au projet de changement de Constitution, porté par l’Union sacrée de la nation, famille politique du Président de la République, qui aurait permis à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Pour Mazengo, son séjour à Makala, en plus d’être «injuste», est l’illustration parfaite de «dysfonctionnements persistants de notre système judiciaire».