Politique

Congo Airways bashing?

La compagnie nationale d’aviation RD-congolaise serait-elle victime d’un sal complot l’empêchant de décoller ou victime de ses autorités incapables de la faire asseoir? A peine née et en attente du lancement de ses activités, Congo Airways a ceci de particulier qu’elle fait l’objet des clichés noirs. Est-ce du bashing? La question vaut son pesant d’or, car un de deux appareils déjà achetés par cette société se trouve aux arrêts à l’aéroport de Dublin sur instruction de la Haute cour irlandaise, à la suite d’une dette de l’Etat. L’avis de Kinshasa est vivement attendu du fait que ce procès, suspendu et renvoyé pour septembre 2015, n’a connu jusqu’alors que la participation d’une seule partie, celle des créanciers déterminés d’obtenir de la Cour un séquestre pour prendre possession et vendre l’aéronef.
Les faits. Après la réception du premier Airbus A320 de la compagnie Congo Airways fin juillet, l’on attendait d’acquérir le deuxième appareil de cette société nationale d’aviation, annoncé le 25 août à l’aéroport de N’djili à Kinshasa. Cet aéronef ne foulera peut-être pas le sol RD-congolais à la date prévue. Motif: l’engin est saisi à Dublin par la Haute cour irlandaise suite à une dette impayée de 10 millions d’Euros.
Se trouvant dans la capitale irlandaise pour des travaux, l’aéronef est menacé de vente au cas où le litige n’est pas réglé à temps par le gouvernement, apprend-on. La situation découle de la plainte déposée contre le gouvernement RD-congolais par la société MIMINCO LLC et deux sujets américains, John DormerTyson et Jean Ilunga Mukendi, à qui le pays doit USD 11,5 millions.
A l’origine: un conflit dans lequel les deux parties sont tombées par rapport à la propriété de deux mines de diamant achetées en RD-Congo. L’avocat des créanciers a révélé au cours de l’audit qu’au terme d’un arbitrage en 2007 dans lequel les deux parties étaient engagées, il avait été décidé d’attribuer à ses clients 11,4 millions d’Euros. Depuis lors, ses clients ont seulement été payés approximativement 1,3 millions d’Euros de ce qui leur est dû. Ayant été informés de la présence d’un appareil de Congo Airways, compagnie détenue et financée par le gouvernement RD-congolais, ses sujets américains ont entrepris de saisir la justice irlandaise en vue de trouver gain de cause dans ce vieux dossier.
Et la justice, par le truchement du juge John Hedigan, a tranché en saisissant cet appareil volant. Elle pourrait même désigner un séquestre pour sa vente et ainsi désintéresser les créanciers. L’oiseau ne peut donc jusqu’à preuve du contraire quitter le sol irlandais.
Le procès a marqué une pause. Il reprendra en début de mois de septembre. Et l’avis de la RD-Congo est de plus en plus attendu sur ce dossier qui s’avère être un coup de massue pour Congo airways. Une naissance à la césarienne pour cette compagnie nationale d’aviation.
Les réactions. Des réunions de crises ont été organisées le week-end dernier. Au ministère des Transports et au siège administratif de Congo Airways, l’on avance la thèse d’une main noire, pas étrange au secteur de l’aviation en RD-Congo.
A peine née et en attente du lancement de ses activités, Congo Airways a ceci de particulier qu’elle fait l’objet des clichés noirs. Si l’opinion attend avoir des éclaircissements du ministre des Transports, Justin Kalumba, seul comptable de son secteur devant la Représentation nationale, sur l’origine, la fiche technique, le prix et les conditions d’acquisition du premier airbus A320-200 arrivé à Kinshasa fin juillet et dont l’un des moteurs aurait grippé lors des essais techniques sur la piste de l’aéroport international de N’Djili -un dossier des députés UDPS-, des éléments à décharge ne sont pas à écarter dans l’affaire du deuxième Airbus attendu dans la capitale le 25 août mais saisi à Dublin à cause d’une créance de l’Etat.
Certaines évidences méritent d’être épinglées. La première est qu’il n’est pas facile de se nommer Congo Airways et opérer facilement dans un terrain miné par la concurrence déloyale. La deuxième est que des fonds vautours, lancés dans une opération de chantage contre le gouvernement, sont en embuscade et complotent désormais contre le pays et ses entreprises. On dit que la RD-Congo est en difficulté, que sa population est la plus pauvre mais l’on n’hésite pas de s’accaparer de son patrimoine pour des dettes parfois douteuses.
La troisième est que certains devanciers ne sont pas prêts à partager le beefsteak généré par le juteux réseau domestique RD-congolais du transport aérien. De ce point de vue, la thèse qu’au pays une main noire aurait comploté avec des fonds vautours pour faire main basse sur l’appareil de Congo Airways se défend.
La quatrième est qu’on ne peut pas se prévaloir d’une créance de l’Etat pour saisir le bien d’une entreprise dotée d’une personnalité juridique distincte. Le patrimoine de la société Congo Airways n’est pas à confondre  avec le patrimoine de la RD-Congo.
L’action contre le deuxième Airbus A 320-200 de la nouvelle compagnie aérienne nationale procède de la logique de Congo Airways bashing, se convainquent des responsables gouvernementaux, inquiets de l’avenir de la société. Congo Airways est dans le doute, les fonds vautours marquent son départ de leur empreinte.
Yakakesa

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