Politique

FPI: Kambinga, le ministre de tutelle, annonce des reformes

Le feuilleton FPI et ses débiteurs -si on n’y prend garde- pourrait aller de dénouement en dénouement.
Ce dossier, devant être traité en session de mars à la chambre basse du Parlement, continue à faire couler encre et salive du fait du rapport parlementaire, à ce jour accessible à tous sur le net.
Pour les uns, le Fonds de promotion de l’industrie -FPI- accuse une gestion déficitaire sinon calamiteuse. Pour d’autres, cette banque de financement des projets à caractère industriel est saignée à blanc. Qu’à cela ne tienne, il est question d’un montant exorbitant. Environ USD 140 millions traînent encore entre les mains de ceux qui sont allés frapper à la porte du FPI pour solliciter un financement afin de réaliser des projets à caractère industriel. Il s’agit également de récupérer ces prêts par le FPI auprès desdits partenaires, tel que dit dans le contrat les liant. Est-il alors permis à ce stade de tirer une conclusion sur le dossier? Non, répondront sans doute les esprits avertis.
D’ailleurs, le ministre de tutelle, Germain Kambinga Katomba, n’a-t-il pas été sceptique quant à cette façon unilatérale de voir les choses, en disant: ce n’est pas parce que l’on met beaucoup d’émotions dans les actes que l’on est forcément efficace? Le jeune ministre de l’Industrie répondait ainsi à la question d’une consœur d’un des organes de presse de la capitale. La question portait sur les prérogatives du ministre de tutelle, sinon sa part de responsabilité dans cette affaire. C’était à l’issue de la visite guidée à laquelle Kambinga a eu droit, le mercredi 13 janvier 2016, au nouveau siège du FPI, situé sur l’avenue Lokele, au quartier Gare centrale, dans la commune de la Gombe.
Une visite ayant comme objet: l’état des lieux des travaux de construction de deux immeubles débaptisés «Tours jumelles» ou «Immeubles intelligents» voire «Immeubles du millénaire» du fait de leur confort et modernité à outrance. Les travaux ont été effectués en 14 mois sur fonds propres du FPI. «A ce jour, le Fonds de promotion de l’industrie est engagé dans un programme de réformes. Et le gouvernement de la République est très attentif à toutes ces réformes dont l’une d’elles est le processus de modernisation», a fait savoir le ministre de l’Industrie, qui a ensuite précisé: «le gouvernement, de concert avec le FPI, est engagé dans le processus de transformation de ce dernier en banque à proprement parlé».
A l’en croire, le FPI, structure prometteuse de l’Etat, possède d’énormes ressources à mettre au service du développement industriel de notre pays. Cependant, à la question de savoir si le ministre de l’Industrie a su mener quelques démarches dans le sens de saisir son homologue de la Justice -solidarité gouvernementale oblige- pour faire pression sur les débiteurs du FPI afin qu’ils s’acquittent de leur devoir, le ministre de l’Industrie a reconnu par l’affirmative: «nous sommes déjà allés à la rencontre du ministre de la Justice, avec qui nous avons longuement échangé. L’intelligence tirée de cette rencontre, a été traduite par une note circulaire du ministre de l’Industrie adressée au FPI et par des mesures d’encadrement, ainsi que des mesures correctives mises à l’œuvre». Bref, cette note circulaire demande également aux cadres et agents du FPI de redoubler d’ardeur. Kambinga a aussi estimé -à raison sans doute- que point n’est besoin d’interférer vis-à-vis de la procédure parlementaire.
Quant aux oiseaux de mauvais augure, ajoute Germain Kambinga, la réponse c’est le travail bien fait. Allusion faite aux trois tours jumelles du FPI qu’il est venu visiter. Le FPI est fiduciaire au service de l’Etat et du ministère de l’Industrie pour accomplir une mission qui n’est autre que l’émergence et l’éclosion industrielle de notre pays, a rappelé le ministre de tutelle. Pour lui, au-delà de toutes les phraséologies et autres échanges par médias interposés, son ministère et l’entreprise sous sa tutelle travaillent et utilisent de manière la plus efficace le fonds à leur disposition.
Lorsqu’on parle d’USD 140 millions, il faut comprendre que c’est une accumulation des litiges. Il y a d’une part les promoteurs dont les projets n’ont jamais démarré. Il y a d’autre part ceux dont les projets ont démarré mais n’ont jamais pensé à rembourser la dette contractée. Il y en a aussi qui ont carrément pris la poudre d’escampette. En fait, c’est une agrégation. Celle-ci peut également s’expliquer par une seule chose, à savoir: le devoir de l’Etat. Le FPI étant le démembrement de l’Etat, son objectif est d’aller là où les privés ne vont pas, après avoir évalué le risque d’investir dans le secteur industriel. Tandis que l’Etat qui considère que le secteur industriel est le terreau de la transformation de son économie, son devoir c’est d’oser. Aujourd’hui, parce que les institutions fonctionnent, une sonnette d’alarme est tirée pour dire une seule chose: non pas l’Etat a failli, mais l’Etat doit tirer les conséquences de l’audace qu’il a eu d’aller vers des entrepreneurs RD-congolais ayant des idées, et n’ayant peut-être pas d’accès, compte tenu des conditionnalités au secteur privé. Ce, parce que c’est ça en fait le rôle de l’Etat. Il en va c’est vrai dans le secteur industriel que nous relaçons, c’est aussi vrai dans le secteur de la santé de l’énergie…
Là où le privé ne peut pas aller parce que le risque est élevé, notre mission est d’y aller. Mais une fois que nous constatons des bavures, nous n’avons pas à nous plaindre, mais plutôt à agir. Et comment est-ce que nous agissons, nous entreprenons des reformes. Le FPI dans les années à venir doit devenir une banque. C’est une reforme qui nous permet de résoudre ce problème. Le FPI, dans l’entre-temps, doit bénéficier d’un certain nombre de dispositifs législatifs pour lui donner ce qu’on appelle «le privilège du trésor»: c’est-à-dire lui permettre d’ester en justice et de contraindre, comme le font les autres administrations de cette nature comme la DGI, les débiteurs indélicats à rembourser et de conférer au FPI le pouvoir de se saisir des biens mis en caution, beaucoup plus rapidement. Le FPI étant fiduciaire, le devoir du gouvernement n’est d’avilir l’image du FPI au risque d’entamer sa crédibilité, mais bien de constater que face à un risque pris, les conséquences sont-là, et l’on doit les assumer collectivement, puisque les débiteurs sont identifiés, puisque les lois existent, puisque les mécanismes d’ajustement vont se mettre en place, je reste convaincu que les solutions devront également être trouvées dans les semaines, dans les mois qui viennent.
Natine K.

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