Politique

Kabila face aux populations meurtries du Kasaï

Selon une source du ministère de l’Intérieur et Sécurité, le Président de la République est à Kananga pour réconforter les familles éplorées et évaluer la situation sécuritaire et, c’est après avoir écouté les différentes couches sociales de la population qu’il saura à quoi s’en tenir dans le plus bref délai
La visite du Chef de l’Etat RD-congolais à Kananga est très délicate. Elle intervient au moment où les populations du Grand Kasaï sont en rupture totale avec les autorités politico-militaires à cause des atrocités meurtrières qu’elles subissent dans les cinq provinces issues du découpage récent de deux provinces du Kasaï. Si dans sa gibecière, Kabila a pour provision réconforter les familles éplorées, évaluer la situation sécuritaire et écouter les différentes couches de la société, les populations meurtries ont des attentes bien précises. Elles veulent obtenir la fin des affrontements entre les hommes se réclamant de Kanuima Nsapu, le retrait des militaires, l’enquête indépendante pour reconstituer les faits et établir les responsabilités afin de sanctionner les auteurs, co-auteurs et commanditaires dans l’affaire des fosses communes découvertes au Kasaï. Ainsi, assurer la sécurité de personnes et de leurs biens sans oublier le fait de rassurer à ces populations qu’elles seront identifiées et enrôlées pour pouvoir prendre part aux prochaines élections. 
Comme annoncé par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, dimanche 28 mai dernier, le Président de la République Joseph Kabila est arrivé à Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central, mardi 30 mai 2017 vers 14h30’ heures locales. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une mission officielle de consolidation de la paix et de réconfort moral de la population meurtrie par les atrocités provoquées par les affrontements entre les forces de l’ordre et les hommes se réclamant du  mouvement de feu chef coutumier Kamuina Nsapu.
Il va sans dire que c’est une opportunité aussi pour Joseph Kabila, qui a pris deux ordonnances décrétant l’espace kasaien une zone d’opération militaire, d’évaluer la situation sécuritaire avec tous les services mandatés quant à ce. A sa descente d’avion à l’aéroport de Kananga, Kabila a été fleuri, comme d’habitude, par deux fillettes. Il a été accueilli par Emmanuel Ramazani Shadary, vice-Premier ministre de l’Intérieur et Sécurité et le gouverneur ad intérim du Kasaï Central, Justin Milonga.
Après avoir passé en revue les troupes, le Président de la République a salué tour à tour les autorités politico-militaires, les notables locales, les autorités coutumières dont le chef Jacques Kabeya Ntumba, successeur de feu Jean Pandi dit Kamuina Nsapu ainsi que les forces vives de la province meurtrie. De l’aéroport de Lungandu, Kabila, à bord de sa Jeep 4×4, s’est dirigé directement au Gouvernorat de la province où il a immédiatement tenu une réunion sécuritaire, entouré du Chef d’Etat major général et d’autres officiers supérieurs des FARDC et de la PNC.
Selon une source du ministère de l’Intérieur et Sécurité, Kabila a dit qu’il est à Kananga pour réconforter les familles éplorées et évaluer la situation sécuritaire. «C’est après avoir écouté les différentes couches sociales de la population qu’il saura à quoi s’en tenir dans le plus bref délai», a indiqué la même source en annonçant que des mesures importantes pour l’intérêt de la population pourraient être prises au terme de ladite mission.
Sur place à Kananga, la Société civile a affirmé avoir confectionné un mémorandum contenant les revendications de la population à remettre à Kabila sans pour autant révéler une seule estimant que la priorité est réservée au Chef de l’Etat.
Les populations meurtries ont des attentes bien précises
La visite du Garant de la nation à Kananga est très délicate. Elle intervient au moment où les populations du Grand Kasaï sont en rupture totale avec les autorités politico-militaires à cause des atrocités meurtrières qu’elles subissent dans les cinq provinces issues du découpage récent de deux provinces du Kasaï. Les populations meurtries ont des attentes bien précises. Elles veulent obtenir la fin des affrontements entre les hommes se réclamant de Kanuima Nsapu, le retrait des militaires, l’enquête indépendante pour reconstituer les faits et établir les responsabilités afin de sanctionner les auteurs, co-auteurs et commanditaires dans l’affaire des fosses communes découvertes au Kasaï ainsi qu’assurer la sécurité de personnes et de leurs biens. Sans oublier le fait de rassurer à ces populations qu’elles seront identifiées et enrôlées pour pouvoir prendre part aux prochaines élections.
Octave MUKENDI               

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